N° 270
du 20/05/2003

Kenya


La KHRC veut poursuivre la Grande Bretagne en justice

La Commission des droits de l’Homme du Kenya (KHRC) se prépare à poursuivre en justice la Grande-Bretagne, pour tenter d’obtenir des compensations pour des violations des droits de l’Homme, qui auraient été commises dans les années 50 et 60, pendant la guerre d’indépendance du Kenya.
“La KHRC a commencé des auditions d’anciens combattants Mau Mau, de victimes et de survivants à la torture et à l’emprisonnement, dans le but de rédiger une plainte contre le gouvernement britannique, qui aura valeur de test pour ensuite réclamer d’éventuelles réparations”, a annoncé le directeur général de KHRC, Willy Mutunga.
Selon Willy Mutunga, il existe des preuves accablantes montrant que la Grande Bretagne avait violé les droits de l’Homme, en voulant réprimer l’insurrection en faveur de l’indépendance du pays, consécutive à la déclaration par les Britanniques de l’état d’urgence au Kenya en 1952.
“La Grande Bretagne s’est rendue coupable des pires atrocités après avoir déclaré l’état d’urgence au Kenya en 1952, pour tenter de mettre fin à la guerre populaire d’indépendance menée par les Mau Mau, et dans la volonté de reprendre le contrôle du pays”, a-t-il rappelé.
Selon la presse britannique, des enquêteurs du ministère de la Défense anglais sont en train d’examiner si la réponse apportée par la Grande Bretagne à la guerre d’indépendance constituait une violation de la Convention de Genève.
En novembre 2002, au moins 1500 vétérans de la guerre d’indépendance Mau Mau avaient attesté au cabinet d’avocats Martin Day, basé à Londres, que des violations des Droits de l’Homme et des actes de torture avaient été commis par les Britanniques.
Le cabinet Martin Day avait déjà obtenu en juillet 2002 lors d’un précédent procès, le versement d’une indemnité de 4.5 millions de livres (environ sept millions d’euros) à des membres des tribus kenyanes Masai et Samburu, en réparation des cortèges de morts et de blessés provoqués par le matériel militaire laissé par les soldats britanniques.
L’avocat londonien enquête également, en collaboration avec la police militaire britannique sur les viols en réunion d’environ 200 kenyanes qui auraient été commis par les troupes britanniques alors qu’elles étaient en camp d’entraînement entre 1970 et 2000.


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