N° 273
du 01/07/2003

RD Congo


Dans l’Ituri
Des centaines de civils regagnent Bunia,
sécurisée par les soldats français

Des centaines de civils sont revenus à Bunia qu’ils avaient fui il y deux mois, avant que le déploiement des soldats français de la force multinationale ne mette un terme aux combats entre milices d’ethnies rivales. Plus des deux tiers des 200.000 à 350.000 habitants de la ville avaient déserté Bunia début mai quand le petit mouvement de rébellion de l’Union des patriotes Congolais (UPC), dominé par les Hemas, a repris la ville à des milices de l’ethnie rivale, les Lendus, provoquant la mort de centaines de civils.
Les tueries, les viols et les mutilations ont poussé hors la ville les derniers habitants qui n’avaient pu se réfugier près du quartier général de la Monuc, gardé par quelque 700 casques bleus urugayens qui, maigrement armés, n’osaient guère tenter d’en sortir.
Ces massacres, visant essentiellement les civils de l’ethnie rivale, ont conduit l’ONU à mandater Artémis, force de l’Union européenne mais pour l’heure composée exclusivement de soldats français. Ils y ont débarqué le 11 juin et, deux semaines plus tard, ont pu restaurer la sécurité après un ultimatum baptisé «Bunia ville sans armes», destiné à vider la ville des miliciens ostensiblement armés.
Mais ces derniers demeurent les maîtres de la banlieue et de la jungle environnante, le mandat de l’ONU ayant cantonné la mission de protection des civils d’Artémis à la seule ville de Bunia et son aéroport.
Plusieurs quartiers sont encore déserts et de nombreux déplacés n’osent encore pas se hasarder hors des camps de fortune où ils s’entassent sous la protection de la Monuc ou d’Artémis.

Kawa Mandro, le chef du Parti pour l’unité et la sauvegarde de l’intégrité du Congo (Pusic), dominé par l’ethnie hema et soutenu par l’Ouganda, groupe rebelle actif dans l’Ituri, s’est félicité fin juin du calme relatif qu’a généré l’opération de désarmement menée par les militaires français. «C’est une grande réussite de la part de la force conduite par la France pour démilitariser Bunia», a-t-il déclaré devant la presse à Kampala.
Selon Kawa Mandro, jusqu’à 2.500 personnes ont été tuées en Ituri depuis le retrait de l’armée ougandaise de cette région fin avril.
Mandro a aussi lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle envoie des enquêteurs sur les lieux des massacres avant d’établir la vérité et de juger les responsables.
«Nous voulons que la communauté internationale enquête sur les tueries de Tchomia, Katoto et dans d’autres endroits afin que les responsables soient jugés», a-t-il dit, ajoutant que 500 personnes avaient tuées dans la seule ville de Bunia.


Sommaire RD CONGO

Sommaire Home Page