L'actuelle
République démocratique du Congo, colonie belge depuis 1885,
n'a jamais vraiment connu la stabilité politique depuis la proclamation
de son indépendance le 30 juin 1960. Entre 1885 et 1908, l'Etat Indépendant
du Congo était la propriété personnelle de Léopold
II, roi des Belges, puis a subi la colonisation belge de 1908 à 1960.
La première émeute anti-coloniale éclata le 5 janvier
1959, au stade Baudoin de Léopoldville. Le 13 janvier, la Belgique
annonce des réformes devant mener à l'indépendance.
En janvier et février 1960, se tient, à Bruxelles, une table
ronde préparatoire à l'indépendance. Il existait à
l'époque le Mouvement National Congolais (MNC) co-fondé par
Joseph Iléo Songo Amba et Albert Kalonji Ditunga, et présidé
par le syndicaliste Patrice-Émery Lumumba. Etienne Tshisekedi était
conseiller politique au sein du MNC.
N.B. Cette chronologie évoque des événements
survenus au Rwanda, dans la mesure évidente où ils ont interféré
sur la situation en RD Congo. Sauf à écrire l'histoire du
pays en dix ou cent volumes, il n'a pas été possible d'évoquer
les innombrables arrestations d'opposants, journalistes, militaires, militants
de la société civile ou simples citoyens, qui ont souvent
perdu la vie, que ce soit sous la période Mobutu, la "présidence"
de Kabila ou en zones contrôlées par les différents
mouvements rebelles.
Année
1960
30 Juin : l'indépendance est proclamée. Joseph Kasavubu
devient président et Patrice Lumumba Premier ministre. Un officier
belge, commandant de la Force publique, seule force armée du pays,
le général Janssens, déclare : "après l'indépendance
égale avant l'indépendance". Mauvais présage pour
le nouveaux tenants du pouvoir à Kinshasa. Dès le début
du mois de juillet l'armée montre des signes d'agitation à
la fois contre les Belges et contre Lumumba. Mobutu, ancien militaire, devenu
journaliste et qui avait participé à la table ronde préparatoire
de l'indépendance en tant que délégué du MNC,
est nommé secrétaire d'Etat chargé des questions politiques
et administratives.
5 juillet : une mutinerie éclate au sein des troupes congolaises
de la Force publique, à encadrement belge. Des dizaines de milliers
de Belges fuient le pays.
8 juillet : Mobutu est nommé chef d'état-major des
armées et entreprend l'africanisation de l'encadrement militaire.
11 juillet : Moïse Tshombe proclame la sécession de la
province minière du Katanga (sud-est). La province rebelle ne retournera
au gouvernement central qu'en 1963.
14 juillet : Lumumba, qui ne contrôle plus le pays, en appelle
à l'ONU et à l'Union soviétique et rompt les relations
diplomatiques avec la Belgique. La veille, des troupes belges avaient débarqué
dans la capitale Léopolville.
8/9 août : Albert Kalondji proclame l'Etat autonome du Sud-Kasaï,
avec des soutiens des pays occidentaux.
C'est le début de la première guerre civile marquée
par l'intervention de mercenaires étrangers, une vaste opération
de maintien de l'ordre sous l'égide de l'ONU.
5 septembre : le président kasavubu destitue Lumumba du poste
de Premier ministre et fait déjà appel au jeune colonel Joseph-Désiré
Mobutu pour "gérer" le pays. Antoine Gizenga, compagnon
de lutte de Lumumba, crée la "République populaire du
Congo" avec "capitale" Stanleyville (Kisangani), qui sera
reconnue par une quinzaine d'Etats.
12 septembre : kasavubu installe un gouvernement dirigé par
Joseph Ileo.
14 septembre : Mobutu "neutralise" Kasavubu et Lumumba et instaure
un collège de commissaires généraux en lieu et place
du gouvernement.
10 octobre : des éléments de la nouvelle armée
nationale congolaise (ANC) tentent d'arrêter Lumumba, qui vit maintenant
sous la protection de Casques bleus.
1er décembre : Patrice Lumumba est arrêté par
les troupes de Mobutu dans le Kasaï, alors qu'il tentait de rejoindre
Stanleyville.
12 décembre : Gizenga proclame Stanleyville "capitale provisoire"
du pays.
Année
1961
17 janvier : Lumumba est assassiné. Selon la version officielle,
il s'est agi d'un règlement de comptes entre Congolais et sa mort
n'a été annoncée que le 13 février. Patrice
Lumumba a en fait été assassiné près d'Elisabethville
(actuelle Lubumbashi), capitale de la province alors sécessionniste
du Katanga. Criblé de balles, son corps n'a jamais été
retrouvé, pas plus que ceux de deux proches tués avec lui,
Joseph Okito et Maurice Mpolo. Un livre récent du sociologue flamand
Ludo De Witte, "L'assassinat de Lumumba", tord le cou à
cette vérité-là et assure, preuves à l'appui,
que la Belgique "porte la plus grande responsabilité"
dans ce crime. Selon l'auteur, le but de l'élimination était,
en pleine guerre froide, de maintenir le Congo dans la sphère d'influence
occidentale.
Gérard Soete, commissaire de police belge chargé à
l'époque de mettre en place une "police nationale katangaise",
a reconnu en l'an 2000, avoir transporté les trois corps à
220 kilomètres du lieu de l'exécution, pour les enfouir derrière
une termitière, en pleine savane boisée. De retour à
Elisabethville, il reçut cependant "l'ordre" du ministre
de l'Intérieur katangais, Godefroid Munongo, de faire disparaître
les cadavres. Ce qu'il fit en découpant les corps puis en les aspergeant
d'acide Sõ Une commission d'enquête parlementaire belge doit
bientôt rendre le bilan de ses investigations sur le rôle de
la Belgique dans l'assassinat de Lumumba. (L'assassinat de Lumumba, par
Ludo De Witte- Editions Karthala)
Années
1962/63
L'armée et les forces de l'ONU mettent un terme à la rébellion
de Gizenga en janvier 1962 et un an plus tard, en janvier 1963 au séparatisme
Katangais.
Années
1964/65
Une vaste rébellion embrase le pays, faisant au moins 500.000 morts,
selon des historiens. Elle est principalement organisée contre le
pouvoir central par des partis d'inspiration communiste ou lumumbiste. Elle
démarre dans la province du Kwilu (ouest) sous la conduite de Pierre
Mulele, qui fut ministre de Lumumba. D'autres rebelles - Christophe Ngbenye,
Gaston Soumialot, le général Olenga et un "colonel"
Kabila - déclenchent à leur tour la rébellion des Simba
de l'Est, s'emparent du Kivu-Maniema, de la province Orientale, du Nord-Katanga,
du Sankuru et d'une partie de la province de l'Équateur. Stanleyville
tombe sous le contrôle des rebelles Simba.
1er juillet 1964 : Moïse Tshombe est nommé Premier ministre
par le président Kasavubu, toujours avec la bénédiction
des pays occidentaux, pour tenter d'enrayer ces rébellions d'inspiration
communiste. Point d'orgue de cette "reconquête", l'opération
"Dragon rouge", qui permet aux forces gouvernementales aidées
de mercenaires de reprendre le contrôle de Stanleyville (Kisangani).
Moïse Tshombe est destitué du poste de Premier ministre et remplacé
par Evarsite kimba. (En 1967, l'avion dans le quel se trouve Moïse
Tshombe, exilé en Espagne, est "intercepté" bizarrement
au-dessus de l'Algérie, où il sera placé en résidence
surveillée, jusqu'à sa mort d'une "crise cardiaque"
en juin 1969.)
24 novembre 1965 : coup d'Etat. A l'époque colonel, Joseph-Désiré
Mobutu, commandant de l'armée, renverse le président Kasavubu.
