N° 227
du 18/04/2001

Ouganda


L'économie frappée par la baisse des cours
des matières premières

L'économie ougandaise souffrira cette année de l'impact de la baisse des cours des matières premières, notamment du café et du thé, principales sources de devises de ce pays.
Des membres du ministère des Finances ont ainsi averti que les recettes de la production de café, principal produit d'exportation de l'Ouganda, n'excéderont pas 195 millions de dollars cette année en raison de la baisse sans précédent des cours mondiaux.
Lors des années 1990, lorsque une tonne de café s'achetait en moyenne 4.400 dollars, les exportations de café rapportaient quelque 400 millions de dollars par an. Les cours du café oscillent désormais entre 650 et 700 dollars la tonne.
L'Autorité du développement du café ougandais (UCDA) est certaine que cette évolution des cours à la baisse aura de graves conséquences sur les recettes en devises.
Dans le secteur du thé, les opérateurs affirment que les recettes ont été touchées, en raison de la baisse des prix pratiqués à la maison des enchères du thé d'Afrique de l'Est, à Mombasa (côté kenyane) qui sont tombés d'une moyenne de 2,18 dollars le kilo il y a quelques mois à 1,77 dollars.
On estime que l'Ouganda n'obtiendrait pas les 26 millions de dollars de devises que lui avaient rapportés en 2000 les exportations de thé.
Près de 90% de la production de thé ougandaise est exportée via Mombasa, seconde maison d'enchères de thé au monde. Les 10% restant sont exportés directement vers la Grande-Bretagne, l'Ethiopie, l'Irlande et la Pologne.
La baisse des cours du café et du thé a été provoquée par l'augmentation de la production de ces deux denrées en Inde et en Malaisie.
Le secteur du thé ougandais prévoit de ne produire cette année que 26 millions de kilogrammes contre des prévisions de 29,3 millions de kilo.
Le secteur thé s'est effondré lors de l'expulsion par Idi Amin Dada (1971-79) des Asiatiques qui contrôlaient près de 70% du secteur.
Amin Dada avait ensuite attribué cette branche "thé" à ses proches, incapables de la rentabiliser.
Le marché du coton, 3e produit d'exportation, est aussi déprimé. La production ne devrait être que de quelque 100.000 balles de 185 kilo vontre 130.000 initialement prévues. Le coton représente moins de 5% des recettes en devises malgré les efforts pour développer la production ces dernières années.
Un agronome de l'organisation de développement du coton estime que la production devrait chuter car seuls 60% des 8.000 tonnes de graines distribuées aux planteurs ont été mises en terre.


Retour au sommaire OUGANDA

Retour Home

Retour en haut de page