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Des centaines de civils sont revenus à Bunia quils avaient fui il y deux mois, avant que le déploiement des soldats français de la force multinationale ne mette un terme aux combats entre milices dethnies rivales. Plus des deux tiers des 200.000 à 350.000 habitants de la ville avaient déserté Bunia début mai quand le petit mouvement de rébellion de lUnion des patriotes Congolais (UPC), dominé par les Hemas, a repris la ville à des milices de lethnie rivale, les Lendus, provoquant la mort de centaines de civils.
Les tueries, les viols et les mutilations ont poussé hors la ville les derniers habitants qui navaient pu se réfugier près du quartier général de la Monuc, gardé par quelque 700 casques bleus urugayens qui, maigrement armés, nosaient guère tenter den sortir.
Ces massacres, visant essentiellement les civils de lethnie rivale, ont conduit lONU à mandater Artémis, force de lUnion européenne mais pour lheure composée exclusivement de soldats français. Ils y ont débarqué le 11 juin et, deux semaines plus tard, ont pu restaurer la sécurité après un ultimatum baptisé «Bunia ville sans armes», destiné à vider la ville des miliciens ostensiblement armés.
Mais ces derniers demeurent les maîtres de la banlieue et de la jungle environnante, le mandat de lONU ayant cantonné la mission de protection des civils dArtémis à la seule ville de Bunia et son aéroport.
Plusieurs quartiers sont encore déserts et de nombreux déplacés nosent encore pas se hasarder hors des camps de fortune où ils sentassent sous la protection de la Monuc ou dArtémis.
Kawa Mandro, le chef du Parti pour lunité et la sauvegarde de lintégrité du Congo (Pusic), dominé par lethnie hema et soutenu par lOuganda, groupe rebelle actif dans lIturi, sest félicité fin juin du calme relatif qua généré lopération de désarmement menée par les militaires français. «Cest une grande réussite de la part de la force conduite par la France pour démilitariser Bunia», a-t-il déclaré devant la presse à Kampala.
Selon Kawa Mandro, jusquà 2.500 personnes ont été tuées en Ituri depuis le retrait de larmée ougandaise de cette région fin avril.
Mandro a aussi lancé un appel à la communauté internationale pour quelle envoie des enquêteurs sur les lieux des massacres avant détablir la vérité et de juger les responsables.
«Nous voulons que la communauté internationale enquête sur les tueries de Tchomia, Katoto et dans dautres endroits afin que les responsables soient jugés», a-t-il dit, ajoutant que 500 personnes avaient tuées dans la seule ville de Bunia.
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