N° 285
du 06/01/2004

Kenya


La création d’un grand parti présidentiel pose problème
Un des partis de la coalition au pouvoir critique le président

Un des principaux partis de la Coalition nationale Arc-en-ciel (Narc), alliance de plus de 14 partis politiques au pouvoir depuis un an, a critiqué le 30/12 le président Mwai Kibaki, qui avait déclaré la veille les constituants de cette coalition «obsolètes».
«Cette déclaration est +ultra vires+ (au-delà des pouvoirs légaux) et nie les principes mêmes de bonne gouvernance des partis politiques ainsi que l’esprit de démocratie, d’harmonie, de coopération et de construction d’une alliance», a rétorqué Joseph Kamotho, secrétaire général du Parti démocratique libéral (LDP).
«Nous sommes désolés que la déclaration attribuée à son Excellence le Président suggère qu’il puisse décider unilatéralement de questions fondamentales au nom de l’ensemble des formations politiques réunies dans la Narc», a poursuivi M. Kamotho.
M. Kibaki avait jugé «toutes les parties constituantes de la Narc obsolètes», et ce par voie d’un communiqué du service de presse présidentiel.
Soulignant que les 14 formations politiques composant la Narc avaient cessé d’exister à l’issue des élections générales de décembre dernier, M. Kibaki avait indiqué que la coalition serait renforcée pour former un nouveau parti.
Les querelles internes se sont multipliées ces derniers mois au sein de la Narc, notamment à propos de la répartition des pouvoirs entre la présidence et un éventuel Premier ministre, poste dont la création est envisagée dans la nouvelle Constitution toujours à l’étude.
Ce contentieux oppose plus particulièrement le Parti de l’alliance nationale du Kenya (Nak), la formation d’origine de M. Kibaki, au LDP.
Le LDP, qui n’entend pas se faire «absorber» dans un futur grand parti présidentiel, a rétorqué par la voix de M. Kamotho que «la seule façon de dissoudre un parti politique ou n’importe quelle association passe par une décision de ses membres». «Je ne suis pas informé de la tenue de la moindre assemblée générale du LDP dans laquelle on ait proposé la dissolution du parti», a-t-il rappelé.

Charity Ngilu, ministre de la Santé et présidente du Congrès national du Kenya, autre élément constitutif de la Narc, a lui aussi confirmé que son parti était toujours «opérationnel».
Mais le président de l’Assemblée nationale, Ole Kaparo, a déclaré que le corps législatif ne reconnaissait que la Narc, et non ses éléments constitutifs, «car c’est elle qui les a amenés à l’Assemblée».
Le parti Ford-Kenya, lui aussi membre de la Narc, s’est par contre rangé, lui, résolument du côté de M. Kibaki. «Il faut appeler un chat un chat : ces partis ne sont pas reconnus par le président de l’Assemblée, et ils ne peuvent donc opérer au Parlement», a estimé un des responsables de Ford-Kenya, Noah Wakesa.


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