N° 247
du 02/04/2002

SOUDAN


Khartoum reconnaît
qu'une chrétienne avait été condamnée à la lapidation

Le gouvernement soudanais a, pour la première fois, reconnu qu'une jeune chrétienne avait été condamnée à mort par lapidation précisant que la peine, finalement jugée "inopportune", a été commuée en flagellation.
"La peine était inopportune, sévère et excessive, et a été par conséquent commuée en flagellation", a déclaré au quotidien Al-Ayam. le ministre de la Justice, Ali Mohamed Osman Yassin.
Il s'agit de la première déclaration officielle concernant cette jeune femme de 18 ans, Abok Alfa Akok, condamnée le 8 décembre à la peine de mort par lapidation, conformément à la charia (loi islamique) par un tribunal soudanais de Nyala (ouest) pour relations sexuelles hors du mariage.
L'affaire, sur laquelle les autorités ont observé jusqu'à présent un silence absolu, avait été révélée le 10 février par la communauté religieuse catholique de Sant'Egidio, à Rome.
La jeune Soudanaise, enceinte et non mariée, est une chrétienne originaire de la tribu des Dinka, principale communauté ethnique du sud du pays.
Le 9 février, la cour d'appel avait ordonné au tribunal de Nyala de revoir son verdict, commué en flagellation le 12 février. La sentence a été exécutée le même jour, et la jeune femme a reçu 75 coups de fouet après son accouchement, selon des sources informées.
M. Yassine a reconnu que la flagellation constituait une violation des droits de l'Homme, "dégradante et sévère", mais ajouté que la sanction était "nécessaire pour diminuer le taux de criminalité". Il a admis que le châtiment "était parfois imposé par erreur à des femmes enceintes, âgées ou mineures", annonçant des mesures pour éviter que cela se reproduise.


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