N° 242
du 02/01/200

Tchad


Ca bouge sur tous les front... du dialogue
Youssouf Togoïmi reconduit "à l'unanimité"
à la présidence du MDJT prêt à négocier avec N'Djaména

L'ex-ministre tchadien de la Défense Youssouf Togoïmi a été reconduit "à l'unanimité" à la présidence du Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), a annoncé le 29/12/2001 le mouvement rebelle. Cette décision a été prise lors du premier congrès du principal mouvement rebelle tchadien qui s'est tenu du 11 au 19 décembre à Sebha en Libye.
M. Togoïmi dirigeait déjà sur le terrain ce mouvement rebelle qui harcèle depuis octobre 1998 l'armée gouvernementale tchadienne dans le Tibesti (nord), d'où il exigeait la démission du président Idriss Deby.
Adoum Maurice Hel-Bongo et Adoum Togoï, ancien ambassadeur du Tchad en Libye, ont été respectivement élus 1er et 2ème vice-président.
Le MDJT a annoncé le 25 décembre vouloir engager "des négociations de paix" avec le régime en place à N'Djamena, à l'appel du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Le président tchadien Idriss Deby a salué cette initiative et annoncé l'envoi prochain d'une délégation "pour dialoguer avec nos frères, et arriver à faire une paix juste, équitable et définitive".
"Nous affichons clairement notre volonté de restaurer la paix par des moyens pacifiques", a déclaré le nouveau porte-parole du MDJT, Taher Ali Mahamat.
Un émissaire du colonel Kadhafi, le général libyen Massoud Abdelhafiz, a déclaré de son côté lors d'une visite au Tchad et à l'issue d'une rencontre avec le président Idriss Deby, que le problème de la rébellion du Tibesti était "sur le point d'être réglé".
 
Le MNTR accuse le MDJT de "servir de tremplin" à Kadhafi au Tchad

Le Mouvement national du Tchad rénové (MNTR, opposition en exil) a accusé le MDJT de "servir de tremplin" à Kadhafi. Le secrétaire général de ce parti, Ali Muhammad Diallo, a condamné "le MDJT pour servir de tremplin au colonel Kadhafi vers son rêve constant de mettre coûte que coûte le Tchad sous tutelle".

Le MNTR a demandé "à la France amie de servir de facilitateur entre le général Idriss Deby et tous les acteurs politiques animés de volonté sincère et réelle pour une paix définitive dans la sécurité, la justice et le droit".
 
Le gouvernement et l'opposition "légale" renouent le dialogue

Le gouvernement et les partis politiques de l'opposition qui avaient rompu en novembre des discussions portant sur les législatives de 2002, ont renoué le dialogue le 21 décembre, à l'occasion d'une rencontre qualifiée "d'exploratoire". Etaient réunis autour du Premier ministre Nagoum Yamassoum, les présidents de quatre partis politiques qui avaient réclamé l'élargissement du débat à tous les sujets de la vie nationale.

Les formations concernées (URD, PLD, UNDR et UDR) avaient notamment posé comme préalable à la poursuite du dialogue entamé en novembre, la résolution des problèmes de la rébellion, de l'impunité, de la sécurité et de la bonne gouvernance, rappelle-t-on.
Gouvernement et opposition sont convenus de se retrouver pour approfondir les discussions en présence de toute la classe politique du Tchad.
 
Le gouvernement maintient le contact avec la CMAP
 
Le gouvernement tchadien et la Coordination de mouvements armés et partis politiques de l'opposition (CMAP) ont décidé eux de poursuivre leur dialogue en vue de "l'instauration d'une paix durable au Tchad".
Le président Idriss Deby avait rencontré le 15 décembre à Abéché (est) une délégation de ce groupe de mouvements d'opposition politico-militaires en exil, dont il a qualifié le plan de paix global de "positif". La prochaine rencontre entre les deux parties est programmée pendant la 2ème quinzaine de janvier 2002.
 
Début des opérations de révision "exceptionnelle " des listes électorales
 
Dans la perspective des élections législatives prévues en mars 2002, les opérations de révision des listes électorales ont débuté dans les huit arrondissements de la capitale N'Djamena.
Des bureaux ont été ouverts dans chaque arrondissement de la capitale, où sont disponibles des listes que la population peut consulter et vérifier.
Cette révision "exceptionnelle" vise exclusivement les personnes qui n'ont pas été inscrites lors du précédent recensement électoral qui a eu lieu du 29 janvier au 27 février 2001.
Cette révision suscite les critiques de quatre des cinq candidats malheureux à l'élection présidentielle du 20 mai dernier qui exigent la reprise totale du recensement électoral.


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