Mobutu nomme comme Premier ministre un militaire, le colonel Léonard
Mulamba, et gouverne par "ordonnances-lois", sans aucun contrôle
du Parlement. Toutes les activités des partis politiques sont suspendues.
Année
1966
La capitale Léopoldville prend le nom de Kinshasa. Mobutu est proclamé
président de la République et commence, appuyé sur
son parti-Etat du Mouvement populaire de la Révolution (MPR, créé
le 17 avril 1967, officialisé en mai), un règne sans partage.
Chaque Zaïrois devient "membre" du MPR par naissance. Tout
un programme Sõ
Mai : le "complot de la Pentecôte", dans lequel est
impliqué l'ancien Premier ministre, Evariste Kimba, donne la mesure
de ce qui attend les Congolais. Condamnations à mort des comploteurs,
et pendaisons publiques à Kinshasa.
Année
1967
Octobre : Pierre Mulele, qui s'était réfugié
à Brazzaville, est capturé dans des conditions étranges,
et exécuté au Zaïre.
Années
1970/72
En 1970, le général Puati, chef d'état-major
de l'armée est condamné à mort. Son successeur, le
général Bangal, sera lui aussi condamné à mort,
un an plus tard, en octobre 1971.
Octobre 71: Africanisation. Le pays devient la République
du Zaïre et Joseph-Désiré Mobutu prend le nom de Mobutu
Sese Seko kuku Ngbendu Wa za Banga.
Début d'une crise avec le Vatican (le cardinal Albert Malula, accusé
de subversion, doit partir en exil pour avoir critiqué dans son journal
"Afrique chrétienne" le remplacement des noms chrétiens
par des noms "authentiques").
Année
1977
8 mars : le Shaba (ex-Katanga) est envahi par d'anciens "gendarmes
katangais" opposés au régime Mobutu qui viennent d'Angola.
Les sécessionnistes sont conduits par le général Nathanaël
Mbumba, ancien commissaire de police en 1967 et qui était parti en
exil en Angola en 1968. récupéré alors par les Portugais,
il servira dans les commandos baptisés "Flèches noires",
forgés par les Portugais pour éliminer les rebelles révolutionnaires
angolais du MPLA. Nathanaël Mbumba s'attaque au Shaba à la tête
du front de Libération national du Congo (FNLC), mouvement créé
dès le mois de juin 1968. Ces sécessionnistes seront finalement
défaits par des troupes zaïroises, aidées par un corps
expéditionnaire marocain avec l'appui logistique de l'armée
française qui sert au transport aérien des troupes marocaines
et zaïroises. Mbumba est définitivement vaincu en mai.
Année
1978
Mai : deuxième guerre du Shaba. Invasion de Kolwezi par les
ex-gendarmes katangais, venus cette fois de Zambie. La prise d'otages européens
donne le prétexte à une intervention des parachutistes français
et belges qui libèrent les ressortissants étrangers et permettent
aux troupes zaïroises de reprendre la ville.
Juin : une force panafricaine de maintien de la paix (avec surtout
des Togolais) est envoyée dans le Shaba où elle restera un
an.
Année
1982
15 février : Etienne Tshisekedi wa Mulumba fonde dans la clandestinité
l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui
deviendra le fer de lance de la contestation du régime Mobutu. Tshisekedi
avait pourtant collaboré avec Mobutu depuis des années (voir
sa biographie)
Année
1984
Novembre : des exilés zaïrois venus de Tanzanie, conduits
par Paul-Roger Mokede, qui a dirige le Mouvement national congolais rénové,
s'emparent de la ville de Moba sur les rives du lac Tanganiyka. Les forces
zaïroises, aidées de parachutistes français, réduisent
ce nouveau coup de force.
Année
1985
Février : violents incidents sur les campus des universités
de Mbandka et de Kisangani.
Juillet : les forces de la rébellion du Parti révolutionnaire
populaire (PRP) de Laurent-Désiré Kabila attaquent pour la
seconde fois en six mois la ville de Moba. Le maquis de Kabila est installé
sur les rives du lac Tanganyika depuis les années 60.
Année
1986
Mars : Amnesty International publie un imposant rapport sur les multiples
cas de "tortures, assassinats et arrestations" .
Septembre : Mobutu envoie 350 parachutistes à la rescousse
du président togolais Eyadema menacé d'invasion à partir
du Ghana.
Année
1987
Juillet : plusieurs dizaines de soldats zaïrois sont tués
dans le Nord-Kivu, à Kasindi. Dans cette région, foisonnent
à l'époque une multitude de groupuscules rebelles, parmi lesquels,
le Parti pour la libération du Congo (PLC), l'Armée congolaise
de libération (ACL), ou des groupes qui se réclament du PRP
de Kabila ou du Mouvement national congolais (MNC). Ils opèrent souvent
à partir de l'Ouganda.
Année
1990
24 avril : dans un discours, Mobutu annonce la fin du parti-Etat
et autorise le multipartisme. Une conférence nationale est convoquée,
mais le pays va connaître une longue période de transition
et s'enfoncer dans la confusion politique et le désordre.
Nuit du 10 au 11 mai : un massacre d'étudiants a lieu sur
le campus universitaire de Lubumbashi, qui aurait fait officiellement un
mort. Des sources indépendantes s'en tiennent quant à elles
au bilan de plus de cent tués.
Année
1991
19 mai : tous les partis conviennent que la conférence nationale
sera souveraine et ses décisions exécutoires.
Avril à juillet : Emeutes et manifestations dans le pays.
22 juillet : Tshisekedi est "nommé" par la présidence,
au poste de Premier ministre. Les alliés de l'UDPS (PDSC et UFERI)
protestent. Sous la pression des combattant de l'UDPS, Tshisekedi refuse
cette nomination présidentielle.
Septembre : mutinerie de soldats suivie de pillages à Kinshasa
et dans d'autres villes: 117 morts. 9.000 résidents étrangers
sont évacués par des troupes françaises et belges.
1er octobre : Tshisekedi est "élu" Premier ministre
pour quelques jours. Il est rapidement destitué par le maréchal
Mobutu pour avoir refusé de signer les passages de la prestation
de serment relatifs au chef de l'Etat "garant de la nation", terme
qu'il récusait. Il est remplacé le 23 octobre par Mungul Diaka,
un ancien compagnon de Lumumba, président du Rassemblement des démocrates
républicains (RDR), et qui vivait en exil en Belgique. Mais son "étiquette
d'opposant" ne passe pas car, passées les années Lumumba,
il fut plusieurs ministres de Mobutu, membre du MPR, et son exil n'était
dû qu'à une fuite pour détournement de fonds, en 1980.
Il avait créé son propre parti, le RDR, à la faveur
du multipartisme en 1990.
Année
1992
22 janvier : le gouvernement du nouveau Premier ministre Nguz Karl
I Bond annonce avoir déjoué un coup d'Etat, visiblement monté
de toutes pièces pour permettre, à Mobutu de reprendre de
l'autorité sur le pays et notamment son armée qui est de plus
en plus incontrôlée ,secouée par de nombreuses désertions.
3 février : les évêques publient un texte dans
lequel ils vantent les mérites de la Conférence nationale
souveraine.
16 février : la "marche des Chrétiens". 500
000 personnes descendant dans la rue à Kinshasa pour réclamer
la poursuite du processus de démocratisation à travers la
Conférence nationale souveraine (CNS), interrompue par le gouvernement
de Nguz Karl I Bond. Bilan, entre 17 et 32 morts, selon les sources.
14 août : Etienne Tshisekedi , le Kasaïen, est "élu"
Premier ministre du Zaïre par la Conférence nationale souveraine.
