N° 247
du 02/04/2002

Kenya


Important remaniement
au parti au pouvoir avant les élections

Le parti au pouvoir depuis l'indépendance au Kenya, la KANU, a considérablement remanié le 18 mars son équipe dirigeante et absorbé un ancien parti de l'opposition au cours d'une réunion historique, premier pas vers la désignation d'un candidat à la succession du chef de l'Etat, Daniel arap Moi.
L'Union nationale africaine du Kenya (KANU) a élu sa nouvelle équipe dirigeante à Nairobi au cours d'une conférence nationale à quelques mois des élections générales, qui doivent se tenir avant la fin de l'année.
Entassés dans le stade de Kasarani, à la sortie nord de Nairobi, quelque 4.500 délégués de la KANU et 1.500 délégués du Parti du développement national (National Development Party, NDP), ont voté par acclamation.
Le NDP est un ancien parti d'opposition qui s'est rallié de fait au parti du président Moi dès 1997 en votant systématiquement à ses côtés au Parlement.
Le NDP, dont la fusion avec la KANU était annoncée de longue date, a prononcé sa dissolution, en présence de son président, Raila Odinga, devenu ministre de l'Energie en juin 2001, bien qu'il ait passé de nombreux mois en prison sous le régime de M. Moi dont il a été longtemps le plus farouche opposant.
M. Moi, à la tête du pays depuis 24 ans mais aussi président de la KANU, assistait à la conférence nationale de ce mouvement, parti unique depuis l'indépendance du Kenya en 1963 jusqu'en 1992.
Il s'agissait des premières élections à la KANU en 12 ans, un scrutin précédé par d'intenses tractations, marchandages de voix et retournements de dernière minute.
 
M. Odinga a été élu secrétaire général de la KANU à la place du vétéran Joseph Kamotho, qui s'est retiré de la course au dernier moment après 13 ans à ce poste.
Sans surprise également, M. Moi a été unanimement réélu à la présidence.
M. Moi, en vertu de la constitution, n'a pas le droit de se présenter de nouveau à la présidentielle de décembre et la bataille pour sa succession fait rage au sein de la KANU.
Comme depuis plusieurs mois, il a réitéré sa préférence pour une relève de la jeune garde du parti en rappelant que 80% des Kenyans sont âgés de moins de 35 ans.
Le vice-président kenyan George Saitoti a été l'une des principales victimes de ce remaniement et rajeunissement: il a perdu son poste de premier vice-président du parti en renonçant au tout dernier moment à briguer un nouveau mandat après le désaveu de nombre de dirigeants historiques du parti.
M. Saitoti était l'un des candidats pressentis à la succession de M. Moi mais ce dernier, qui l'a longtemps présenté comme son dauphin, ne lui a plus manifesté aucun soutien depuis de nombreux mois.
L'un des leaders des "jeunes turcs" de la KANU, Uhuru Kenyatta, 39 ans, fils du fondateur et premier président du Kenya indépendant, Jomo Kenyatta, a été propulsé, lui, à l'une des quatre vice-présidence du parti.
L'ascension fulgurante de M. Kenyatta (il a été nommé député, puis ministre des Collectivités locales en novembre dernier) en fait le nouveau dauphin de M. Moi.
Les trois autres nouveaux vice-présidents de la KANU sont également issus de la génération des "jeunes turcs".


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