N° 287
du 03/02/2004

 

Ouganda

Le multipartisme s’invite en justice
Alors que les discussions entre des représentants du gouvernement ougandais et de l’opposition dans le but de rétablir le multipartisme ont échoué le 23 janvier après un désaccord de procédure, les partisans d’un retour au multipartisme ont crié victoire le 29 janvier quand la cour suprême du pays a jugé que le système «sans parti» en vigueur depuis 1986 était anticonstitutionnel.
«Nous sommes plus que ravis et nous considérons qu’il s’agit là d’une étape décisive pour notre action», a estimé le responsable du Parti Démocratique (DP) Paul Ssemogerere, après que la Cour suprême eut décidé que les amendements-clé adoptés en 2000 violaient les règles parlementaires et étaient par conséquent «nuls et non avenus».
Le système politique en vigueur en Ouganda est celui du «Mouvement» du président Yoweri Museveni, dont chaque Ougandais est automatiquement membre. Bien que les partis soient autorisés, ils n’ont pas le droit d’organiser des rassemblements ni de présenter des candidats aux élections.
Le «Mouvement» a décidé l’an dernier d’autoriser le multipartisme, mais les restrictions sur le fonctionnement des partis politiques ne sont toujours pas levées.
Les amendements dont il était question devant la Cour suprême avaient ouvert la voix au référendum de 2000 lors duquel les Ougandais devaient se prononcer pour ou contre un retour au multipartisme; des élections générales s’étaient tenues l’année suivante.
A l’époque, 90 % des électeurs s’étaient prononcés en faveur du maintien du système du «Mouvement» entré en vigueur dès l’accession au pouvoir de Museveni.
Le président Museveni est arrivé au pouvoir le 26 janvier 1986 après cinq ans de guérilla lancée avec 26 compagnons contre le régime de Milton Obote, puis contre celui du général Tito Okello. Il a été élu en 1996 lors d’un scrutin sans partis politiques.
Les discussions, entamées le 19 janvier, entre une délégation gouvernementale et celle de l’opposition, ont été ajournées pour permettre à chaque camp de définir un calendrier des rencontres. La délégation gouvernementale à ces discussions est menée par Crispus Kiyonga et celle de l’opposition par Jean Barya.

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