N° 241
du 17/12/2001

Kenya


40 morts dans des affrontements entre tribus au sud-est

La police kényane a entamé le désarmement de miliciens tribaux impliqués dans les récents affrontements communautaires, qui ont fait plus de 50 morts dans le district reculé de Tana River (sud-est), sur la côte kényane. Au cours du seul week-end du 9 décembre, quatorze personnes ont été tuées.
Le gouvernement veut par-là éviter de futurs affrontements entre éleveurs Werdei et Orma et agriculteurs Pokomo à propos de terres.
Plus de 50 personnes ont été tuées au cours de trois semaines de violences dans le district de Tana River, situé à 450 km au nord-est de la capitale Nairobi, des violences qui ont fait 90 morts au total depuis le mois de janvier 2001.
Les deux communautés réclament des droits exclusifs sur les terres et l'accès aux cours d'eau qui traversent le district.
Des réunions de pacification ont été organisées pour calmer les esprits dans le district. 15 personnes, suspectées d'être impliquées dans les récentes violences, sont en détention, et devraient être inculpées.
Des responsables religieux, qui hébergent nombre de ceux ayant fui les violences, ont fait part de leur scepticisme vis-à-vis des mesures de sécurité qui ont été prises.
Dans la Mission catholique de Tarasaa, près de 800 personnes ont trouvé refuge.
 
Certains responsables locaux voient, dans l'intensification récente de ces affrontements malgré la présence d'importantes forces de sécurité, une manipulation politique des deux communautés. Des chefs Pokomo ainsi que des responsables religieux, chrétiens ou musulmans, ont accusé à plusieurs reprises le gouvernement d'être parfaitement au courant que les leaders Orma incitaient leur communauté à attaquer les Pokomo.
Ainsi, un membre de la hiérarchie des Anciens chez les Orma, Michael Nkaduda, demande au gouvernement d'enquêter sur des informations selon lesquelles des policiers réservistes Wardei, un sous-clan Orma, prêtent des armes à feu aux membres de leur tribu. "Des témoins peuvent confirmer que des fusils-mitrailleurs G3 ont été utilisés au cours des raids, or, ce sont des armes utilisées par les forces de sécurité du gouvernement", a assuré M. Nkaduda.


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