N°258
du 04/11/2002

Kenya


La présidentielle fixée au 27 décembre

L’élection présidentielle au Kenya, qui doit marquer le départ de Daniel arap Moi au pouvoir depuis 24 ans et à qui la Constitution empêche de briguer un nouveau mandat, a été fixée au 27 décembre, par la Commission électorale.
A peine cette date annoncée, le principal mouvement d’opposition, la Coalition nationale de l’Arc-en-ciel (NARC), a accusé le parti au pouvoir de chercher à acheter des votes, ce que les partisans du président ont nié immédiatement. Ces accusations ont donné le ton de la campagne électorale.
La présidentielle, qui s’accompagnera d’élections législatives et locales, sera la première à laquelle le président sortant, au pouvoir depuis 1978, ne se présentera pas. C’est aussi la première que son parti, l’Union nationale africaine du Kenya (KANU), au pouvoir depuis l’indépendance en 1963, risque de perdre, face à une opposition qui a réussi, jusqu’ici, à ne pas se présenter en ordre dispersé.
La Coalition de l’Arc-en-ciel, qui rassemble l’essentiel de l’opposition, a désigné un candidat unique, l’ancien Premier ministre Mwai Kibaki (voir Bio), 71 ans, pour affronter le candidat de la KANU, Uhuru Kenyatta, fils du président-fondateur du Kenya indépendant, Jomo Kenyatta.
M. Moi a remporté les deux élections présidentielles précédentes, en 1992 et en 1997, en obtenant moins de voix que le total des candidats d’opposition.
Mais la Coalition de l’Arc-en-ciel vient déjà de connaître les affres de la dissidence. L’ancien ministre Simeon Nyachae, 70 ans, l’a quittée à peine constituée, dénonçant le manque de “démocratie” en son sein et menaçant d’être candidat à la présidentielle.
L’opposition kényane soutient unanimement le projet de nouvelle Constitution préparé par la Commission constitutionnelle nationale (CKRC), et qui marquerait la fin du régime présidentiel. Le gouvernement serait nommé et dirigé par le Premier ministre, poste créé par ce projet et qui n’existe pas à ce jour dans le système gouvernemental kényan.
Manque de chance, le président Moi a annoncé la dissolution de la CKRC, et annoncé que la prochaine Commission constitutionnelle ne serait pas dirigée par “un étranger”. La CKRC était dirigée par le Pr. Yash Pal Ghai, un Kényan d’origine indo-pakistanaise.


Retour au sommaire KENYA

Retour Home