N°256
du 02/10/2002

Kenya


Promesse non tenue …
240.000 enseignants lancent une grève illimitée

Les quelque 240.000 enseignants du primaire et du secondaire du Syndicat national des enseignants du Kenya (KNUT) ont déclenché le 23 septembre une grève générale illimitée pour obtenir une augmentation de salaire promise par le gouvernement. Les enseignants du KNUT, principal syndicat du secteur, reprochent au gouvernement d’avoir failli à sa promesse d’une augmentation des salaires de 200%, accordée en 1997 après la grève qu’ils avaient déclenchée à l’approche de l’élection présidentielle organisée cette année-là.
L’augmentation des salaires devait être échelonnée sur cinq ans, mais le gouvernement n’a payé qu’une première tranche en 1997, refusant de verser celle de 1998 en invoquant des raisons budgétaires, malgré une nouvelle grève de deux nouvelles semaines des enseignants.
Le ministre de l’Education, Henry Kosgei, a appelé les enseignants à renoncer à leur projet de grève en signe de “patience et patriotisme”. Quant au président Moi, il a déclaré que satisfaire les revendications des enseignants était “impossible, compte tenu de l’état défavorable de l’économie”.

A trois mois de l’élection présidentielle, cette grève pourrait tourner à la grève générale, selon les dirigeants syndicaux du pays. La Confédération syndicale nationale (Central Organisation of Trade Unions, COTU) a exprimé en effet son “soutien total” à la grève lancée par le KNUT et menace de grève générale à l’appui.
“Si la Commission du personnel enseignant (gouvernementale, ndlr) n’honore pas l’accord sur les salaires dans les 14 jours, la COTU appellera à une grève générale à l’échelon national”, a averti la Confédération.
La grève des enseignants survient en une période sensible au Kenya, à trois mois des élections générales et d’un scrutin présidentiel qui doit marquer le départ du président Moi.
La campagne électorale risque de provoquer l’éclatement du parti présidentiel, l’Union nationale africaine du Kenya (KANU), au pouvoir depuis l’indépendance, en 1963.
Des contestataires, rassemblés sous la bannière de l’Alliance arc-en-ciel, défient M. Moi en s’opposant au “dauphin”, Uhuru Kenyatta, fils du président fondateur du Kenya indépendant.
Le risque est d’autant plus grand pour la KANU que les partis d’opposition, incapables de s’unir depuis que la loi les a autorisés à exister, en 1991, y sont enfin parvenus, s’accordant sur un candidat commun, l’ancien vice-président Mwai Kibaki.


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