Le président kenyan Daniel arap Moi a limogé
le 18 février 1999 les chefs du service de l'Immigration,
Officer Frank Kwinga, de la police, Duncan Wachira, et du
département des enquêtes criminelles, Noah arap Too,
après la capture à Nairobi par les services secrets
turcs, appuyés par la C.I.A. et le Mossad israélien, du
leader indépendantiste kurde Abdullah Ocalan, faisant
suite à un arrêté d'expulsion pris à son
encontre par Nairobi.
Ces limogeages ont été annoncé dans le cadre
d'un remaniement ministériel et de la haute fonction publique
qui a toutefois épargné le chef de la diplomatie
kenyane, Bonaya Godana.
Le chef de l'Immigration, Franck Kwinga, qui occupait ce poste depuis
1963, avait reconnu que ses services avaient exécuté un
ordre d'expulsion pris par le gouvernement contre M. Ocalan. Aucune
nouvelle fonction ne lui a été confiée. De son
côté, le chef de la police, Duncan Wachira, a
été remplacé par son adjoint, Philemon
Abong'o. Par ailleurs, le directeur des enquêtes
criminelles, Noah arap Too, a été muté à
la tête de la commission du service public, une fonction
considérée comme un "placard", et remplacé par
un haut responsable de la police, J.K. Sang.
Le ministère kenyan des Affaires étrangères a
admis son rôle dans l'enlèvement d'Ocalan. Après
sa capture à Nairobi, Abdullah Ocalan, ennemi numéro un
du régime d'Ankara, a été emmené vers la
Turquie, où il est détenu sur l'île-prison
d'Imrali, dans la mer de Marmara (ouest). C'est là qu'il doit
être jugé.
Le ministre sortant des Finances, Simeon Nyachae, a
démissionné en refusant de prendre en charge le
portefeuille du Développement industriel qu'il devait
échanger avec Francis Masakhalia. M. Nyachae, nommé
début 1998, devait prochainement mener des négociations
avec le Fonds Monétaire International qui avait suspendu, en
décembre 1997, l'équivalent de 205 millions de dollars
d'aide au Kenya en raison du marasme de l'économie et de la
corruption qui y règne.
"Je suis conscient du fait qu'entreprendre des choses
nécessaires dans l'intérêt du pays était
une pilule difficile à avaler pour les nombreuses personnes
qui profitent de la corruption et de l'indiscipline dans le secteur
public", a-t-il déclaré dans un communiqué
annonçant sa démission du gouvernement. Il en a
profité pour souligner que les récentes
révélations sur les dettes de personnes influentes
auprès de banques publiques avaient suscité la
colère dans certains milieux. De quoi lui ôter son poste
aux Finances ?
Au cours de la présentation du nouveau gouvernement, M. Moi a
indiqué que la Banque centrale du Kenya, le
trésorier-général et les ministères
devraient coopérer pour éliminer les fraudes.
Copyright © Afrique Express