- Le parti au pouvoir
depuis l'indépendance au Kenya, la KANU, a
considérablement remanié le 18 mars son
équipe dirigeante et absorbé un ancien
parti de l'opposition au cours d'une réunion
historique, premier pas vers la désignation d'un
candidat à la succession du chef de l'Etat,
Daniel arap Moi.
- L'Union nationale africaine du Kenya (KANU) a
élu sa nouvelle équipe dirigeante à
Nairobi au cours d'une conférence nationale
à quelques mois des élections
générales, qui doivent se tenir avant la
fin de l'année.
- Entassés dans le stade de Kasarani, à
la sortie nord de Nairobi, quelque 4.500
délégués de la KANU et 1.500
délégués du Parti du
développement national (National Development
Party, NDP), ont voté par acclamation.
- Le NDP est un ancien parti d'opposition qui s'est
rallié de fait au parti du président Moi
dès 1997 en votant systématiquement
à ses côtés au Parlement.
- Le NDP, dont la fusion avec la KANU était
annoncée de longue date, a prononcé sa
dissolution, en présence de son
président, Raila Odinga, devenu ministre
de l'Energie en juin 2001, bien qu'il ait
passé de nombreux mois en prison sous le
régime de M. Moi dont il a été
longtemps le plus farouche opposant.
- M. Moi, à la tête du pays depuis 24 ans
mais aussi président de la KANU, assistait
à la conférence nationale de ce mouvement,
parti unique depuis l'indépendance du Kenya en
1963 jusqu'en 1992.
- Il s'agissait des premières élections
à la KANU en 12 ans, un scrutin
précédé par d'intenses tractations,
marchandages de voix et retournements de dernière
minute.
-
- M. Odinga a été élu
secrétaire général de la KANU
à la place du vétéran Joseph
Kamotho, qui s'est retiré de la course au
dernier moment après 13 ans à ce poste.
- Sans surprise également, M. Moi a
été unanimement réélu
à la présidence.
- M. Moi, en vertu de la constitution, n'a pas le droit
de se présenter de nouveau à la
présidentielle de décembre et la bataille
pour sa succession fait rage au sein de la KANU.
- Comme depuis plusieurs mois, il a
réitéré sa préférence
pour une relève de la jeune garde du parti en
rappelant que 80% des Kenyans sont âgés de
moins de 35 ans.
- Le vice-président kenyan George Saitoti
a été l'une des principales victimes de
ce remaniement et rajeunissement: il a perdu son poste de
premier vice-président du parti en
renonçant au tout dernier moment à briguer
un nouveau mandat après le désaveu de
nombre de dirigeants historiques du parti.
- M. Saitoti était l'un des candidats pressentis
à la succession de M. Moi mais ce dernier, qui l'a
longtemps présenté comme son dauphin, ne
lui a plus manifesté aucun soutien depuis de
nombreux mois.
- L'un des leaders des "jeunes turcs" de la KANU,
Uhuru Kenyatta, 39 ans, fils du fondateur et premier
président du Kenya indépendant, Jomo
Kenyatta, a été propulsé, lui,
à l'une des quatre vice-présidence du
parti.
- L'ascension fulgurante de M. Kenyatta (il a
été nommé député, puis
ministre des Collectivités locales en novembre
dernier) en fait le nouveau dauphin de M. Moi.
- Les trois autres nouveaux vice-présidents de
la KANU sont également issus de la
génération des "jeunes turcs".
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