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On s'achemine vers des
législatives anticipées, après la
formation, le 26 septembre d'un gouvernement exclusivement
composé de membres de l'opposition parlementaire.
Le Mouvement pour la libération de Sao
Tomé et Principe (MLSTP), détenteur de la
majorité absolue à l'Assemblée, ne
"viabilisera pas" ce gouvernement "anti-constitutionnel" et
a exigé la tenue immédiate d'élections
législatives anticipées. Cette
déclaration laisse planer peu de doutes sur les
intentions du parti qui gouverne le pays depuis 1994: le
MLSTP devrait censurer le nouveau gouvernement lorsqu'il
présentera son programme à l'Assemblée
nationale, à une date qui n'a pas encore
été fixée.
Le nouveau président, Fradique de Menezes,
largement élu fin juillet et issu comme son
prédécesseur Miguel Trovoada
(1991-2001) de l'Alliance démocratique
indépendante (ADI, opposition), devra
alors dissoudre l'Assemblée et convoquer des
législatives anticipées dans un délai
de trois mois.
L'exercice pourrait s'avérer périlleux
pour le MLSTP, dont le candidat à la
présidentielle du 29 juillet, l'ancien chef de l'Etat
Manuel Pinto da Costa (1975-90), avait essuyé
une cuisante défaite dès le 1er tour, ne
recueillant que 39,98% des voix contre 55,19% pour Fradique
de Menezes.
La crise institutionnelle vient d'ores et
déjà de se traduire par la fin de la
cohabitation à la française - inédite
en Afrique -, en place à la tête de l'Etat
depuis sept ans.
Le nouveau Premier ministre, Evaristo de Carvalho
(ancien chef de cabinet du président Trovoada) a en
effet formé, au lendemain de sa nomination et
à la demande de M. de Menezes, un gouvernement ne
comprenant aucun membre du MLSTP et chargé
d'appliquer le programme de société du nouveau
président.
La nouvelle équipe est composée de cinq
représentants de l'ADI, dont le Premier ministre, de
quatre membres du Parti pour la Convergence
démocratique (PCD, majorité
présidentielle) et d'un militaire de carrière
sans étiquette à la Défense.
Elle est marquée par l'entrée au
gouvernement du fils du président sortant, Patrice
Trovoada, nommé ministre des Affaires
étrangères et de la Coopération, un
portefeuille clef de cet Etat dépendant à 90%
de l'aide internationale.
Cette crise consacre l'échec des
négociations entamées entre la
présidence et le MLSTP pour former une nouvelle
équipe de cohabitation qui aurait tenu compte de la
forte légitimité électorale de M. de
Menezes. Devant l'impasse des discussions, le
président a donc démis le 18 septembre le
gouvernement de Guilherme Posser da Costa. De nouvelles
négociations avec un ancien ministre des Affaires
étrangères, Raphaël Branco
(MLSTP), pressenti pour former un gouvernement de
cohabitation, n'ont pu aboutir.
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