N° 290
du 23/03/2004

Kenya

Malgré l’adoption d’un projet de Constitution,
la conférence constitutionnelle prolonge ses travaux
La création d’un poste de Premier ministre pose problème
La clôture officielle de la conférence qui travaille depuis un an au Kenya sur un projet de nouvelle constitution, prévue le 19 mars, a été repoussée au mardi 23, a indiqué le président de la commission de révision de la Constitution Yash Pal Ghai.
Le 16 mars, les quelque 630 délégués de la conférence avaient terminé leurs débats et avaient délibérément bravé le gouvernement en présentant un texte créant le poste d’un Premier ministre qui serait le véritable chef de l’exécutif au détriment du président.
Ce projet qui propose ainsi une rupture avec le régime présidentiel en place depuis l’indépendance, en 1963, a provoqué la colère de ministres proches du président Mwai Kibaki qui ont affirmé qu’ils maintiendraient le statut quo lorsque le projet de loi serait présenté au parlement.
La conférence a ainsi exposé au grand jour les luttes d’influence au sein de la coalition au pouvoir depuis décembre 2002, notamment entre le clan du président Kibaki et ceux qui soutiennent son ministre des Infrastructures routières Raila Odinga, qui briguerait le poste de Premier ministre et aurait des ambitions présidentielles pour 2007.
Le processus de révision de la constitution a commencé le 30 avril 2003 après quatre ans de sondage de la population sur ce sujet pour un coût de quelque 50 millions de dollars.
Le projet devrait être soumis au Parlement à l’ouverture de sa nouvelle session le 23 mars.
Le Parlement débattra alors de deux propositions de loi constitutionnelles donnant à l’Assemblée nationale les pouvoirs de modifier la Constitution, et, si elles sont votées, soumettra le texte de la nouvelle Constitution au référendum.

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