N° 236
du 01/10/2001

Sao Tome et Principe


Crise institutionnelle après l'élection
du président Fradique de Menezes, minoritaire à l'Assemblée
Probables législatives anticipées

On s'achemine vers des législatives anticipées, après la formation, le 26 septembre d'un gouvernement exclusivement composé de membres de l'opposition parlementaire.
Le Mouvement pour la libération de Sao Tomé et Principe (MLSTP), détenteur de la majorité absolue à l'Assemblée, ne "viabilisera pas" ce gouvernement "anti-constitutionnel" et a exigé la tenue immédiate d'élections législatives anticipées. Cette déclaration laisse planer peu de doutes sur les intentions du parti qui gouverne le pays depuis 1994: le MLSTP devrait censurer le nouveau gouvernement lorsqu'il présentera son programme à l'Assemblée nationale, à une date qui n'a pas encore été fixée.
Le nouveau président, Fradique de Menezes, largement élu fin juillet et issu comme son prédécesseur Miguel Trovoada (1991-2001) de l'Alliance démocratique indépendante (ADI, opposition), devra alors dissoudre l'Assemblée et convoquer des législatives anticipées dans un délai de trois mois.
L'exercice pourrait s'avérer périlleux pour le MLSTP, dont le candidat à la présidentielle du 29 juillet, l'ancien chef de l'Etat Manuel Pinto da Costa (1975-90), avait essuyé une cuisante défaite dès le 1er tour, ne recueillant que 39,98% des voix contre 55,19% pour Fradique de Menezes.
La crise institutionnelle vient d'ores et déjà de se traduire par la fin de la cohabitation à la française - inédite en Afrique -, en place à la tête de l'Etat depuis sept ans.
Le nouveau Premier ministre, Evaristo de Carvalho (ancien chef de cabinet du président Trovoada) a en effet formé, au lendemain de sa nomination et à la demande de M. de Menezes, un gouvernement ne comprenant aucun membre du MLSTP et chargé d'appliquer le programme de société du nouveau président.
La nouvelle équipe est composée de cinq représentants de l'ADI, dont le Premier ministre, de quatre membres du Parti pour la Convergence démocratique (PCD, majorité présidentielle) et d'un militaire de carrière sans étiquette à la Défense.
Elle est marquée par l'entrée au gouvernement du fils du président sortant, Patrice Trovoada, nommé ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, un portefeuille clef de cet Etat dépendant à 90% de l'aide internationale.
Cette crise consacre l'échec des négociations entamées entre la présidence et le MLSTP pour former une nouvelle équipe de cohabitation qui aurait tenu compte de la forte légitimité électorale de M. de Menezes. Devant l'impasse des discussions, le président a donc démis le 18 septembre le gouvernement de Guilherme Posser da Costa. De nouvelles négociations avec un ancien ministre des Affaires étrangères, Raphaël Branco (MLSTP), pressenti pour former un gouvernement de cohabitation, n'ont pu aboutir.


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