Le gouverneur "nationaliste" de la province zaïroise du Shaba
(ex-Katanga), Kyungu Wa Kumwanza et le Premier ministre déchu, Nguz
Karl I Bond, fondateur de l'Union des fédéralistes et républicains
indépendants (UFERI), déclenchent une "chasse aux Kasaïens"
dans la province du Katanga. Cette "épuration ethnique"
au Katanga a provoqué la mort de dizaines de personnes, entraîné
l'exode de milliers de Kasaïens vers leur région d'origine dans
des conditions humanitaires et sanitaires effroyables.(Une excellente bande
dessinée de Tshibanda Wamuela Bujitu et Nsenga Kibwonga - "Les
refoulés du Katanga"; Edit. Impala - retrace cet épisode
sanglant pour les Kasaïens)
4 décembre : les blindés et les troupes de la garde
présidentielle encerclent et investissent les bureaux du Premier
ministre Tshisekedi, Mobutu lui rappelant "la légitimité
du chef de l'Etat".
Année
1993
Janvier : nouveaux pillages des militaires à Kinshasa qui
font entre 300 et 1.000 morts et occasionnent le départ de plus de
2.000 résidents étrangers.
Des troubles ethniques dans le Shaba entraînent le déplacement
de près de 100 000 personnes. Les violences ethniques font 2000 morts
dans les provinces du nord Kivu.
Etienne Tshisekedi est destitué de son poste de Premier ministre
par Mobutu. La tête du gouvernement est confiée à Faustin
Birindwa, un transfuge de l'opposition radicale qui n'est même pas
reconnu par les pays occidentaux traditionnellement proches du Zaïre,
Etats-Unis, Belgique et France
Année
1994
Janvier : mise en place du Parlement de transition du Zaïre
(Haut conseil de la république/Parlement de transition -HCR/PT),
instance législative de la transition, qui a notamment pour rôle
de contrôler l'action du gouvernement. La constitution provisoire
lui donne des pouvoirs très étendus notamment celui de décider
en dernière instance de la promulgation des lois en cas de désaccord
entre le gouvernement et la Présidence. Le HCR/PT est instauré
sur décision de la Conférence nationale souveraine qui prend
fin. La fin de la transsition, "gérée" par la HCR/PT
est fixée au 9 juillet 1995.
Le HCR/PT est présidé par Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque
de Kisangani. Les 738 conseillers qui composent le HCR/PT, choisis parmi
les 2.800 participants à la Conférence nationale souveraine
(CNS) achevée en décembre 1992, ont été désignés
par les partis politiques et les associations de la Société
civile et n'ont en fait aucune légitimité populaire. Leur
statut prévoit une indemnité de l'ordre de 500 dollars par
mois, une véritable fortune au Zaïre, alors qu'un fonctionnaire
ou cadre en gagne moins de 50, lorsqu'il est payé.
La fin de la transition fixée constitutionnellement au mois de juillet
1995 mais les élections générales qui devaient se tenir
avant cette date n'auront finalement jamais lieu.
6 avril : au Rwanda, de retour d'un sommet de chefs d'Etat en Tanzanie,
l'avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, est abattu
par des "éléments non identifiés" à
Kigali. Le président rwandais, son homologue burundais Cyprien Ntaryamira
et dix autres personnes sont tuées. Le 7 avril, début d'une
situation très confuse à Kigali où le Premier ministre,
Agathe Uwilingiyimana, est tuée par des militaires. Des milliers
de Rwandais, notamment tutsis, sont exécutés et 10 Casques
bleus belges de la MINUAR tués. C'est le début du génocide.
Le 20 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU n'autorise qu'une
présence symbolique de 270 Casques bleus. Le 23 mai, le Front patriotique
rwandais, qui va prendre le pouvoir à Kigali, fait le bilan des massacres
: "entre un demi-million et un million" de personnes ont
été tuées depuis le 6 avril.
22 juin : le Conseil de sécurité de l'ONU donne son
feu vert à la France pour une opération militaire destinée
à protéger les populations civiles contre les massacres. L'opération,
baptisée "Turquoise", va mobiliser, jusqu'au 22 août,
2.500 soldats français, ainsi que plusieurs contingents africains,
dans le sud-ouest du pays, ainsi que dans les camps de réfugiés
du Zaïre.
Fin Juin : le maréchal Mobutu accorde aux troupes françaises
le droit de s'installer à Goma, dans l'est du Zaïre, dans le
cadre de l'opération "Turquoise". Cette opération
permettra aux miciliciens Interahamwes et aux anciens soldats génocidaires
de l'armée rwandaise de trouver protection au Zaïre.
Juillet : Kengo wa Dondo, qui a fait éclater l'opposition
radicale à Mobutu en deux tendances, une regroupée derrière
Tshisekedi (l'Union sacrée de l'opposition radicale - USOR) et la
sienne dite "modérée" et appuyée par les
pays occidentaux, est désigné Premier ministre par le HCR/PT,
nomination qui déclenche la colère permanente de Tshisekedi.
Du 14 au 18 juillet : plus d'un million de rwandais hutus se réfugient
dans l'est du Zaïre, après le génocide au Rwanda et la
prise de la capitale Kigali, le 4 juillet, par le FPR.
Année
1995
31 mars : Etienne Tshisekedi appelle à une marche monstre
pour obtenir la démission de l'archevêque Laurent Monsengwo,
président du HCR/PT, l'accusant de "trahison", de "goût
effréné du pouvoir" et de "ternir l'image de marque
de l'Eglise catholique". L'opposition radicale, qui avait porté
Mgr Laurent Mossengwo au pinacle de la sagesse politique au temps de la
Conférence nationale souveraine (CNS, 1991-1992) et ensuite à
la présidence du HCR/PT, lui reproche d'avoir favorisé la
nomination de Kengo Wa Dondo, comme Premier ministre issu de l'opposition
"modérée".
23 juin : l'Union de la gauche congolaise (UGC), cartel des partis
socialistes et lumumbistes "progressistes", réclame dans
une déclaration que "le pouvoir exécutif qui lui a été
arraché par un coup de force au milieu des années soixante
lui soit restitué pacifiquement le 9 juillet, date de la fin de la
transition".
La Cour suprême de justice décide de la prolongation d'un an
de la durée de la transition politique dont la fin était initialement
prévue le 9 juillet 1995.
Mobutu signe quelques semaines plus tard une ordonnance prolongeant la transition
de deux ans. Les élections devront se tenir avant juillet 1997.
18 août : des milliers de personnes défilent à
Kinshasa à l'appel de l'Union sacrée de l'opposition radicale
zaïroise (USOR) pour protester "contre les ingérences étrangères
et celle de la France en particulier" dans les affaires intérieures
du Zaïre.
Septembre : de son village natal de Gbadolite, Mobutu déclare
qu'"il n'est plus question que le Zaïre donne l'impression qu'il
veut chasser ceux qu'il a fraternellement accueillis", faisant allusion
à la présence au Zaïre de plus d'un million de réfugiés
rwandais et burundais.
Octobre : les parlementaires du HCR/PT s'attribuent une indemnité
mensuelle de 1.000 dollars, lors d'une réunion "à huis-clos"
(le salaire d'un professeur d'université n'excède pas 10 USD
par mois)
Des jeunes militants de l'Union pour la démocratie et le progrès
social (UDPS), parti de Tshisekedi, sont accusés d'avoir indirectement
(par jet de pierres) provoqué la mort par crise cardiaque de Roger
Gisanga, membre fondateur de l'UDPS qu'ils avaient pris à partie
devant le domicile de Tshisekedi, à Limete, dans la périphérie
de Kinshasa. Ces miliciens se dénomment les "Parlementaires
debout", par opposition aux parlementaires qui siègent au Parlement
de transition.
