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Une patrouille de soldats français de la force multinationale mandatée par lONU a ouvert le feu le 14 juin pour la première fois depuis le début de son déploiement à Bunia, en ripostant contres des miliciens qui les avaient pris pour cibles aux portes de la ville.
Cest la première fois, depuis le début de son déploiement à Bunia le 10 juin, que la force multinationale, a ouvert le feu, ce que lui permet son mandat dans le cadre de la légitime défense et de sa mission de protection des civils et des personnels dorganisations humanitaires.
«Les échanges de tirs ont duré 20 minutes», selon le colonel Gérard Dubois, porte-parole de la force multinationale français, qui a affirmé que ces échanges navaient pas fait de blessés ni de pertes parmi les soldats de la force, sans pouvoir dire si léchange de tirs a fait des victimes chez les assaillants.
Le quartier dit «Délé» où a eu lieu cet accrochage est généralement considéré comme un fief des ressortissants de lethnie Lendu, mais le colonel a dit ne pas être en mesure de dire si ceux qui avaient attaqué la colonne de la force étaient des Lendu ou des combattants de lUnion des patriotes congolais (UPC) groupe politico-militaire dominé par lethnie rivale, les Hemas, qui a repris le contrôle de lessentiel de Bunia il y a plus dun mois.
LUPC justement sest déclarée «très satisfaite» que la force multinationale à Bunia ait pu se rendre compte de «la réalité» sur le terrain, après cet accrochage.
«Nous sommes très satisfaits de cette prise de conscience de la réalité sécuritaire parce que, pour la ville de Bunia, le problème nétait pas à lintérieur de la ville mais plutôt dans la périphérie sud-est», a déclaré Thomas Lubanga, le chef de lUPC.
A noter que dès le lendemain de larrivée des éléments précurseurs de la force internationale, le 7 juin, de violents combats avaient opposé à Bunia et dans ses environs les milices rivales. Larmée française nétait pas intervenue.
Dautres combats, le 7 juin, à Bunia et à Katoto, un village à une vingtaine de kilomètres plus au nord, ont fait 86 morts, selon Thomas Lubanga.
LUPC a par ailleurs affirmé avoir repris le 10 juin la ville de Mongbwalu, située à quelque 80 km au nord-est de Bunia. Mongbwalu était tenue par les Forces armées du peuple congolais (FAPC), un groupe armé fondé il y a trois mois par un dissident de lUPC, le commandant Jérôme Kakawavu.
Médiation en vue
Sur le plan du dialogue, six groupes armés ont promis le 12 juin de se réunir dans les 15 jours à Bunia pour tenter de mettre en uvre un ancien accord de cessez-le-feu dans cette ville de lest.
Les six milices et factions représentant les ethnies rivales lendu et hema dans ce district de lIturi ont pris cet engagement lors dune réunion tenue à Bunia même, sous légide de lONU.
Cinq de ces groupes armés avaient déjà signé le 16 mai à Dar es-Salaam (Tanzanie) un «engagement» à respecter un accord de cessez-le-feu lui-même conclu deux mois plus tôt.
Les six groupes présents étaient lUnion des patriotes congolais (UPC, dominée par les Hema et proche du Rwanda), deux dissidences de lUPC proches de lOuganda, le Parti pour lunité et la sauvegarde de lintégrité du Congo (Pusic) et les Forces armées du peuple congolais (FAPC). Une autre faction proche de lOuganda, les Forces pour la paix et la démocratie au Congo (FPDC), et deux groupes lendu, le Front de résistance populaire pour lIturi (FRPI, proche de Kinshasa) et le Front des nationalistes et des intégrationnistes (FNI) doivent aussi sassocier à cette tentative de dialogue.
Lors de cette réunion préliminaire, la question du «respect de laccord de cessation des hostilités signé à Dar es-Salaam», a été évoquée, selon le «colonel» Ide Kalema, chargé de la sécurité des FAPC.
«Nous avons discuté de la cessation des hostilités, à laquelle tous les groupes ont souscrit à Dar es-Salaam, et le colonel français (Daniel Vollot, le commandant de la Monuc pour Bunia) nous a donné des informations sur la mission de la force internationale», a précisé de son côté, le président des FPDC, Thomas Unencan.
Cette première réunion entre factions rivales sest tenue sous la protection de soldats de la Monuc.
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