Le président sortant, Idriss Deby, au
pouvoir depuis 1990,
élu en 1996 après une période de
transition de six ans.
Il brigue un second mandat de cinq ans. Il aura contre lui
six candidats
de l'opposition, parmi lesquels le président de
l'Assemblée nationale,
le général Wadal Abdelkader Kamougue, qui
avait affronté
le président Deby au second tour à la
dernière élection
présidentielle de 1996.
Idriss Deby
Président de la république sortant, et
candidat au nom de son parti, le Mouvement patriotique du
salut (MPS, parti au pouvoir).
Né en 1952 à Fada (nord-est du Tchad) d'un
père berger, il appartient à l'ethnie Zagawa
et il est de confession musulmane.
Une fois le baccalauréat obtenu, il entre
à l'école d'officiers de N'Djaména
avant de se rendre en France où il obtient en 1976
une licence de pilote professionnel.
Revenu au Tchad, il lie son destin politique à
l'ancien président Hissène Habre qui prendra
le pouvoir en 1982 en chassant Goukouni Weddeye.
En remerciement de son soutien, Idriss Deby obtient le
poste de commandant en chef de l'armée tchadienne. A
la tête de ses troupes, il s'oppose aux forces
pro-libyennes dans l'est du pays. En 1985, il suit les cours
de l'Ecole de Guerre à Paris et obtient, à son
retour, le poste de conseiller militaire du président
Habre.
Quatre ans plus tard, les rapports entre les deux hommes
se détériorent et Idriss Deby gagne la Libye,
puis le Soudan, où il lève sa propre force
armée, le Mouvement patriotique de Salut (MPS). Il
renverse Hissène Habre et se fait nommer chef de
l'Etat en décembre 1990.
Il troque alors le treillis contre le costume civil et
fait du MPS un parti politique.
Il a reçu le soutien de Lol Mahamat Choua, ancien
président tchadien (4 mois en 1979) et actuellement
leader du Rassemblement pour la démocratie et le
progrès (RDP), qui avant ce soutien était dans
l'opposition. Lol Mahamat Choua avait obtenu 5,69 % des
suffrages au premier tour de la présidentielle de
1996 et ne se présente pas cette fois. Il pourrait
apporter à Idriss Deby une partie des voix des
préfectures du Kanen et du Lac, ses fiefs
électoraux du passé.
Saleh Kebzabo
51 ans, ancien ministre d'Etat à l'Agriculture du
président Deby, limogé le 8 avril 2001. Saleh
Kebzabo, candidat en 1996, avait obtenu 8,53 % au premier
tour, mais avait appelé à voter pour le
président Deby au second tour, ce qui lui avait
permis d'entrer au gouvernement. Certaines sources avancent
qu'il a décidé de se porter candidat cette
année après avoir négocié en
vain un poste de Premier ministre avec le
président.
Saleh Kebzabo est le résident de l'Union
nationale pour le développement et le renouveau
(UNDR). Son fief électoral est le Mayo-Kebbi.
Sa carrière a sans cesse oscillé entre
presse et politique : directeur à l'Agence tchadienne
de presse (ATP), il fut sous le régime de feu le
président Tombalbaye, membre du Mouvement
démocratique pour la rénovation du Tchad (MDRT
du Dr Outel Bono), puis journaliste à Jeune Afrique
et à Demain l'Afrique. Créateur de
N'Djaména Hebdo, le premier journal
indépendant au Tchad. Il fut aussi membre du
gouvernement Moungar.
Dans le passé, il fut expulsé du Cameroun
alors qu'il était consul à Douala, en raison
de ses affinités avec l'ancien président
camerounais, Ahidjo.
Kassire Coumakoye
Ancien Premier ministre de Deby entre octobre 1993 et
mars 1995.
Candidat de son parti, le Rassemblement national pour le
développement et le progrès (Viva-RNDP,
actuellement dans l'opposition), qu'il a fondé en
1992. Viva-RNDP n'a aucun député à
l'Assemblée.
A l'élection de 1996, il avait mené sa
campagne électorale depuis la prison où il
était détenu après avoir
été condamné le 22 mars à trois
mois de prison dans des conditions controversées pour
"détention illégale d'armes".
Âgé de 51 ans, son fief électoral
est la Tandjilé dans le sud. Il est docteur en droit
public, diplômé de la Sorbonne (Paris). Il
avait commencé sa carrière comme
administrateur civil avant d'être promu inspecteur
général de l'administration.
Premier ministre de novembre 1993 à avril 1995.
Il tient une sérieuse rancune vis à vis du
président Deby, qui a "orchestré" son
limogeage du poste de Premier ministre par la Conseil
supérieur de transition. Tonitruant, le personnage ne
passe jamais inaperçu.
Wadal Abdelkader Kamougue
Président de l'Assemblée nationale et chef
de l'Union pour le renouveau et la démocratie
(URD)
Abdelkader Wadal Kamougue, qui affronte pour la
deuxième fois le président Idriss Deby est un
vieux routier de la politique au Tchad.
Ministre dès 1975, il le sera de nouveau sous
tous les régimes qui se sont succédé au
Tchad en vingt ans de guerres civiles.
