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Ahmed Dini Ahmed, 70 ans, éphémère premier Premier ministre à lindépendance de Djibouti en 1977 puis leader des rebelles Afars dans les années 1990, est aujourdhui le chef de lopposition.
Le vieil homme affable et posé, aussi bien en leader indépendantiste sous la colonisation française quà la tête de la rébellion armée vingt cinq ans plus tard, a été la cible dune violente diatribe de la part de ses adversaires politiques depuis le début de la campagne.
Le pouvoir du président Ismaël Omar Guelleh redoutait son charisme.
Tête de liste des candidats de quatre partis de lopposition ralliés sous lemblème de lUnion pour lAlternance Démocratique (UAD), Ahmed Dini espèrait retrouver le poste de premier ministre quil avait occupé six mois seulement au lendemain de lindépendance de Djibouti, de juin à décembre 1977.
Brillant orateur, Ahmed Dini, la barbe blanche toujours impeccablement taillée, séduit les foules qui viennent en nombre écouter ses discours de campagne.
Ancien président du mouvement de la rébellion afar du Front pour la Restauration de lUnité et de la Démocratie (FRUD), qui a bien failli renverser le pouvoir du président Hassan Gouled Aptidon au début des années 1990, Ahmed Dini a surtout été lun des principaux artisans de lindépendance, au côté de Hassan Gouled qui en a fait son premier Premier ministre en 1977.
M. Dini a regagné Djibouti en mars 2000 au terme dun exil de près de dix ans, entamé peu après le déclenchement de la rébellion afar en 1991.
Et le voilà reparti, vieilli mais infatigable, pour tenter de souder une opposition jusqualors désunie et à la recherche dun chef charismatique.
Né en 1932 dans le district dObock, dans le nord, aide-laborantin de formation, il sengage rapidement dans laction syndicale. Je fais de la politique depuis cinquante ans et jai commencé à lépoque où les Djiboutiens marchaient pieds nus et les expatriés étaient véhiculés, se plaît-il à rappeler.
Après avoir été député dès 1959 à lAssemblée territoriale de la Côte Française des Somalis (CFS) et deux fois ministre du gouvernement territorial, il devient, de 1967 à 1977, avec Hassan Gouled, lun des plus farouches opposants du gouvernement territorial dAli Aref Bourhan, qui assoit son autorité grâce à lappui des autorités coloniales françaises.
Le 8 mai 1977, les Djiboutiens disent oui à lindépendance lors dun référendum et cest à M. Dini quil revient dannoncer à lAssemblée nationale française la naissance dun nouvel Etat. Six mois plus tard, il claque la porte du gouvernement.
En 1982, il tente de créer un parti dopposition et est arrêté.
En 1991, Il rejoint la guérilla du FRUD et est rapidement propulsé à sa tête pour son expérience et son charisme.
Après avoir effleuré la victoire, le FRUD se décompose. Son aile modérée, aujourdhui dans la coalition gouvernementale, signe un accord de paix en 1994 avec M. Guelleh, successeur de M. Gouled.
M. Dini reste à la tête de laile radicale et ne signera laccord de paix définitif quen 2001.
A la faveur de lentrée en vigueur du multipartisme en septembre dernier, le vieux routard de la politique djiboutienne créée lAlliance Républicaine pour le Développement (ARD), pillier de lUAD.
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