N° 242
du 02/01/2002

Ouganda


Militarisation aux frontières avec le Kenya et le Soudan

L'Ouganda se prépare à installer des casernes militaires le long de ses frontières avec le Kenya et le Soudan en vue de mettre un terme au trafic d'armes et aux incursions rebelles dans cette région du nord-est, a annoncé le 27/12 le ministre de la Défense Ruth Nankabirwa. Des casernes prévues pour environ 300 hommes seront construites dans chacun des sept sous-comtés qui composent ces régions frontalières à population nomade.
"Le programme vise à assurer la paix et la sécurité pour la population de la région. Nous sommes en train de les désarmer, mais le Kenya et le sud du Soudan ne sont pas concernés par ce processus de désarmement", a déclaré la ministre.
Mme Nankabirwa a affirmé que l'Ouganda ne laisserait pas les ethnies turkana et pokot du Kenya ou les didinka, toposa et tipesi du Soudan &emdash; tous parents des karamojongs ougandais&emdash; perpétrer des raids dans la région.
Les routes habituellement empruntées par les agresseurs kényans ont été coupées.
Chez les karamojong, le vol de bétail aux clans rivaux, et même au sein de la même ethnie, est une pratique courante mais, depuis la fin des années 1970 et l'acquisition d'armes à feu qui ont remplacé les lances traditionnelles, leurs expéditions sont devenues très violentes.
Dans le district de Katakwi, 80.000 personnes ont été déplacées par des raids des karamojong ces deux dernières années.
Le processus de désarmement, plusieurs fois relancé, bute sur les réticences des éleveurs karamojong qui craignent d'être vulnérables aux attaques, fréquentes, des voleurs de bétail venus du Kenya et du Soudan.
Le 21 novembre, le président Yoweri Museveni avait demandé aux karamojong de rendre leurs armes pacifiquement et a déclaré que ceux qui agiraient ainsi seraient "considérés comme des citoyens responsables" et bénéficieraient "en priorité des programmes de développement du gouvernement".
Selon les autorités, plus de 7.000 armes à feu sur une estimation de 40.000 entrées illégalement dans le pays, ont déjà été rendues. Le processus de désarmement a débuté le 3 décembre et doit durer de six à neuf mois.


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