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Les quelque 240.000 enseignants du primaire et du secondaire du Syndicat national des enseignants du Kenya (KNUT) ont déclenché le 23 septembre une grève générale illimitée pour obtenir une augmentation de salaire promise par le gouvernement. Les enseignants du KNUT, principal syndicat du secteur, reprochent au gouvernement davoir failli à sa promesse dune augmentation des salaires de 200%, accordée en 1997 après la grève quils avaient déclenchée à lapproche de lélection présidentielle organisée cette année-là.
Laugmentation des salaires devait être échelonnée sur cinq ans, mais le gouvernement na payé quune première tranche en 1997, refusant de verser celle de 1998 en invoquant des raisons budgétaires, malgré une nouvelle grève de deux nouvelles semaines des enseignants.
Le ministre de lEducation, Henry Kosgei, a appelé les enseignants à renoncer à leur projet de grève en signe de patience et patriotisme. Quant au président Moi, il a déclaré que satisfaire les revendications des enseignants était impossible, compte tenu de létat défavorable de léconomie.
A trois mois de lélection présidentielle, cette grève pourrait tourner à la grève générale, selon les dirigeants syndicaux du pays. La Confédération syndicale nationale (Central Organisation of Trade Unions, COTU) a exprimé en effet son soutien total à la grève lancée par le KNUT et menace de grève générale à lappui.
Si la Commission du personnel enseignant (gouvernementale, ndlr) nhonore pas laccord sur les salaires dans les 14 jours, la COTU appellera à une grève générale à léchelon national, a averti la Confédération.
La grève des enseignants survient en une période sensible au Kenya, à trois mois des élections générales et dun scrutin présidentiel qui doit marquer le départ du président Moi.
La campagne électorale risque de provoquer léclatement du parti présidentiel, lUnion nationale africaine du Kenya (KANU), au pouvoir depuis lindépendance, en 1963.
Des contestataires, rassemblés sous la bannière de lAlliance arc-en-ciel, défient M. Moi en sopposant au dauphin, Uhuru Kenyatta, fils du président fondateur du Kenya indépendant.
Le risque est dautant plus grand pour la KANU que les partis dopposition, incapables de sunir depuis que la loi les a autorisés à exister, en 1991, y sont enfin parvenus, saccordant sur un candidat commun, lancien vice-président Mwai Kibaki.
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