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Après la nomination du gouvernement dunion nationale, le 30 juin, par le président Joseph Kabila, la passation des pouvoirs entre ministres de lancien gouvernement et les 34 ministres du gouvernement de la transition sest déroulée le 15 juillet sans cérémonie, mais a été marquée par le retour à Kinshasa, après 6 ans dabsence, de Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC) et un des 4 vice-présidents du gouvernement de transition.
Chef dentreprises et ancien conseiller financier du Maréchal Mobutu, le leader de lancienne rébellion, soutenue par lOuganda, qui sest muée en parti politique, prêtera serment le 17 juillet aux côtés des trois autres vice-présidents, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, Azarias Ruberwa et Arthur Zahidi Ngoma, désignés au terme de la constitution par les 3 composantes: gouvernement, Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et Opposition politique.
Cette prestation de serment marquera le démarrage effectif du gouvernement de la transition.
Malgré les tergiversations des uns et des autres, malgré la situation encore très perturbée dans lIturi, le démarrage effectif des institutions de la transition laisse poindre un espoir de paix sans que lon puisse pour autant se laisser aller à un optimisme béat.
Lexemple de lAngola voisin devrait resté bien ancré dans la mémoire de tous les acteurs de la crise congolaise, quils soient Congolais ou non. En 1998, lorsque furent organisées les toutes premières élections générales dans ce pays, beaucoup avaient aussi pu croire au retour de la paix, dautant que, comme Bemba ou Azarias Ruberwa au Congo, Jonas Savimbi, le chef de la rebellion angolaise, était lui aussi rentrer à Luanda, la capitale. Seul problème, lONU, qui «gérait» le processus de paix angolais, avait tout simplemnet «oublié» ou pas cru nécéssaire de désarmer les frères ennemis avant dorganiser lélection présidentielle et les législatives. On connaît la suite. Savimbi en contesta les résultats qui lui étaient défavorables et sengagea à nouveau dans une guerre terriblement meurtrière.
Les espoirs dune paix réelle en RD Congo ne pourront donc vraiment être pris au sérieux que lorsque larmée nationale sera réunifiée et les différents factions totalement désarmées. Ce sera sans doute très long, très couteux, mais cest à ce prix que la paix reposera sur des bases solides. Et à la différence de lAngola, où finalement un camp a pris le dessus sur lautre par la voie des armes, lon voit mal aujourdhui qui pourrait sassurer le pouvoir par la force en RD Congo en écrasant tous ses adversaires. Les Congolais semblent donc bel et bien «condamnés» à sentendre, ou du moins à se supporter. Le temps y a sans doute été pour beaucoup car la guerre épuise les hommes et même les convictions les plus solides.
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