| Un des principaux partis de
la Coalition nationale Arc-en-ciel (Narc), alliance de
plus de 14 partis politiques au pouvoir depuis un an, a critiqué
le 30/12 le président Mwai Kibaki, qui avait déclaré
la veille les constituants de cette coalition «obsolètes».
«Cette déclaration est +ultra vires+ (au-delà des
pouvoirs légaux) et nie les principes mêmes de bonne gouvernance
des partis politiques ainsi que l’esprit de démocratie, d’harmonie,
de coopération et de construction d’une alliance»,
a rétorqué Joseph Kamotho,
secrétaire général du Parti démocratique
libéral (LDP).
«Nous sommes désolés que la déclaration attribuée
à son Excellence le Président suggère qu’il
puisse décider unilatéralement de questions fondamentales
au nom de l’ensemble des formations politiques réunies dans
la Narc», a poursuivi M. Kamotho.
M. Kibaki avait jugé «toutes les parties constituantes de
la Narc obsolètes», et ce par voie d’un communiqué
du service de presse présidentiel.
Soulignant que les 14 formations politiques composant la Narc avaient
cessé d’exister à l’issue des élections
générales de décembre dernier, M. Kibaki avait indiqué
que la coalition serait renforcée pour former un nouveau parti.
Les querelles internes se sont multipliées ces derniers mois au
sein de la Narc, notamment à propos de la répartition des
pouvoirs entre la présidence et un éventuel Premier ministre,
poste dont la création est envisagée dans la nouvelle Constitution
toujours à l’étude.
Ce contentieux oppose plus particulièrement le Parti de l’alliance
nationale du Kenya (Nak), la formation d’origine de M.
Kibaki, au LDP.
Le LDP, qui n’entend pas se faire «absorber» dans un
futur grand parti présidentiel, a rétorqué par la
voix de M. Kamotho que «la seule façon de dissoudre un parti
politique ou n’importe quelle association passe par une décision
de ses membres». «Je ne suis pas informé de la tenue
de la moindre assemblée générale du LDP dans laquelle
on ait proposé la dissolution du parti», a-t-il rappelé.
Charity Ngilu, ministre de la Santé et
présidente du Congrès national du Kenya,
autre élément constitutif de la Narc, a lui aussi confirmé
que son parti était toujours «opérationnel».
Mais le président de l’Assemblée nationale, Ole Kaparo,
a déclaré que le corps législatif ne reconnaissait
que la Narc, et non ses éléments constitutifs, «car
c’est elle qui les a amenés à l’Assemblée».
Le parti Ford-Kenya, lui aussi membre de la Narc, s’est
par contre rangé, lui, résolument du côté de
M. Kibaki. «Il faut appeler un chat un chat : ces partis ne sont
pas reconnus par le président de l’Assemblée, et ils
ne peuvent donc opérer au Parlement», a estimé un
des responsables de Ford-Kenya, Noah Wakesa.
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