|
George Saitoti, nommé ministre de lEducation, des Sciences et de la Technologie, a été le vice-président de lex-président Daniel arap Moi pendant 13 ans, avant de tomber en disgrâce et de relancer sa carrière dans lopposition.
M. Moi lavait destitué fin août, dun communiqué très sec.
Cétait lui qui lavait sorti de lanonymat, en 1983, faisant un député de ce professeur de mathématiques de luniversité de Nairobi.
Ministre des Finances, puis de la Planification, il a été nommé vice-président de 1988 à 1997, puis à nouveau à compter davril 1999.
Il était aux Finances lors dun des plus grands scandales financiers du pays : le pillage des coffres du Kenya par un homme daffaires qui avait réussi à détourner 200 millions de dollars de primes à lexportation pour des ventes dor et de diamants. Laffaire Goldenberg, du nom de la firme soupçonnée de ces transactions, et dans laquelle a été impliquée la Banque centrale, est devenue le symbole de la corruption des élites au Kenya.
M. Saitoti a été humilié par M. Moi à deux reprises dans les derniers mois de leur collaboration.
En mars 2002, tous les téléspectateurs kényans ont pu constater sa surprise et sa colère quand il a constaté, au cours même de la cérémonie officielle, quil ne figurait pas au nombre des quatre vice-présidents du parti au pouvoir, lUnion nationale africaine du Kenya (Kanu).
Peu après, M. Moi déclarait publiquement que son vice-président navait pas létoffe dun successeur, malgré toute lamitié quil lui portait.
Fin août, M. Saitoti était démis de ses fonctions de vice-président et de ministre de lIntérieur, peu après avoir annoncé quil se lançait dans la course à la présidentielle. Le 14 octobre, devant une foule immense réunie à Nairobi, et aux côtés dautres dissidents de la Kanu, il figurait parmi les fondateurs de la Coalition nationale Arc-en-ciel (Narc), qui désignait Mwai Kibaki comme candidat à la présidentielle.
|