24 novembre : Mobutu fête ses trente ans de pouvoir. L'opposition
"radicale" animée par Tshisekedi continue de réclamer
le départ du Premier ministre Kengo et appelle à une journée
"ville morte" considérant le 24 novembre comme une "journée
de deuil" pour protester contre "30 ans de dictature".
Novembre - décembre : au moins 100 morts à la suite
d'affrontements armés dans le Masisi, à l'est du pays , entre
la population zaïroise Hunde et les Banyarwanda, populations émigrées
d'origine rwandaise arrivées dans le pays de longue date, à
la différence des centaines de milliers de réfugiés
hutus se trouvant, depuis le génocide de 1994, dans la région
de Goma (plus au sud).
Depuis l'arrivée à Goma de soldats des Forces armées
rwandaises (FAR) en déroute, le niveau d'armement des bandes rivales,
qui s'opposent à l'origine sur des questions de propriété
de la terre, s'est considérablement accru. Des extrémistes
hutus rwandais seraient intervenus dans le conflit et menaceraient également
les quelque banyarwandais tutsis dans le Masisi. La population totale du
Masisi est estimée à 600.000 personnes dont 85 % de Banyarwandais
et 15 % de Hunde, qui se considèrent comme les seuls véritables
autochtones.
25 décembre : 19 morts à Goma, dont un officier supérieur
de la Garde civile, à la suite de violences entre militaires de différentes
armes et des civils.
Année
1996
Nuit du 1er au 2 janvier : les membres de la Commission nationale
des élections (CNE) prêtent serment devant le Haut Conseil
de la République/Parlement de transition (HCR/PT). Ils ont été
nommés paritairement par la Mouvance présidentielle et l'opposition.
La CNE, qui sera chargée d'organiser les élections générales
au plus tard pour juillet 1997, est constituée de 44 personnalités
(qui désigneront par consensus leur président) choisies par
moitié par les deux familles politiques.
Sur les 22 sièges revenant à l'opposition, l'opposition "modérée",
qui participe au gouvernement de Kengo wa Dondo, en compte 13 et l'opposition
"radicale" d'Etienne Tshisekedi en compte 9.
Début janvier : quand les faits divers prennent une tournure
politique
Une terrible série d'accidents meurtriers a fait plus de 400 morts
depuis le début de l'année, le plus dramatique étant
celui survenu quand un avion cargo "Antonov 32" s'est écrasé
sur un marché de Kinshasa causant 300 morts.
Un camion chargé de marchandises et de passagers, communément
appelé fula-fula s'est renversé à une centaine de km
de la capitale causant 35 morts et de nombreux blessés. Le 1er janvier,
un autre fula-fula, également surchargé, a versé dans
le fossé d'une petite rivière de Kinshasa, causant la mort
par écrasement ou noyade de 72 passagers.
L'année 1995 s'était également mal terminée
pour le Zaïre, un avion appartenant à une compagnie privée
zaïroise s'étant écrasé le 18 décembre
en Angola, causant la mort de plus de 140 personnes. Mobutu Sese Seko, qui
n'était pas venu dans la capitale depuis huit mois, a fait une rapide
visite pour s'incliner devant les victimes de l'accident causé par
l'avion qui s'est écrasé sur un marché. Les évêques
zaïrois ont ajouté une touche au concert de critiques en exprimant
leur "indignation" : Cet accident "résume à
lui seul l'incurie et la nuisance du pouvoir dans notre pays", ont-ils
écrit. Ces avions transportaient des marchandises destinées
au mouvement rebelle angolais, l'UNITA, activement soutenu par Mobutu.
Fin janvier : Mgr Mossengwo démissionne officiellement de
la présidence du Parlement de transition (HCR/PT). Ce Parlement est
alors "dirigé" par son vice-Président, Anzuluni
Bembe.
Avril : en visite privée à Paris, Mobutu est reçu
par le président Chirac. Il reçoit la monnaie de sa pièce
après le coup de pouce qu'il a donné à l'Opération
Turquoise sur le Rwanda. La France annonce une reprise partielle de sa coopération
avec le Zaïre. Dès le retour de Mobutu dans son pays, la Commission
nationale des élections (CNE) annonce que des élections présidentielle
et législatives auront lieu en mai 1997. Le maréchal Mobutu,
au pouvoir depuis 30 ans, est d'ores et déjà candidat déclaré
à sa propre succession.
Un référendum sur le projet de constitution de la future 3ème
République est prévu pour le mois de décembre de cette
année 1996. Le projet de la nouvelle Constitution retient le principe
d'un Etat fédéral à "régime parlementaire
semi-présidentiel".
Le Parlement transitoire se prononce dans une résolution pour le
départ "immédiat et sans condition" des Rwandais
hutus établis sur son territoire, évalués à
environ un million.
29 avril : vaste purge au sein de l'opposition "radicale".
Tshisekedi exclut près d'une soixantaine de personnalités
de ses rangs, accusés "de comportement contraire à la
charte de l'opposition".
Outre Kibassa Maliba, ancien bras droit de Tshisekedi et président
national de son parti l'Union pour la démocratie et le progrès
social (UDPS), l'on compte parmi les exclus M. Mende qui fut ministre de
l'Information de M. Tshisekedi, maître Kinke Vi Kansi, un des brillants
juristes de l'opposition, M. Kumbu Ki Lutepe, président de l'ANADER
(parti d'opposition) et de nombreux parlementaires. Cette nouvelle purge
intervient après des années de discorde au sein de l'opposition
radicale.
Mai : les gouvernements du Burundi et du Rwanda s'inquiètent
d'incursions du Zaïre dans leurs pays et craignent des tentatives de
déstabilisation de Kinshasa.
A Kinshasa, un député zaïrois, auteur d'un rapport très
critique sur la présence des réfugiés rwandais, n'a
pas hésité à affirmer, dans une conférence de
presse, que le Parlement serait "prêt à déclarer
l'état de guerre avec le Rwanda" si la demande lui en était
présentée.
3 mai : le Zaïre ferme sa frontière avec le Burundi "pour
éviter un nouvel afflux de réfugiés" sur son territoire.
30 mai : un rescapé du Zaïre affirme sur Radio Rwanda
qu'entre 150 et 200 personnes de souche rwandaise ont été
tuées au monastère de Makoto, dans les marais et dans les
bananeraies de la région zaïroise de Masisi.
280 Zaïrois parlant le kinyarwanda ont franchi la frontière
pour gagner la ville rwandaise de Gisenyi. Ces réfugiés, essentiellement
d'ethnie tutsie, arrivaient de Nyamutaba dans la région de Masisi,
où les habitants de souche rwandaise, des tribus autochtones, des
soldats zaïrois et des réfugiés rwandais hutus s'affrontent
depuis plusieurs mois. Plus de 800 Tutsis qui s'étaient réfugiés
au monastère de Makoto avaient été attaqués
le 14 mai par des assaillants hutus. Une centaine d'entre eux ont été
tués, mais les autres, ainsi que les moines, ont fui.
1er juin : des éléments des Forces armées zaïroises
(FAZ) tirent à l'arme automatique dans Goma (capitale du Nord-Kivu),
pour réclamer le rapatriement à Kinshasa des corps de trois
de leurs camarades tués dans une embuscade. La province du Nord-Kivu
est en proie à de graves tensions.
Nuit du 6 juin : plus d'une vingtaine de personnes sont massacrées
par des inconnus dans le petit village de Bunagana, à l'extrême
pointe est du Zaïre. Des anciens éléments des Forces
armées rwandaises et des milices "Interahamwe" ont quitté
les camps de réfugiés pour s'infiltrer dans le Masisi et ont
également envahi le parc des Virunga, proche de Goma.
Une mission spéciale de l'ONU qui se devait se rendre dans la région
de Goma pour étudier le problème des réfugiés
rwandais hutus annule sa visite pour cause d'insécurité.
