N° 262
du 15/01/2003

Kenya


Les priorités du nouveau régime

La lutte contre la corruption constitue la première priorité du nouveau président Mwai Kibaki, qui s’est également engagé, dans son discours d’investiture, à mettre en œuvre des réformes dans le domaine économique et social.

Corruption :
“Désormais, la corruption va cesser d’être un mode de vie au Kenya”, a déclaré le président Kibaki. “Je vous demande à tous de participer à la lutte contre la corruption et de soutenir le futur gouvernement dont ce sera la première priorité”, a-t-il ajouté. “Dans quelques semaines, dès que le Parlement se réunira, nous ferons en sorte de remettre en place une commission anti-corruption à laquelle nous donnerons le pouvoir de poursuivre en justice”, avait-il souligné dimanche.
Le Kenya est considéré comme un des pays les plus corrompus au monde. Les principaux bailleurs de fonds ont gelé leurs aides fin 2001 en raison notamment de l’incapacité de l’ancien régime à lutter efficacement contre ce mal.
Économie :
“L’économie est sous-performante depuis plusieurs dizaines d’années”, a poursuivi le président Kibaki. “Mon gouvernement travaillera étroitement avec le secteur privé et les partenaires extérieurs, pour tenir ses promesses”, a-t-il souligné. “Nous utiliserons les ressources fiscales, encadrerons les achats et boucherons les trous qui ont conduit à un gaspillage massif des ressources publiques de la nation”, a-t-il promis.
Social :
“La pauvreté s’aggrave, des millions de nos compatriotes sont sans emploi, n’ont pas accès à des services de santé de base abordables, nos routes et nos autres infrastructures ont été dilapidées. Les services sociaux s’effondrent et l’insécurité augmente dans nos villes”, a constaté M. Kibaki. Il a promis de mettre en place prochainement “un nouveau plan de développement” et répété son engagement à “assurer l’instruction primaire gratuite à tous nos enfants”.
Un habitant sur deux au Kenya, pourtant le pays le plus riche d’Afrique de l’Est, survit avec un dollar par jour.
Mode de gouvernement :
“Mon gouvernement sera guidé par le travail en équipe et la consultation”, a promis le nouveau président, alors que son prédécesseur avait été critiqué pour son autoritarisme et sa prise de décision très personnelle.
“L’autorité du Parlement et l’indépendance de la Justice seront restaurées”, a-t-il indiqué, soulignant avoir “hérité d’un pays qui a été ravagé par des années de mauvaise gouvernance”.
“Le gouvernement ne doit pas être un fardeau pour le peuple, ne doit pas intervenir dans chacun des aspects de la vie ou ériger des obstacles”, a-t-il ajouté.
“Je crois qu’un gouvernement doit servir le peuple et non l’inverse”, a-t-il martelé.
Politique intérieure :
“Notre force (la Coalition nationale Arc-en-ciel, Narc, regroupant une douzaine de partis) va grandir, dans un seul parti, qui constituera un signe d’espoir non seulement pour le Kenya mais pour toute l’Afrique”, a-t-il annoncé. “J’offre à l’opposition la main de l’amitié”, a-t-il ajouté. “Il ne devrait pas demeurer d’amertume. Unissons-nous dans le pardon et la réconciliation, et travaillons dur pour reconstruire le Kenya”, a-t-il lancé.
Politique étrangère :
“Le Kenya continuera à jouer un rôle moteur en Afrique de l’est. Il soutiendra et facilitera tous les efforts entrepris pour rétablir la paix en Somalie, au Soudan, au Burundi, en République démocratique du Congo” (RDC), a-t-il affirmé.
“Le Kenya continue à porter le lourd fardeau de ces conflits régionaux”, a-t-il ajouté en référence aux nombreux réfugiés installés au Kenya.


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