N° 262
du 15/01/2003

Kenya


Un nouveau gouvernement
où les transfuges de la KANU ont la part belle

Le nouveau président Mwai Kibaki s’est engagé à marquer une rupture avec le régime de Daniel arap Moi, mais huit des ministres qu’il a nommés le 3 janvier, et non des moindres, sont des transfuges de l’ancien parti au pouvoir, comme lui-même d’ailleurs.
Le vainqueur de l’élection présidentielle, qui a fait de la lutte contre la corruption sa priorité numéro un, a répété qu’une nouvelle législation de lutte contre ce fléau serait très vite examinée par l’Assemblée, où sa coalition détient la majorité absolue.
Les bailleurs de fonds avaient suspendu fin 2000 leurs aides au Kenya en raison notamment de l’incapacité du régime Moi, au pouvoir depuis 1978, de lutter efficacement contre la corruption.
Mais sur les 23 ministres nommés par le président Kibaki, huit sont des transfuges récents de l’Union nationale africaine du Kenya (Kanu), l’ex-parti au pouvoir depuis l’indépendance, en 1963.
Parmi les anciens responsables de la Kanu nommés au gouvernement, figure Raila Odinga, trois fois emprisonné sous la présidence Moi avant de devenir le secrétaire-général de son parti et son ministre de l’Energie.
Considéré comme l’artisan de la victoire de M. Kibaki, M. Odinga est nommé aux Infrastructures routières, Travaux publics et Logement. Il aura la lourde tâche de réhabiliter les infrastructures du pays, une des priorités du nouveau pouvoir.
George Saitoti, qui fut le vice-président de M. Moi pendant près de 13 ans avant d’être démis de ses fonctions en août dernier et de rejoindre l’opposition, occupe le ministère de l’Education, des Sciences et des Technologies.
Un autre ancien baron de la Kanu, l’ancien ministre du Tourisme et de l’Information du dernier gouvernement Moi, Kalonzo Musyoka, hérite du ministère des Affaires étrangères.
Les ministres de l’Energie, de l’Intérieur, de l’Environnement, de l’Agriculture et des Sports viennent également des rangs de l’ancien parti au pouvoir.
Par contre, le titulaire des Finances, David Mwiraria, occupait ce même poste dans le “gouvernement fantôme” de la Coalition nationale Arc-en-ciel (Narc) de M. Kibaki.
Technicien expérimenté, il devra renouer avec les bailleurs de fonds et vivifier une économie moribonde.
Le vice-président, qui doit assurer l’intérim du président en cas de décès, est Michael Wamalwa, un vétéran de la politique, mais piètre homme d’affaires.
La nomination de Kalonzo Musyoka aux Affaires étrangères a été bien accueilli par les milieux diplomatiques, en raison de son passé à cette fonction.


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