N°258
du 04/11/2002

Kenya


Mwai Kibaki, un vétéran de la politique

Mwai Kibaki, l’ancien vice-président de la République choisi par la coalition de la majeure partie de l’opposition pour la représenter à l’élection présidentielle de fin décembre, est un économiste respecté, présent dans l’arène politique depuis quatre décennies.
Agé de 71 ans, ce vétéran de la politique a servi les deux présidents que le Kenya a connus depuis son indépendance en 1963: Jomo Kenyatta, jusqu’à sa mort en 1978, et son successeur Daniel arap Moi.
Ironie du sort, M. Kibaki sera confronté en décembre au fils de son ancien “patron”, Uhuru Kenyatta, 41 ans, candidat du parti au pouvoir, l’Union nationale africaine du Kenya (KANU). M. Kibaki s’est déjà présenté au scrutin présidentiel à deux reprises, en 1992 et 1997, mais a été battu à chaque fois par arap Moi.
Le candidat de la Coalition nationale Arc-en-Ciel, qui regroupe une douzaine de partis, est né en 1931 dans la ville de Nyeri, près du Mont Kenya, et appartient à l’ethnie des Kikuyu, comme Jomo et Uhuru Kenyatta.
Sous le règne de Jomo Kenyatta, les Kikuyus, principal groupe ethnique du pays, avaient une place prédominante dans la politique et l’économie.
Après des études supérieures en Ouganda et à la London School of Economics, une grande école britannique, le jeune Mwai Kibaki était revenu en Afrique en tant que professeur à l’université Makarere, à Kampala (Ouganda), où il avait été étudiant.
Au début des années 60, il avait abandonné l’enseignement pour participer à la lutte pour l’indépendance du Kenya, ancienne colonie britannique, et avait notamment aidé à la rédaction de la première constitution du pays.
Entré au Parlement dès l’année de l’indépendance en 1963, il ne l’a jamais quitté depuis.
En 1966, sa formation d’économiste lui vaut d’être nommé ministre du Commerce et de l’Industrie.
Trois ans plus tard, il décroche le portefeuille prestigieux des Finances, qu’il occupe jusqu’en 1982, longue période de prospérité pour le Kenya, tout en devenant vice-président de la République, titre qu’il garde en passant des Finances à l’Intérieur jusqu’en 1988.
Il assure aussi de 1978 à 1991 la vice-présidence de la KANU, au pouvoir depuis l’indépendance, devenant ainsi un proche du président Moi.
L’ouverture au multipartisme en 1991 change tout. Il quitte le parti au pouvoir et rejoint l’opposition, créant le Parti démocratique, qu’il dirige toujours.
Passionné de golf, possédant plusieurs plantations de fleurs, activité très lucrative au Kenya, il est le leader officiel de l’opposition depuis 1997.
Conscient que seule l’unité de l’opposition mettra un terme à la domination de la KANU, il a poussé au regroupement des opposants dans une grande alliance dont il portera les couleurs fin décembre.


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