N° 274
du 16/07/2003

RD Congo


Un grand pas vers la paix ?

Après la nomination du gouvernement d’union nationale, le 30 juin, par le président Joseph Kabila, la passation des pouvoirs entre ministres de l’ancien gouvernement et les 34 ministres du gouvernement de la transition s’est déroulée le 15 juillet sans cérémonie, mais a été marquée par le retour à Kinshasa, après 6 ans d’absence, de Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et un des 4 vice-présidents du gouvernement de transition.

Chef d’entreprises et ancien conseiller financier du Maréchal Mobutu, le leader de l’ancienne rébellion, soutenue par l’Ouganda, qui s’est muée en parti politique, prêtera serment le 17 juillet aux côtés des trois autres vice-présidents, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, Azarias Ruberwa et Arthur Zahidi Ngoma, désignés au terme de la constitution par les 3 composantes: gouvernement, Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et Opposition politique.
Cette prestation de serment marquera le démarrage effectif du gouvernement de la transition.
Malgré les tergiversations des uns et des autres, malgré la situation encore très perturbée dans l’Ituri, le démarrage effectif des institutions de la transition laisse poindre un espoir de paix sans que l’on puisse pour autant se laisser aller à un optimisme béat.
L’exemple de l’Angola voisin devrait resté bien ancré dans la mémoire de tous les acteurs de la crise congolaise, qu’ils soient Congolais ou non. En 1998, lorsque furent organisées les toutes premières élections générales dans ce pays, beaucoup avaient aussi pu croire au retour de la paix, d’autant que, comme Bemba ou Azarias Ruberwa au Congo, Jonas Savimbi, le chef de la rebellion angolaise, était lui aussi rentrer à Luanda, la capitale. Seul problème, l’ONU, qui «gérait» le processus de paix angolais, avait tout simplemnet «oublié» ou pas cru nécéssaire de désarmer les frères ennemis avant d’organiser l’élection présidentielle et les législatives. On connaît la suite. Savimbi en contesta les résultats qui lui étaient défavorables et s’engagea à nouveau dans une guerre terriblement meurtrière.
Les espoirs d’une paix réelle en RD Congo ne pourront donc vraiment être pris au sérieux que lorsque l’armée nationale sera réunifiée et les différents factions totalement désarmées. Ce sera sans doute très long, très couteux, mais c’est à ce prix que la paix reposera sur des bases solides. Et à la différence de l’Angola, où finalement un camp a pris le dessus sur l’autre par la voie des armes, l’on voit mal aujourd’hui qui pourrait s’assurer le pouvoir par la force en RD Congo en écrasant tous ses adversaires. Les Congolais semblent donc bel et bien «condamnés» à s’entendre, ou du moins à se supporter. Le temps y a sans doute été pour beaucoup car la guerre épuise les hommes et même les convictions les plus solides.


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