6 juin : Mobutu Sese Seko donne son accord pour un déploiement
d'observateurs de l'ONU dans la partie est du Zaïre pour veiller au
respect de l'embargo interdisant toute livraison d'armes aux extrémistes
hutus réfugiés dans cette région.
30 juin : le Zaïre fête 36 ans d'indépendance,
marqués par un bilan catastrophique, comme le souligne à cette
occasion la presse de Kinshasa. L'ancien Congo Belge, devenu ensuite le
Congo-Léopoldville, puis le Zaïre, qui était l'un des
plus vastes et des plus riches pays d'Afrique noire, est, en 1996, au seuil
de la misère et n'a toujours pas conclu "sa" transition
démocratique entamée six ans plus tôt.
La classe politique, qui ne compte pas moins de 450 partis, continue à
s'entre-déchirer, à se dénoncer et s'accuser mutuellement,
alors que l'environnement économique et social ne cesse de se dégrader
dans tout le pays.
A Kinshasa, la capitale, autrefois nommée "Kin-La Belle",
et aujourd'hui "Kin-La Poubelle", les avenues et les boulevards
sont transformés en bourbiers dès la saison des pluies.
L'historique Boulevard du 30 juin - date de l'indépendance - est
ravagé de crevasses et de bouches d'égout béantes,
dans lesquelles vont quelquefois s'engouffrer des véhicules. Les
Zaïrois, pour la plupart au chômage ou impayés, cultivent
de petits jardins potagers, au milieu des ordures répandues le long
d'avenues autrefois prestigieuses. Les hôpitaux ne sont plus que des
bâtiments en voie d'abandon, les écoles publiques sont désertées
par des professeurs impayés, et des maladies qui avaient pratiquement
disparu, telles que la trypanosomiase, le choléra, la tuberculose
ou la peste, font des réapparitions mortelles dans différentes
régions.
A l'intérieur du pays, la situation est encore pire, où certains
gouverneurs, et leurs adjoints, petits chefs de commune et de zone, font
régner leur loi sur des populations parfois totalement coupées
du monde depuis des années, en raison de l'impossibilité d'accès
et de communication avec leur contrée.
Des régions entières ne sont ainsi plus accessibles que par
avion, et dans de nombreux villages reculés, des jeunes gens d'une
quinzaine d'années n'ont jamais vu un Blanc de leur vie, son apparition
provoquant panique et fuite.
La justice du pays va à vau-l'eau, les juges s'arrogeant des droits
régaliens pour prononcer des condamnations iniques, alors que l'armée
ne reconnaît que l'autorité de ses chefs, quand elle ne la
conteste pas.
Dans le secteur économique - dépendant principalement de l'économie
informelle- la situation n'est guère plus brillante. La puissante
Gécamines (mines de cuivre du Katanga), qui produisait quelque 500.000
tonnes de minerai jusque au milieu des années 80, en a commercialisé
moins de 50.000 en 1995, et encore s'agit-il de stockages et de scories.
La plupart des entreprises privées ne peuvent continuer à
subsister que par le biais de prébendes, de concussion et de prévarication
auprès de fonctionnaires impayés et avides d'argent.
Seule lueur d'espoir à cette date, la perspective, pour mai 1997,
des premières élections générales (présidentielle
et législatives) jamais organisées dans le pays. Le Parlement
de transition a adopté - un budget de 400 millions de dollars de
dépenses pour l'organisation de ces scrutins et du référendum.
Il devrait être supporté à hauteur de 300 millions de
USD par la communauté internationale.
Mais le Haut conseil de la République/Parlement de transition (HCR/PT)
a terminé sa dernière session sans avoir commencé l'examen
du projet de constitution de la IIIème République, qui doit
être soumis à référendum en décembre,
et sans se prononcer sur la loi électorale.
La Commission nationale des élections, elle, a bien du mal à
se mettre en place.
Sur le plan politique, l'opposition est à cette date, tout aussi
"divisée" que la mouvance présidentielle. L'opposition
radicale avait déjà éclaté en 1994 entre les
durs proches de M. Tshisekedi et les modérés qui soutiennent
le Premier ministre Kengo Wa Dondo, réunis dans l'Union pour la République
et la démocratie (URD).
Elle s'est de nouveau divisée moins de deux ans plus tard au sein
même du parti de M. Tshisekedi. L'Union pour la démocratie
et le progrès social (UDPS) est désormais partagée
entre "Tshisekedistes" et "Kibassistes", du nom de M.
Kibassa Maliba, qui anime un courant "réformateur" opposé
à son ancien chef de file.
Du côté de la Mouvance présidentielle, réunie
dans les Forces politiques du conclave (FPC), la situation n'est guère
plus brillante, alors que la "famille politique du chef de l'Etat"
est elle même confrontée à une guerre des chefs entre
son président, l'ancien Premier ministre Nguz Karl I Bond et M. Mandungu
Bula Nyati, qui a assuré son intérim. M. Nguz Karl I Bond
avait interrompu ses activités durant près de deux ans en
raison de son état de santé.
De son côté le gouvernement, à qui revient la lourde
responsabilité de mener à bien le processus démocratique
aboutissant à la fin d'une "transition", se réfugie
dans une prudente expectative face aux querelles byzantines des partis politiques.
A cette date enfin, le Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
(HCR) a recensé 1,1 millions de réfugiés rwandais au
Zaïre, dont 716 000 à Goma, 316 400 à Bukavu et 71800
à Uvira.
Ainsi va le Zaïre, quatre mois avant le déclenchement de la
rébellion qui fera tomber Mobutu.
31 juillet : la Fédération internationale des ligues
des droits de l'Homme et Human Rights Watch publient un rapport intitulé
"Forcés de fuir - Violence contre les Tutsi au Zaïre".
"Violences qui sont devenues particulièrement graves depuis
fin 1995 et se sont intensifiées en 1996", notent ces deux organisations
de défense des droits de l'homme dans ce rapport.
22 août : opéré d'un cancer de la prostate à
Lausanne, Mobutu se remet plus difficilement que prévu et demande
une prolongation de son visa de séjour en Suisse. Kinshasa s'excite
déjà en spéculant sur "l'après-Mobutu".
Septembre : des combats éclatent dans le Kivu entre l'armée
zaïroise et des Banyamulenges (Tutsis d'origine rwandaise installés
au Zaïre).
4 septembre : Georges Nzongola Ntalaja, vice-président de
la Commission nationale des élections, démissionne pour protester
contre les obstacles créés par la classe politique en vue
d'empêcher la tenue des élections dans les délais prévus.
Deux jours plus tôt, on venait quand même d'installer officiellement
les 4.446 membres des Commissions locales des élections. Ces agents
électoraux devaient superviser et organiser le scrutin dans 11 régions,
16 villes, 145 territoires, 81 communes et 747 collectivités du pays.
Excusez du peu.
L'UDPS subordonne la tenue des élections notamment à la réhabilitation
de Tshisekedi aux fonctions de Premier ministre dont il a été
démis en février 1993 par Mobutu et au transfert des forces
de sécurité sous l'autorité du gouvernement.
La Cour suprême se déclare "incompétente"
sur la requête en annulation des ordonnances de Mobutu nommant Kengo
wa Dondo comme Premier ministre. Mécontents du verdict de la Cour,
des dizaines de partisans de Tshisekedi lapident des automobilistes à
Kinshasa.
6 septembre : Tshisekedi appelle à des prières pour
le rétablissement de Mobutu, estimant qu "il est inhumain de
spéculer négativement sur l'état de santé d'un
adversaire politique".
10 septembre : l'armée réaffirme sa fidélité
au maréchal Mobutu, à l'issue d'une réunion présidée
par le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale,
l'amiral Mavua Mudima. Cette mise au point intervient à la suite
de rumeurs de coup de force dans la capitale, amplifiées par les
informations peu rassurantes sur la santé du président.
