Tchad
Saleh Kebzaboh

Président de l'UNDR (Union nationale pour le développement et le renouveau), son fief électoral est le Mayo-Kebbis, département du Sud du pays.
Sa carrière a sans cesse oscillé entre presse et politique : directeur à l'Agence tchadienne de presse (ATP), il fut sous le régime de feu le président Tombalbaye, membre du Mouvement démocratique pour la rénovation du Tchad (MDRT du Dr Outel Bono), puis journaliste à Jeune Afrique et à Demain l'Afrique et enfin créateur de N'Djaména Hebdo, le premier journal indépendant au Tchad.
Il fut expulsé du Cameroun par le régime du président Biya alors qu'il était consul à Douala, en raison de ses affinités avec l'ancien président camerounais, Ahidjo.
Candidat d’opposition au premier tour de la présidentielle de 1996, arrivé en troisième position au premeir tour, il se rallie entre les deux tours au président Déby, ce qui l'a conduit tout droit au gouvernement.
Quand le Tchad signe enfin un accord avec la Banque mondiale pour lancer le projet pétrolier, il déclare : "Nous nous félicitons de la décision de la Banque mondiale, parce que nous nous sommes toujours prononcés pour l'exploitation du pétrole tchadien".
Normal, Saleh Kebzaboh était à l'époque ministre d'Etat, ministre des Mines, de l'Energie et du Pétrole dans le gouvernement formé le 1er janvier 1998.
Mais il est limogé en mai de la même année et retourne dans l'opposition avec deux autres ministres de son parti. Depuis le début de l'année 1999, il a considérablement repris de la voix en tant qu'opposant.
Candidat à la présidentielle de 2001 (élection remportée officiellement par Idriss déby au premier tour), il est crédité de 7% des suffrages, si tant est que les résultats prononcés à l’époque par la commission électorale aient un sens.
Son parti, l’UNDR, est aujourdhui membre de la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC), qui regroupe une vingtaine de partis d’opposition qui ont boycotté la présidenteille de mars 2006 et qui appellent à la tenue d’un Forum national.
En décembre 2005, il a dressé un portrait au vitriol d’Idriss Déby, montrant à quel point la rupture entre le président et ses anciens partenaires semble irrémédiable.
Extrait : " Idriss Déby, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un monstre froid, sorti du néant pour être propulsé aux avant-postes et jouer un rôle pour lequel il n’était jamais préparé et dans lequel il s’est installé pour jouer cette partition sans jamais varier, et rebondir dans les situations les plus difficiles, avec cette baraka qui caractérise les hommes qui croisent un grand destin qu’ils n’incarnent jamais. Quel bilan peut-on faire de sa gestion? Les qualificatifs ne manquent pas : calamiteuse, désastreuse, aventureuse, minable, catastrophique, personnelle, clanique … "