N° 287
du 03/02/2004
RD Congo

Progrès importants dans la formation d’une nouvelle armée
Philémon Mukendi, vice-ministre de l’Intégration de l’armée, a estimé le 31/03 à Kinshasa que des progrès importants ont été réalisés dans la formation d’une nouvelle armée. Selon les termes des décrets promulgués en septembre 2003, les officiers de l’état-major général, des états-majors des forces et les commandants des régions militaires provenant de toutes les ex-composantes belligérantes ont été nommés et installés.
«Nous sommes en pleine phase d’intégration des troupes, la plus complexe et la plus difficile à réaliser», a reconnu le vice-ministre qui a affirmé que toutes les conditions sont réunies pour l’aborder.
Le président Kabila a créé par décrets une structure militaire d’intégration et une commission de contrôle des effectifs militaires, deux organes appelés à parachever la formation de la nouvelle armée telle que voulue par l’accord global et inclusif.
La formation à Kisangani d’une première brigade composée de trois bataillons représente un embryon de la nouvelle armée où le brassage s’est opéré avec beaucoup de succès.
«Il ne reste plus qu’à accélérer le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion», selon M. Mukendi pour qui la réussite d’un tel programme dépend de la mission d’identification et de contrôle des groupes armés.

Dans le cadre de la formation de cette nouvelle armée, le ministre belge de la Défense André Flahaut a annoncé l’envoi d’un premier détachement de 80 militaires belges à Kisangani. Le gouvernement belge a récemment approuvé l’envoi pour six mois de près de 200 instructeurs militaires en RD Congo, dans le cadre d’une opération baptisée à présent «Avenir» et non plus «Arc-en-ciel» comme cela était prévu au départ
La Belgique a été sollicitée par le gouvernement de transition de Kinshasa pour l’aider à former une brigade (soit quelque 2.500 hommes) qui sera composée d’éléments fournis par les anciens belligérants.
La Belgique n’avait plus envoyé de soldats dans ses anciennes colonies ou territoires depuis la mort de dix militaires belges au Rwanda en 1994.

Par ailleurs, l’Afrique du Sud a décliné une demande de contribution militaire supplémentaire en RD Congo, pour participer à la formation, sous commandement belge, de la nouvelle armée congolaise. «A un moment donné à l’avenir, nous serons peut-être en mesure de faire plus que ce que nous faisons maintenant», a déclaré le ministre sud-africain de la Défense, Mosiuoa Lekota, à l’issue d’entretiens au Cap avec son homologue belge, Andre Flahaut.
«Il serait dangereux pour nous de viser au-delà de nos moyens», a ajouté le ministre, en référence aux troupes sud-africaines déjà déployées en RD Congo, dans la force de la Monuc, ainsi qu’au Burundi, dans le bras armé de la Mission africaine de paix de l’Union africaine, environ 1.400 hommes dans chaque pays.
Mosiuoa Lekota a toutefois indiqué que l’Afrique du Sud enverrait une mission d’observation «pour voir ce qui peut être fait».

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