Début octobre : le Parlement provisoire adopte le projet de
constitution qui est aussitôt rejeté par Tshisekedi. La future
constitution dont le texte a été adopté "par consensus"
par le HCR/PT prévoit notamment un Etat de type fédéral
qui sera dénommé "République fédérale
du Zaïre" et doté d'un régime parlementaire à
deux chambres. Le mandat du président de la République, élu
au suffrage universel à la majorité absolue, sera de cinq
ans. Le pays comptera 26 provinces au lieu de 11 actuellement.
18-20 octobre : violents combats à Uvira (Sud-Kivu), point
de départ de la rébellion. Plusieurs centaines de milliers
de réfugiés sont jetés sur les routes. Le Rwanda tente
ainsi de purger les camps de réfugiés hutus basés au
Zaïre où étaient en train de se recomposer l'armée
des génocidaires de 1994.
25 octobre : les rebelles annoncent la création de l'Alliance
des forces démocratiques pour la libération du Zaïre
(AFDL), dont le coordinateur est Laurent-Désiré Kabila. Ils
affirment avoir été rejoints par des opposants zaïrois
pour renverser Mobutu.
31 octobre : des violents combats dans le Nord-Kivu occasionnent
la fuite de quelque 300.000 réfugiés qui quittent leurs camps.
4 novembre : Kinshasa reconnaît ne plus contrôler Goma
et Bukavu.
Ce même jour, Mobutu quitte brusquement la Suisse pour sa "Villa
Del Mare", à Roquebrune-Cap Martin en France.
15 novembre : le Conseil de sécurité de l'ONU autorise
le déploiement d'une force multinationale, officiellement pour "protéger"
les réfugiés rwandais ballottés au Zaïre. L'insistance
de la France pour le déploiement de cette force est considérée
comme une tentative désespérée de freiner l'avancée
des rebelles. Mais le retour au Rwanda d'un demi-million de réfugiés
sonne le glas de la force avant son lancement.
21 novembre : Tshisekedi annonce en France qu'il venait de s'entendre
avec le président Mobutu pour une "conciliation nationale",
et qu'il allait bientôt former un gouvernement d'union nationale avec
l'assentiment du président Mobutu.
30 novembre : premières incursions de l'armée ougandaises
dans le nord-est du Zaïre pour traquer les rebelles ougandais de du
Front démocratiques alliés (ADF).
3 décembre : Paris réaffirme son attachement à
"l'intégrité territoriale du Zaïre".
8 décembre : le général Mahele Lioko est nommé
chef d'état-major de l'armée zaïroise et investi des
pouvoirs sur la division spéciale présidentielle (DSP). Il
sera assassiné par des membres de la DSP, fidèles de Mobutu,
le jour de l'entrée des rebelles de Kabila dans la capitale, au motif
qu'il avait négocié avec eux la reddition des FAZ afin d'éviter
un bain de sang.
17 décembre : retour au pays et très médiatisé
de Mobutu, mais qui n'a guère fait évoluer la situation, tant
sur le plan politique que sur le plan militaire.
Année
1997
2 janvier : Kinshasa affirme annonce une contre-offensive "totale
et foudroyante".
27 janvier : un Belge, Christian Taverniers, confirme diriger 280
mercenaires blancs afin de reprendre les territoires contrôlés
par la rébellion.
3 février : le port de Kaliémie tombe aux mains des
rebelles, qui prennent pied dans le Shaba.
5 février : Washington appelle les "pays voisins à
se tenir à l'écart" du territoire zaïrois et désigne
l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.
7 février : Mobutu rentre au Zaïre, de retour du Maroc.
11 février : la rébellion, qui dispose d'environ 15.000
hommes, annonce la chute d'Isiro (nord-est).
18 février : le Conseil de sécurité de l'ONU
approuve un plan de paix en cinq points demandant "la cessation des
hostilités" et "le retrait de toutes les forces extérieures,
mercenaires compris".
22 février : les rebelles s'emparent de la ville et du camp
de réfugiés de Kalima dans le Sud-Kivu.
23 février : plusieurs raids aériens sont menés
par l'armée contre des positions rebelles à une centaine de
kilomètres de Kisangani: des dizaines de morts. Tant dans les propres
rangs de l'armée que du côté des rebelles.
25 février : Kabila s'entretient en Afrique du Sud avec le
secrétaire d'Etat adjoint américain pour les Affaires africaines,
George Moose et l'envoyé spécial de l'ONU et l'OUA Mohamed
Sahnoun. Il est reçu le 26 par le président sud-africain Nelson
Mandela et estime que son mouvement est proche de "négociations
directes" avec Kinshasa.
La Belgique annonce avoir reçu des informations selon lesquelles
"un génocide est en cours" contre les réfugiés
rwandais hutus, dans les territoires contrôlés par la rébellion.
Plusieurs voix démentent totalement ces informations, et notamment
le Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations-Unies.
2 mars : Laurent-Désiré Kabila annonce la prise de
la ville de Kindu et du camp de Tingi-Tingi (au sud-est de la ville), qui
abritait quelque 150.000 réfugiés hutus rwandais. La prise
de Kindu donne aux rebelles leur premier accès au fleuve, indispensable
au transports des marchandises vers Kinshasa via Kisangani (450 km plus
au nord), la capitale du Haut-Zaïre et base-arrière des FAZ.
C'est aussi de Kindu que part vers le sud la voie ferrée qui mène
au Shaba, la région la plus riche du Zaïre.
15 mars : Kisangani, troisième ville du pays, tombe aux mains
de la rébellion.
21 mars : Mobutu, en convalescence en Europe, regagne Kinshasa.
22 mars : Kabila annonce que les partis sont interdits dans les régions
sous son contrôle.
26 mars : la rébellion rejette l'offre d'un partage du pouvoir
formulée par le parti du chef de l'Etat.
Première rencontre entre représentants de Mobutu et de la
rébellion, en marge d'un sommet au Togo de chefs d'Etat africains.
4 avril : Mbuji-Mayi, capitale du Kasaï oriental (centre), le
coffre-fort rempli de diamants du Zaïre tombe sous la coupe des rebelles
8 avril : Mobutu décrète l'état d'urgence.
9 avril : le vice-président rwandais, Paul Kagame, reconnaît
que les pays de la région des Grands Lacs se sont "entendus"
pour soutenir les rebelles.
10 avril : chute de Lubumbashi, deuxième ville du pays et
capitale du Shaba.
13 avril : les rebelles prennent Kananga, capitale du Kasaï
occidental, et Kolwezi (Shaba).
19 avril : Kabila affirme qu'il compte mener la guerre jusqu'à
la "libération de Kinshasa".
25 avril : le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés
(HCR) "constate" la disparition de 85.000 réfugiés
rwandais hutus de leurs camps. Kabila qualifie le drame de ces réfugiés
de "petit problème" et donne 60 jours au HCR pour les rapatrier.
29 avril : Washington estime que le président Mobutu a "fait
son temps" et doit "regarder la réalité en face".
Des agences humanitaires de l'ONU dénoncent des tueries dans les
zones rebelles. 30 avril : un peu plus de 200 réfugiés hutus
rwandais sont rapatriés par le HCR de Kisangani à Kigali,
début d'un pont aérien humanitaire.
