N°257
du 17/10/2002

Kenya


Uhuru Kenyatta,
un candidat “au forceps” pour le parti au pouvoir

Fils du président-fondateur du Kenya moderne Jomo Kenyatta, Uhuru Muigai Kenyatta, qui a été élu candidat du parti au pouvoir au Kenya pour la présidentielle de fin décembre, est critiqué par ses adversaires pour son manque d’expérience.
Mais, jusqu’au bout, il a bénéficié du soutien sans faille du président Daniel arap Moi qui avait succédé à son père.
Agé de 41 ans, celui qui fait figure de candidat “au forceps” de l’Union nationale africaine du Kenya (KANU), a connu une ascension politique fulgurante, bénéficiant notamment d’un nom prestigieux.
Uhuru (qui signifie “indépendance, liberté” en langue swahilie) a fait son entrée en politique en 1990 en défiant le gouvernement du président Moi d’accepter les critiques sur sa politique.
Ancienne colonie britannique, le Kenya était alors, comme une grande partie de l’Afrique, en plein bouillonnement démocratique. Des manifestations nationales en faveur de réformes, ayant dégénéré en émeutes, avaient fait plusieurs morts le 7 juillet 1990.
En 1997, le jeune Kenyatta se présente, sous les couleurs de la KANU, aux législatives dans la circonscription de Gatundu Sud (centre), autrefois détenue par son père. Il échoue face à un nouveau venu, inconnu en politique.
Trois ans plus tard, le président Moi le nomme à l’Assemblée, sans qu’il soit élu, pour remplacer un député de la KANU. Un autre fidèle du chef de l’Etat lui laisse sa place au gouvernement.
Selon des analystes politiques, une victoire de Kenyatta à la présidentielle serait une assurance pour le président Moi face à d’éventuelles enquêtes de la justice sur des affaires de corruption, de violations des droits de l’Homme ou de fuites des capitaux lors de ses 24 années de pouvoir.
Mais Kenyatta assure qu’il peut agir en toute indépendance.
Avant sa nomination en tant que ministre des Affaires locales, il avait brièvement assuré la présidence d’un Fonds national mis en place pour les catastrophes et de l’organisme en charge du tourisme au Kenya.
Le fils du fondateur du Kenya contemporain a toujours refusé de donner des détails sur sa vie, une attitude aussitôt exploitée par ses adversaires qui ont à plusieurs reprises menacé de lever le voile sur son passé, notamment lorsqu’il était étudiant aux Etats-Unis.
Il est marié et père de trois enfants. Son ascension politique a soulevé de nombreuses critiques, y compris de la part de l’Eglise catholique qui, en août dernier, a estimé que “l’expérience est quelque chose d’important, pour la personne et pour ceux qui l’élisent afin de faire un bon choix”.


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