- La Coordination des
Mouvements et Partis Politiques de l'opposition du
Tchad (CMAP), qui regroupe une douzaine de
partis en exil s'est engagée début
décembre dans des négociations de paix avec
le gouvernement de N'Djaména.
- Cette organisation a toutefois perdu quelque peu de
son "poids" Tout d'abord avec le départ de
Goukouni Weddeye (ancien président du Tchad et
président du FROLINAT/CPR) et tout
récemment avec la démission de son
président Antoine Bangui, par
ailleurs secrétaire général du
Front Extérieur pour la Rénovation
(FER).
- Antoine Bangui a adressé sa lettre de
démission à la CMAP justement à la
suite de l'ouverture de ces discussions avec
N'Djaména.
- « En conformité avec le protocole
d'accord de la CMAP signé par tous les membres de
notre organisation, je me suis toujours opposé
à cette politique dite de "dialogue" »,
a-t-il écrit à ses anciens partenaires pour
expliquer sa démission. « Conformément
aux statuts de la CMAP, je reste toujours partisan d'une
paix globale négociée avec toute
l'opposition, tant intérieure
qu'extérieure, et je persiste à m'opposer
à tout dialogue mené par un mouvement ou
regroupement de mouvements avec le régime du
général Idriss Deby dont on sait que la
stratégie consiste justement à chercher
à diviser l'opposition. », ajoute Antoine
Bangui qui poursuit : « Entrer dans ce jeu me semble
une dangereuse aberration à laquelle je ne saurais
souscrire. Je renouvelle donc ici ma totale
désapprobation avec cette orientation politique
récemment adoptée par la majorité
des membres de notre organisation. »
- Aux dernières nouvelles, la CMAP ne
désespérait pas toutefois de le faire
revenir à la tête du mouvement, d'autant que
l'autre mouvement rebelle, le MDJT a lui aussi
engagé des négociations avec
N'Djaména, et que ceux qui resteront à
l'écart de toutes ses tractations risquent de se
retrouver bien isolés.
-
- Des "garanties" données au
président Deby
-
- Si le président Idriss Deby a
jugé "positif" le plan de paix proposé par
la CMAP à l'issue d'un entretien avec une
délégation de ce mouvement, qui a eu lieu
le 14 décembre, à Abéché dans
l'est du Tchad, c'est avant tout parce que ses
interlocuteurs lui ont donné l'assurance de le
laisser finir son mandat présidentiel sans
encombre.
- Dans ses cartons, la délégation de la
CMAP conduite par son Commissaire aux relations
extérieures, le Dr Ley Ngardigal, avait une
proposition de paix globale.
- Selon Ley Ngardigal (par ailleurs dirigeant du
parti ACTUS), le plan de paix proposé à
Idriss Deby pourrait se dérouler en quatre phases
:
- - pour manifester sa volonté réelle
de paix, le président Deby proclamerait une
amnistie générale pour tous les
exilés et autres opposants politico-militaires.
- - à charge ensuite pour la CMAP de
réunir toute l'opposition extérieure,
pour mettre au point une plate-forme commune de
négociations.
- - une fois mise au point de cette plate-forme
commune, s'ouvriraient des discussions avec le
gouvernement de N'Djaména dans un pays tiers.
- - enfin, si d'aventure, opposition et gouvernement
arrivaient à un consensus, un plan
définitif de paix serait entériner par
le président Deby. Cet accord final devrait
aussi être garanti, selon la CMAP, par des pays
tiers (et l'on pense à la Libye), des bailleurs
de fonds et des personnalités morales, comme ce
fut par exemple le cas avec Mandela au Burundi.
- Que gagnerait en échange l'opposition ?
L'engagement du président Deby de ne pas modifier
l'actuelle constitution tchadienne, qui, en
l'état, ne lui permet pas de briguer un autre
mandat de président en 2006. Si les
négociations avancent dans ce sens, les opposants,
du moins ceux que la CMAP aura convaincu , seraient
prêts à participer à un gouvernement
dit "de transition".
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