Il est né en 1939 à Bitam, au Gabon,
où son père servait dans l'armée
française, mais il appartient à l'ethnie
Mbaye, branche du groupe Sara, un des plus importants du sud
tchadien animiste et chrétien.
Attiré très tôt par l'armée,
il entre à l'Ecole des Enfants de Troupe
Général Leclerc, à Brazzaville, et
suivra une formation militaire classique qui le conduira
à Saint-Cyr, en France, pays où il obtiendra
également un diplôme de criminologie.
En 1975, il fait partie des putschistes qui renversent
François-Ngarta Tombalbaye, président depuis
l'indépendance, lors du premier d'une longue
série de coups d'Etat.
Ironie de l'histoire, son épouse est une
nièce de Tombalbaye.
Il devient ensuite ministre des Affaires
étrangères et membre du conseil
supérieur militaire présidé par le
général Félix Malloum.
Evincé du gouvernement en 1978 lorsque
Hissène Habre devient Premier ministre, puis
relevé du commandement de la Gendarmerie qu'il avait
ensuite reçu, il rompt alors avec le pouvoir et se
replie dans le sud.
Il crée les Forces armées tchadiennes
(FAT) et se déclare prêt à la
sécession du sud. C'est l'époque où il
dirige les fameux "codos", rebelles du Sud.
Mais en 1979, la table ronde intertchadienne de Lagos
aboutit à la création du Gouvernement d'Union
nationale de Transition du Tchad (GUNT) sous la
présidence de Goukouni Weddeye. Kamougue en sera
vice-président.
Quand Hissène Habre chasse Goukouni Weddeye de
N'Djaména et du pouvoir, en 1982, il tente de se
réfugier dans le sud, puis quitte le pays avant de
rejoindre Goukouni Weddeye, qui à Bardaï, dans
le nord, continue à affirmer qu'il est le
véritable chef de l'Etat.
Mais début 1987, Kamougue, qui a
créé le Mouvement révolutionnaire du
Peuple (MRP), annonce son retour à N'Djaména
et son ralliement à Hissène Habre. Il
deviendra ministre de l'Agriculture.
Après l'arrivée au pouvoir d'Idriss Deby,
puis l'autorisation des partis politiques, il crée
l'Union pour le Renouveau et la Démocratie (URD), qui
se classe dans l'opposition. Il participe à la
conférence nationale et sera à plusieurs
reprises membre des gouvernements qui seront formés
sous le régime de la Transition.
A l'élection de 1996, il a obtenu 11 % au premier
tour et 30,91 % au deuxième tour.
Ibn Oumar Mahamat Saleh
Président du Parti pour les libertés et le
développement (PLD).
Le seul candidat "non-sudiste" à part le
président Deby.
Ancien ministre du Plan sous le régime du
président Hissène Habre puis de Idriss Deby,
Mahamat Saleh, originaire de Biltine (est) il pourrait
prendre des voix aux dépends du président Deby
dans l'est du pays.
Jean-Bawoyeu Alingué
Président de l'Union pour la démocratie et
la République (UDR);
Le "vieux sage". Son fief électoral, la
Tandjilé. Ancien inspecteur principal du
Trésor, il fit un passage au FMI, puis fut
ambassadeur aux Etats Unis et à Paris.
Président de l'Assemblée nationale en
1989, et ex-Premier ministre aussi. Originaire du Sud.
Ngarledjy Yorongar
Chef de la Fédération action pour la
République (FAR).
Farouche partisan du fédéralisme,
Ngarledjy Yorongar est l'unique député de son
parti.
Opposant radical au président Idriss Deby, ancien
ministre sous Hissène Habre, il est élu de la
circonscription de Bebidjia (Logone oriental, sud), qui
abrite la localité de Doba, d'où sera extrait
le pétrole tchadien à partir de début
2003.
Rendu populaire par ses diatribes vigoureuses, ce
chrétien, adepte du fédéralisme et ami
déclaré du député
écologiste français Noël Mamère,
se présente comme écologiste, défenseur
des droits de l'Homme et pourfendeur de réseaux
France-Afrique.
Trois partis fédéralistes, le Parti
africain pour la paix et la justice sociale (PAP/JS), le
Mouvement pour l'unité et la démocratie (MUDT)
et le Parti pour la démocratie et
l'indépendance intégrale (PDI), ont
signé un protocole d'accord avec Yorongar, accord qui
stipule qu'"en cas de victoire, toutes les forces ayant
contribué à cette victoire géreront
ensemble le pays au niveau du gouvernement de
l'administration centrale et territoriale et les
sociétés publiques et parapubliques". Ces
trois partis qui le soutiennent n'ont pas d'élu
à l'Assemblée et sont tous trois
implantés dans le sud du pays.
Le Front national du Tchad rénové (FNTR,
rébellion) lui a aussi apporté son soutien.
Implanté à l'est du pays, le FNTR qui
revendique quelque 400 combattants, est néanmoins
beaucoup moins actif sur le plan militaire que le Mouvement
pour la démocratie et la justice au Tchad (MDJT), qui
harcèle les forces gouvernementales dans le Tibesti
(nord) depuis octobre 1998.
Une huitième candidature, celle du
président du petit parti Lingui, Ibrahim Ahmed
Koulamalha, a été rejetée pour
"défaut de cautionnement".
|