Un prisonnier évadé
et un transporteur de bois ont été abattus par des militaires
qui poursuivaient 126 détenus évadés de la prison
de Buluo, ont dénoncé le 2 janvier dans un communiqué
conjoint deux organisations des droits de l’Homme du Katanga (sud-est).
«Les militaires, à la poursuite des fuyards à une
dizaine de kilomètres de Likasi (nord-ouest de Lubumbashi), se
sont livrés à des actes de barbarie. Un soldat de la troupe,
après avoir blessé et achevé un fuyard, tuera à
bout portant Maurice Kyungu», ont affirmé
le Centre des droits de l’Homme et du droit humanitaire
(CDH) et la Plate-forme des activistes des droits de
l’Homme de Likasi (PADHOLIK) dans leur rapport.
Le chauffeur M. Kyungu transportait du bois, affirme ce rapport, qui dénonce
des abus dont les «paisibles citoyens» d’une ferme ont
été victimes de la part des soldats des Forces armées
congolaises (FAC) lancés aux trousses des évadés.
Le rapport indique que depuis le lancement de l’opération,
certaines familles n’ont pas encore retrouvé certains des
leurs partis aux champs.
Ces ONG recommandent au gouvernement de transition de «punir le
soldat coupable du meurtre de ce chauffeur et d’assurer la sécurité
des populations qui s’adonnent aux activités agricoles».
Le 24 décembre, 126 prisonniers s’étaient évadés
en pleine journée de la prison de haute sécurité
de Buluo, à 113 km de Lubumbashi.
Une commission avait été mise en place pour établir
des responsabilités et rechercher les évadés encore
en cavale. Selon le rapport des ONG, 52 des évadés auraient
déjà été repris.
Construite sous la colonisation belge pour accueillir au moins 1.000 pensionnaires,
la prison de Buluo hébergeait 232 détenus politiques et
de droit commun. |