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Le président
ougandais Yoweri Museveni a été
confortablement réélu lors de
l'élection présidentielle du 12 mars pour son
dernier mandat, avec 69,3% des suffrages exprimés
contre 27,8% à son principal rival, Kizza
Besigye, qui a contesté les résultats du
scrutin, accusant le camp présidentiel d'avoir
truqué le scrutin, et demandé la tenue d'une
nouvelle élection.
Après 15 ans passés à la tête
de l'Etat ougandais, Yoweri Museveni refuse d'admettre que
plus de 30% des électeurs n'ont pas souhaité
sa victoire.
Encouragé par ses partisans, M. Museveni a même
remis en question le score de 27,8% réalisé
par son principal rival, Kizza Besigye, l'accusant d'avoir
truqué le scrutin.
Il est cependant fort vraisemblable que le scrutin a
été entaché
d'irrégularités qui ont favorisé le
candidat sortant.
Ces irrégularités, ainsi que le
déploiement de l'armée avant et pendant le
scrutin, ont été constatés par de
nombreux journalistes et rapportés par des
observateurs indépendants, de même que par les
cinq rivaux de M. Museveni à l'élection
présidentielle.
Les irrégularités ont pris plusieurs formes:
bourrage des urnes, intimidations et votes multiples. On
ignore toutefois si des instructions ont été
données en haut lieu ou si la fraude a
été menée à l'initiative de
responsables locaux souhaitant montrer qu'elles tenaient la
population sous leur férule.
Il est fort peu probable que ces fraudes aient eu une
quelconque influence sur le résultat final de cette
élection. Yoweri Museveni savait qu'il n'avait pas
besoin de tricher pour gagner, même s'il a reconnu que
ce scrutin était la plus importante remise en
question de son autorité depuis son arrivée au
pouvoir en 1986.
Le fait que M. Museveni ait lui-même pris les armes et
le maquis en 1981, parce qu'il accusait que le
président de l'époque, Milton Obote,
d'avoir truqué les élections
législatives de 1980, a été
relevé de manière ironique par les Ougandais.
Le président n'a pas apprécié que son
principal rival à l'élection soit un membre de
longue date du Mouvement, un système de gouvernement
mis en place en 1986 et autorisant les partis politiques
tout en leur interdisant toute activité. Les partis
sont accusés de fonctionner sur des bases tribales et
d'être donc les principaux responsables de la mort
d'un demi million d'Ougandais et de la récession du
pays sous les régimes de MM. Obote et Idi Amin Dada.
M. Museveni a qualifié M. Besigye, qui fut son
médecin pendant la rébellion contre M. Obote,
de traître, de menteur et de pantin dirigeant des
forces dictatoriales réactionnaires. Il a aussi
clairement fait savoir qu'il n'y aurait pas de place pour M.
Besigye dans son gouvernement.
Le scrutin présidentiel du 12 mars en Ouganda
s'est déroulé "normalement" en dépit de
truquages constatés dans certains districts selon les
observateurs de la communauté internationale, a
indiqué l'Union européenne (UE) dans un
communiqué publié à Stockholm
Les Quinze ont salué également "la
volonté manifestée par tous les Ougandais
d'exercer leur droit de vote d'une manière pacifique
et régulière. L'UE n'ignore cependant pas que
des truquages, des violences et des intimidations ont
été signalés dans certains districts",
selon les termes du communiqué.
Accusations nauséabondes
Yoweri Museveni a présenté le 28 mars sa
défense devant un tribunal de Kampala contre le
recours en annulation de l'élection
déposé par Kizza Besigye. La défense
comprend une explication du président sur ses
déclarations à l'occasion d'un entretien
accordé pendant la campagne à l'hebdomadaire
américain TIME Magazine, au cours duquel M. Museveni
avait déclaré que M. Besigye, médecin,
était atteint du sida. "Je le connais (Besigye)
depuis longtemps et j'ai fait cette déclaration
honnêtement, pensant que c'était vrai, et je le
pense toujours parce qu'une femme nommée Judith
Bitwire, avec qui il avait cohabité, et son enfant,
sont morts du sida", a déclaré M. Museveni
sous serment, cité par la presse. Un débat qui
vole très haut þ
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