N° 241
du 17/12/2001

Kenya


Viols et émeutes à Kibera

Une vingtaine d'associations de défense des femmes, emmenées par une députée de l'opposition, Beth Mugo, député du Parti Social-Démocrate (SDP), ont affirmé lque des centaines de femmes et d'enfants ont été violés par des émeutiers et des policiers durant les affrontements le mardi 4 décembre dans un bidonville de Nairobi, qui ont fait entre 5 et 11 morts.
Dans une adresse au parlement, Mme Mugo et les associations ont assuré que que ces "violences sexuelles mais aussi de nombreuses autres violences physiques" ont été commises aussi bien par "des émeutiers que par les forces de l'ordre" qui ont réprimé très violemment ces affrontements dans le bidonville de Kibera. Elles ont toutefois reconnu ne disposer d'aucune liste, ni témoignages directs concrets, encore moins de plaintes officielles.
"Dans cette pièce, certaines femmes ont fait l'objet de violences sexuelles, mais nous refusons qu'elles parlent sans nous assurer qu'elle bénéficieront d'une protection", a déclaré Mme Mugo.
Seule une jeune femme a accepté de dire à la presse, sous couvert de l'anonymat, qu'elle a été "battue" par les policiers qui lui demandaient de l'argent.
Le calme est revenu à Kibera. Plusieurs milliers de résidents ont fui avec les effets qu'ils ont eu le temps de rassembler. Les affrontements, nés d'un contentieux sur les loyers, aggravé par des rivalités ethno-religieuses, ont fait entre cinq morts, selon la police, et 11, selon des témoignages recueillis sur place.
Kibera compte de 250.000 à 500.000 habitants.
Le président kényan, Daniel Arap Moi, avait déclaré lui-même que les loyers de Kibera devraient être réduits, avant d'appeler les locataires à payer le montant actuel en attendant une révision.
Kibera pourrait bien être un enjeu politique, dans l'optique de l'élection présidentielle de la fin 2002


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