4 mai : la rencontre sur un bateau sud-africain à Pointe-Noire
au Congo entre Kabila et Mobutu est suivie d'une série de démentis
sur les intentions des deux principaux protagonistes
Kabila annonce la poursuite de son offensive sur la capitale Kinshasa, et
Mobutu fait savoir qu'il n'a pas l'intention de lui remettre le pouvoir
8 mai : à l'issue d'un sommet à Libreville sur la crise,
les présidents du Gabon, du Tchad, de la Centrafrique et de le Guinée
Équatoriale proposent que Mobutu remette son pouvoir au président
du Conseil de la république/parlement de transition (HCR/PT). Seul
problème, depuis la démission de ce poste de Mgr Laurent Monsengwo,
le HCR/PT n'a plus de président Sõ
17 mai : Laurent-Désiré Kabila se proclame chef de
l'" Etat congolais " au moment où ses troupes, parties
huit mois plus tôt de l'est du pays, entrent dans Kinshasa. Le Zaïre
est rebaptisé République démocratique du Congo, au
lendemain du départ du maréchal Mobutu Sese Seko, au pouvoir
depuis trente-deux ans.
La République démocratique du Congo de M. Kabila change aussi
de devise, remplaçant celle de "Justice-Paix-Travail" de
l'ancien Zaïre par "Démocratie-Justice-Unité".
L'ancien drapeau du Parti-Etat du Mouvement Populaire de la Révolution,
frappé d'un bras brandissant un flambeau jaune et rouge sur fond
vert et demeuré inchangé durant les sept années de
transition multipartite, a été définitivement brûlé.
Le nouveau drapeau est désormais bleu frappé d'étoiles
jaunes. Ces étoiles représentent les six premières
provinces du Congo indépendant qui étaient Léopoldville,
Equateur, Haut-Congo, Katanga, Kivu et Kasai.
Les nouvelles armes de la République portent l'emblème d'un
lion rugissant, à la place de la tête de Léopard, croisée
de deux lances et encadrée d'une palme et d'une défense d'éléphant
du régime Mobutu
21 août : au Rwanda, des miliciens hutus "Interahamwe",
aidés de paysans locaux, attaquent le camp de réfugiés
tutsis congolais de Mudende, près de Gisenyi. 148 personnes sont
tuées. De mai à juillet, entre 2.000 et 3.000 personnes ont
été tuées lors d'attaques similaires, selon la Mission
de l'ONU pour les droits de l'Homme et Amnesty International.
Octobre : la Fédération internationale des ligues des
droits de l'Homme et Human Rights Watch publient un rapport intitulé
"Ce que Kabila dissimule : massacres de civils et impunité au
Congo", dans lequel sont recensés les exactions commises à
la fois par les anciens génocidaires rwandais mais aussi par les
nouveaux tenants du pouvoir à Kinshasa et les soldats de l'AFDL.
10 décembre : encore au Rwanda, une nouvelle attaque du camp
de réfugiés congolais tutsis de Mudende (Gisenyi), attribuée
aux miliciens hutus et soldats des ex-FAR, fait 357 morts et 331 blessés,
selon Médecins sans frontières.
Année
1998
19 janvier: au Rwanda, entre 40 et 80 personnes sont tuées
près de Gisenyi, suite à une embuscade contre un bus transportant
les employés d'une brasserie.
Mi-juillet : Kabila limoge le chef d'État-major intérimaire
des FAC, James Kabarebe, d'origine rwandaise, l'homme qui a véritablement
conduit l'armée rebelle de Kabila jusqu'aux portes de Kinshasa, pour
le remplacer par le commandant Célestin Kifwa.
27 juillet : un communiqué du ministère de la Défense
nationale, annonce que "le commandant suprême des Forces armées
nationales congolaises, le chef d'État de la République Démocratique
du Congo et ministre de la Défense nationale (Kabila), informe le
peuple congolais qu'il vient de mettre fin à dater de ce lundi 27
juillet 1998 à la présence de militaires rwandais qui nous
ont assisté pendant la période de la libération de
notre pays."
La chasse aux Rwandais et autres tutsis présents à Kinshasa
commence. Abdoulaye Yerodia, le directeur de cabinet de Kabila, déclare
que "Ces Rwandais, ces Tutsi sont juste des insectes, des microbes
qui doivent être méthodiquement exterminés". (Il
est poursuivi par la justice belge notamment pour ces propos.)
La présence militaire étrangère avait aussi été
farouchement combattue par Tshisekedi qui avait fait du retour des troupes
rwandaises dans leur pays, un préalable à sa collaboration
avec le régime de Kabila. 30 juin : un rapport de l'ONU affirme que
les forces de M. Kabila, appuyées par des unités de l'armée
rwandaise, ont massacré des réfugiés rwandais à
plusieurs reprises, de l'automne 1996 au printemps 1997. Ce rapport ne conclut
toutefois pas avec certitude à la volonté des troupes de Kabila,
appuyées par l'armée rwandaise, "d'éliminer"
les hutus réfugiés dans l'ex-Zaïre.
Kinshasa qualifie ce rapport de "ramassis d'allégations sans
fondement".
2 août : des ex-militaires des Forces armées zaïroises
de la 10è Brigade basée à Goma et des combattants banyamulenge
(Congolais tutsis d'origine rwandaise) soutenus par le Rwanda, déclenchent
une nouvelle rébellion dans le Kivu (est) et à Kinshasa, d'où
ils sont chassés par les forces loyalistes aidées des troupes
angolaises.
6 août : les "nouveaux" rebelles contrôlent
les trois principales villes du Kivu : Goma, Bukavu et Uvira. Kabila accuse
le Rwanda d'avoir "agressé son pays".
8 août : un premier sommet réunit à Victoria
Falls (Zimbabwe) sept chefs d'Etat d'Afrique australe et de l'est pour tenter
d'enrayer ce nouveau conflit.
9 août : Kinshasa dénonce la violation de son territoire
par l'Ouganda.
16 août : la rébellion annonce la création du
Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), présidé
par un inconnu Ernest Wamba Dia Wamba. Les véritables dirigeants
du RCD sont pour la plupart des tutsis congolais, très proches du
Rwanda.
23 août : Kisangani tombe aux mains des nouveaux rebelles anti-Kabila.
25 août : les forces de Kabila reprennent le contrôle
du sud-ouest du pays, grâce à l'intervention des troupes du
Zimbabwe et d'Angola.
27 août : Windhoek annonce la présence de soldats namibiens
aux côtés de Kabila.
28 septembre : le Tchad reconnaît son soutien aux forces de
Kabila. Les soldats tchadiens quitteront la RDC en mai 1999.
12 octobre : la ville de Kindu, quartier général de
campagne des forces gouvernementales, tombe aux mains des rebelles.
6 novembre : le Rwanda reconnaît avoir envoyé des troupes.
13 novembre : l'Ouganda admet que ses troupes combattent aux côtés
des rebelles.
Année
1999
18 avril : Kabila et le président ougandais Yoweri Museveni
signent à Syrte (Libye) un accord prévoyant un cessez-le-feu
et le retrait des forces étrangères.
11 mai : première attaque aérienne des forces alliées
de Kabila contre les places fortes rebelles de Goma et Uvira.
17 mai : première scission au sein du principal mouvement
rebelle, le RCD, qui a désormais deux directions, l'une appuyée
par le Rwanda et l'autre par l'Ouganda. Ce dernier soutient également
un autre mouvement rebelle, le Mouvement de libération du Congo (MLC),
dirigé par Jean-Pierre Bemba.
10 juillet : un accord de cessez-le feu est signé à
Lusaka par Kinshasa et ses alliés, Zimbabwe, Angola et Namibie, ainsi
que par l'Ouganda et le Rwanda qui appuient la rébellion. Il est
ratifié en août par le MLC et les deux tendances du RCD. Depuis,
Kinshasa et les rebelles s'accusent mutuellement de le violer.
14-17 août : des violents combats entre soldats rwandais et
ougandais pour contrôler Kisangani font au moins 300 morts.
12 octobre : Kinshasa accuse l'armée burundaise d'être
engagée aux côtés de la rébellion.
