N° 242
du 02/01/200

Tchad


Plan de paix et crise à la CMAP

La Coordination des Mouvements et Partis Politiques de l'opposition du Tchad (CMAP), qui regroupe une douzaine de partis en exil s'est engagée début décembre dans des négociations de paix avec le gouvernement de N'Djaména.
Cette organisation a toutefois perdu quelque peu de son "poids" Tout d'abord avec le départ de Goukouni Weddeye (ancien président du Tchad et président du FROLINAT/CPR) et tout récemment avec la démission de son président Antoine Bangui, par ailleurs secrétaire général du Front Extérieur pour la Rénovation (FER).
Antoine Bangui a adressé sa lettre de démission à la CMAP justement à la suite de l'ouverture de ces discussions avec N'Djaména.
« En conformité avec le protocole d'accord de la CMAP signé par tous les membres de notre organisation, je me suis toujours opposé à cette politique dite de "dialogue" », a-t-il écrit à ses anciens partenaires pour expliquer sa démission. « Conformément aux statuts de la CMAP, je reste toujours partisan d'une paix globale négociée avec toute l'opposition, tant intérieure qu'extérieure, et je persiste à m'opposer à tout dialogue mené par un mouvement ou regroupement de mouvements avec le régime du général Idriss Deby dont on sait que la stratégie consiste justement à chercher à diviser l'opposition. », ajoute Antoine Bangui qui poursuit : « Entrer dans ce jeu me semble une dangereuse aberration à laquelle je ne saurais souscrire. Je renouvelle donc ici ma totale désapprobation avec cette orientation politique récemment adoptée par la majorité des membres de notre organisation. »
Aux dernières nouvelles, la CMAP ne désespérait pas toutefois de le faire revenir à la tête du mouvement, d'autant que l'autre mouvement rebelle, le MDJT a lui aussi engagé des négociations avec N'Djaména, et que ceux qui resteront à l'écart de toutes ses tractations risquent de se retrouver bien isolés.
 
Des "garanties" données au président Deby
 
Si le président Idriss Deby a jugé "positif" le plan de paix proposé par la CMAP à l'issue d'un entretien avec une délégation de ce mouvement, qui a eu lieu le 14 décembre, à Abéché dans l'est du Tchad, c'est avant tout parce que ses interlocuteurs lui ont donné l'assurance de le laisser finir son mandat présidentiel sans encombre.
Dans ses cartons, la délégation de la CMAP conduite par son Commissaire aux relations extérieures, le Dr Ley Ngardigal, avait une proposition de paix globale.
Selon Ley Ngardigal (par ailleurs dirigeant du parti ACTUS), le plan de paix proposé à Idriss Deby pourrait se dérouler en quatre phases :
- pour manifester sa volonté réelle de paix, le président Deby proclamerait une amnistie générale pour tous les exilés et autres opposants politico-militaires.
- à charge ensuite pour la CMAP de réunir toute l'opposition extérieure, pour mettre au point une plate-forme commune de négociations.
- une fois mise au point de cette plate-forme commune, s'ouvriraient des discussions avec le gouvernement de N'Djaména dans un pays tiers.
- enfin, si d'aventure, opposition et gouvernement arrivaient à un consensus, un plan définitif de paix serait entériner par le président Deby. Cet accord final devrait aussi être garanti, selon la CMAP, par des pays tiers (et l'on pense à la Libye), des bailleurs de fonds et des personnalités morales, comme ce fut par exemple le cas avec Mandela au Burundi.
Que gagnerait en échange l'opposition ? L'engagement du président Deby de ne pas modifier l'actuelle constitution tchadienne, qui, en l'état, ne lui permet pas de briguer un autre mandat de président en 2006. Si les négociations avancent dans ce sens, les opposants, du moins ceux que la CMAP aura convaincu , seraient prêts à participer à un gouvernement dit "de transition".


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