N° 243
du 18/01/2002

Tchad


Accord de "réconciliation" entre le MDJT et N'Djamena

Le principal mouvement rebelle tchadien, le Mouvement pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), et le gouvernement de N'Djamena ont conclu le 7 janvier 2002 à Tripoli un accord de "réconciliation", prévoyant un cessez-le-feu immédiat.
L'accord a été conclu au terme de trois jours de négociations dans la capitale libyenne par le ministre tchadien de l'Intérieur Abderahman Moussa, et Adam Togoï, dirigeant du MDJT, en présence du ministre libyen de l'Unité africaine Ali Abdel Salam Triki.
Il prévoit un cessez-le-feu immédiat, la libération par les deux parties des prisonniers qu'elles détiennent, des négociations sur la participation du MDJT au pouvoir et la fusion des rebelles dans les forces armées régulières.
La Libye, qui parraine ces négociations, a été chargée de superviser l'application de cet "accord de réconciliation".
L'accord prévoit la création d'un "comité politique" pour définir les modalités de la participation des rebelles au pouvoir et d'un "comité militaire" pour établir les mécanismes de fusion des forces rebelles dans l'armée.
Le MDJT, qui était représenté à ces négociations par son chef, Youssouf Togoïmi, avait annoncé le 25 décembre vouloir engager "des négociations de paix" avec le régime en place à N'Djamena, à l'appel du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Le MDJT harcèle depuis octobre 1998 l'armée tchadienne dans le massif désertique du Tibesti (nord), aux confins tchado-libyens, d'où il exigeait la démission du président Idriss Deby.
 
Le président Deby renoue aussi le dialogue avec son opposition
Fort de cet accord avec le MDJT, et des négociations en cours avec la CMAP (Coordination de mouvements armées et partis politiques de l'opposition), le président Idriss Deby a pu renouer le dialogue en position de force avec les partis de l'opposition légale sur les questions relatives à la paix, à l'insécurité et la reprise du recensement électoral.
Ces questions, posées comme préalables par l'opposition à sa participation aux élections législatives de 2002, ont été évoquées lors d'une rencontre de plus de quatre heures à N'Djaména.
Un consensus s'est dégagé sur la participation de l'opposition au programme du gouvernement sur la recherche de la paix.
"Le gouvernement, les partis politiques de l'opposition et la société civile doivent se retrouver ensemble pour arrêter un plan de travail avec toute l'opposition; c'est un point sur lequel nous sommes convenus", a annoncé le président Deby.
S'agissant du thème de l'insécurité, le président tchadien et les chefs des partis politiques d'opposition sont tombés d'accord pour une rencontre générale avec les responsables des départements.
"Nous avons décidé de faire une sorte de séminaire en convoquant l'ensemble des 28 chefs des départements et les commandants de légion de gendarmerie et leur donner un sauf-conduit qui permette à chaque acteur politique de se promener librement et de faire sa campagne", a indiqué Idriss Deby.
Les discussions ont achoppé sur la question de la reprise du recensement électoral, exigé par l'opposition, qui avait contesté la régularité de la réélection de M. Deby lors de l'élection présidentielle de mai 2201.
"Je suis prêt à mettre toutes les garanties possibles nécessaires pour assurer une transparence des élections", mais "je ne suis pas prêt à reporter les élections pour créer un vide juridique qui nous ramènerait en arrière", a déclaré M. Deby.
Le chef de l'Etat tchadien et les partis politiques de l'opposition se sont donné rendez-vous le 17 janvier pour une seconde rencontre.


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