D'août à décembre : des massacres ethniques font
environ 5 000 morts civils entre août et décembre dans la région
de Bunia (Nord-Est), contrôlée par l'armée ougandaise
qui soutient les rebelles. Kinshasa accuse l'Ouganda, qui dément.
Année
2000
24 février : l'ONU approuve l'envoi de 5.537 hommes pour aider
au respect d'un cessez-le-feu.
22 mars : l'ONU met directement en cause la rébellion et le
Rwanda après une offensive dans le Kasaï occidental (centre)
et la prise de la ville d'Idumbe.
14 avril : un nouveau cessez-le-feu, signé à Kampala,
entre en vigueur, mais les belligérants s'accusent d'agression.
24 mai : la Mission d'observation des Nations unies au Congo (MONUC)
accuse directement le MLC, qui dément, de violer le cessez-le-feu.
Depuis début mai, des combats se déroulent dans l'Equateur
(nord).
3 juin : les présidents Kabila et Paul Kagamé du Rwanda
se rencontrent pour la première fois depuis le début de la
rébellion, au Kenya.
Du 5 au 10 juin : de nouveaux combats entre soldats rwandais et ougandais
à Kisangani font plus de 600 morts, essentiellement des civils, et
plus de 3.000 blessés.
16 juin : le Conseil de sécurité approuve une résolution
ordonnant le retrait de toutes les forces étrangères, mais
sans fixer d'ultimatum.
14 juillet : les forces de Kabila reprennent la ville d'Imesse dans
l'Equateur.
26 juillet : l'ONU affirme réviser ses plans en raison des
obstacles mis par le gouvernement au déploiement des casques bleus.
Année
2001
7 janvier : le général-major Joseph Kabila, fils de
Laurent Désiré Kabila, se voit confier la direction de l'action
gouvernementale et du haut commandement militaire.
16 janvier : Laurent Désiré Kabila est assassiné
à Kinshasa.
26 janvier : Joseph Kabila annonce sa volonté de "relancer
l'accord de Lusaka", et de normaliser les relations de Kinshasa avec
les Etats-Unis, l'Union européenne et les Nations unies. Ce discours
déclenche une réaction en chaîne d'initiatives diplomatiques.
30 janvier : Joseph Kabila reçoit à Kinshasa son homologue
sud-africain Thabo Mbeki.
31 janvier : le nouveau "président" de la République
démocratique du Congo, entame une tournée diplomatique en
Europe et aux Etats-Unis.
1er février : Joseph Kabila se déclare favorable à
un "démarrage rapide" des accords de Lusaka, à l'issue
d'une entrevue avec le chef de la diplomatie américaine Colin Powell
à Washington, où il rencontre également le président
rwandais Paul Kagamé.
2 février : Joseph Kabila s'engage devant le Conseil de sécurité
à relancer les accords de paix, à coopérer avec l'ONU
et à entamer un dialogue avec les rebelles, mais réclame toujours
le retrait des forces rwandaises et ougandaises.
7 février : l'ONU et surtout la France pressent le président
Kagamé, qui participe à un débat public du Conseil
de sécurité sur la guerre en RDC, de retirer ses forces.
8 février : une délégation du Mouvement populaire
de la révolution (MPR, ex-parti unique de Mobutu) s'entretient avec
un proche du président Kabila dans le cadre "des consultations
initiées par le nouveau pouvoir".
12 février : l'ONU prévoit de réduire de 5.500
à 3.000 hommes, la force devant se déployer pour surveiller
le désengagement des belligérants.
Le 13 février : Nelson Mandela, médiateur dans le conflit
au Burundi, affirme à Kinshasa que Joseph Kabila peut jouer un "rôle
majeur" dans le retour de la paix dans la région des Grands
lacs.
Le 16 février : nouveau sommet des protagonistes de la crise
congolaise à Lusaka, mais sans la présence des Dos Santos
d'Angola, Museveni d'Ouganda et Paul Kagamé du Rwanda. Joseph Kabila,
contrairement à son défunt père, fait toutefois avancer
le processus de paix en reconnaissant l'ancien président du Botswana
Ketumile Masire comme médiateur, et ce à la grande satisfaction
des mouvements rebelles.
21 février : Les six pays qui se battent depuis deux ans et
demi en RD Congo acceptent de commencer un premier retrait de leurs forces
à partir du 15 mars, à l'issue de discussions à New
York, en marge d'une réunion du Conseil de sécurité
de l'ONU. Ce retrait sera limité à un recul de 15 km de part
et d'autre d'une longue ligne de front qui coupe le pays en deux. Le Rwanda
a annoncé qu'il commencera à retirer le 28 février
de 200 km ses troupes à partir de la ville de Pweto, dans le sud-est,
qu'elles avaient prise le 4 décembre.
L'Ouganda annonce aussi son intention de retirer deux bataillons de RDCongo.
Année
2002
25 février : Ouverture du dialogue inter-congolais à
Sun City en Afrique du Sud.
31 mars : création du Parti du peuple pour la reconstruction
et la démocratie (PPRD) pour soutenir le président Joseph
Kabila
14 mai : un nombre indéterminé de victimes ont été
sommairement exécutées par les rebelles du Rassemblement congolais
pour la démocratie (RCD-Goma ) pendant des violences à Kisangani,
consécutives à une mutinerie. LONU évoquera 200
morts.
30 juillet : les présidents de la République démocratique
du Congo Joseph Kabila et du Rwanda Paul Kagame signent à Pretoria
un accord de paix devant mettre fin à la guerre régionale
de quatre ans qui a déchiré la RDC, déstabilisé
lAfrique Centrale et fait deux millions et demi de victimes, en majorité
des civils.
6 septembre : à Luanda, les présidents de lOuganda,
Yoweri Museveni, et de RD Congo) Joseph Kabila, signent un document présenté
comme un accord de paix par la présidence angolaise, médiation
entre les deux parties.
13 septembre : le président rwandais Paul Kagame annonce aux
Nations Unies le retrait des troupes rwandaises de la RD Congo. Ce retrait
démarre le le 17 septembre à Kindu (centre-est), puis dans
le Nord-Katanga (sud-ouest), et a concerné 23.400 militaires rwandais
déployés sur le territoire congolais.
17 octobre : Le gouvernement rwandais demandent aux autorités
congolaises de démanteler le leadership des FDLR (Forces
démocratiques de libération du Rwanda, opposées au
régime de Kigali) pour faire appliquer pleinement laccord de
paix de Pretoria entre le Rwanda et la RD Congo.
17 décembre : signature, à Pretoria, de laccord
" global et inclusif " sur la transition en RD Congo.
Année
2003
7 janvier : au terme dun procès de neuf mois, la défunte
Cour dordre militaire (COM) a prononcé à Kinshasa 30
condamnations à mort à lencontre de personnes impliquées
dans lassassinat de Kabila.
Eddy Kapend, lancien aide de camp du défunt président,
a été condamné à mort avec 29 autres prévenus
pour "attentat, tentative de coup dEtat, complot, association
de malfaiteurs, disparition darmes de guerre, abandon de poste, trahison".
Ce procès, qui sest déroulé en partie à
huis clos, avait vu comparaître 135 "assassins présumés".
2 avril : clôture du dialogue intercongolais.
29 mai : Etienne Tshikedi appelle "les forces vives de la Nation",
y compris la police et les forces armées, à "combattre
farouchement la dictature de Joseph Kabila", dans un communiqué.
30 mai : la résolution 1484 du Conseil de sécurité
de lONU autorise la mise sur pied dune force de maintien de
la paix dans lIturi par lUnion européenne (UE). La France
a été choisie par lOnu pour être la nation-pilote
de cette opération baptisée "Artemis"
30 juin : formation du gouvernement dunion nationale qui est
chargé de préparer des élections qui viennent davoir
lieu le 30 juillet 2006.
R-J LIQUE
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