N° 287
du 03/02/2004

 

Ouganda

Le «général» Nyeko, chef militaire de la LRA tué au combat
L’armée ougandaise a tué au combat le «général» Yadin Tolbert Nyeko, chef militaire du mouvement rebelle de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), qui a pris les armes en 1988 contre le régime du président Yoweri Museveni.
Le corps retrouvé par les militaires sur les lieux de combats survenus le 19/01 dans le district de Pader, dans le nord du pays, et dont la photo a été publiée par le quotidien gouvernemental New Vision, est bien celui du chef rebelle. Le «général» Nyeko commandait les troupes de la LRA depuis que son prédécesseur, Charles Tabuley, avait été tué en octobre 2003, dans le nord-est du pays où la LRA avait étendu ses opérations, plutôt cantonnées jusqu’alors dans le nord.
Fin janvier, toujours dans la région de Pader, l’armée a également tué deux commandants de la LRA : le responsable des finances de la LRA, le colonel Livingstone Opiro, et un autre colonel connu sous le nom de Bogi
La mort du «général» Nyeko est le signal de la fin pour la LRA, a affirmé un porte-parole de l’armée, le lieutenant Chris Magezi.
«Bon nombre de commandants de la LRA ont été tués auparavant, mais la violence n’a jamais cessé. Je ne crois pas que ceci annonce la fin de la guerre», a estimé pour sa part un représentant d’Initiative de paix des religieux Acholi (ARPLI), groupe œcuménique qui tente de mettre fin au conflit entre la LRA et le gouvernement.

Dans son discours du Nouvel an, le président ougandais Yoweri Museveni avait affirmé que les troupes gouvernementales avaient «définitivement vaincu» la LRA et qu’elles tueraient prochainement son chef, Joseph Kony, dont la présence leur avait été signalée fin août 2003 dans le sud du Soudan.
Yoweri Museveni a décidé en décembre 2003 de saisir la Cour pénale internationale (CPI), premier tribunal permanent chargé de la répression du génocide et des crimes de guerre, des agissements de la LRA et le procureur de la CPI, Luis Moreno Ocampo, vient de décider d’ouvrir une première enquête sur les agissements de la LRA en Ouganda.
En célébrant le 26 janvier dernier le 18e anniversaire de son arrivée au pouvoir, Museveni a appelé une nouvelle fois les rebelles à déposer les armes et à profiter de l’amnistie proposée. «L’amnistie a été étendue pour trois mois et les chefs rebelles, en particulier (Joseph) Kony et son adjoint (Vincent) Otti, devraient se manifester et en profiter, ou bien ils auront ce qu’ils ont toujours mérité», a déclaré le chef de l’Etat lors d’un rassemblement à Kampala. «Un dialogue sans cessez-le-feu peut se dérouler n’importe où, mais un cessez-le-feu ne peut se faire que si les rebelles font ce que je leur demande (se rendre)», avait ajouté le président.

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