N° 251
du 18/06/2002

SOUDAN


Mohamed Wardi
De retour d'exil, le plus célèbre chanteur
du Soudan, toujours contre la dictature

Le chanteur emblématique du Soudan, Mohamed Wardi, se déclare à 70 ans déterminé à poursuivre son combat contre la dictature qui l’avait poussé à treize ans d’exil terminés par un retour triomphal au pays. La taille haute, rehaussée par une longue djellaba et un turban blanc, Mohamed Wardi arbore un sourire empreint de mélancolie pour parler des dizaines de milliers de Soudanais qui l’ont accueilli en mai à Khartoum.
“J’étais partagé entre la joie de retrouver mon pays et la tristesse d’être resté si longtemps éloigné”, a-t-il déclaré après un entretien avec le président Omar al-Béchir.
Mohamed Wardi était en Libye pour des concerts en 1990 lorsqu’il choisit le chemin de l’exil de crainte d’être arrêté par le gouvernement islamiste du général Béchir, qui s’était emparé du pouvoir en 1989.
En 1991, il s’installe en Egypte. En 1999, alors qu’il enregistre aux Etats-Unis, il s’établit à Los Angeles en attendant d’être greffé du rein.
Né en 1932 sur l’île de Sawarda sur le Nil, dans le nord du Soudan, Mohamed Wardi a chanté depuis l’âge de cinq ans les complaintes de sa Nubie natale.
Les textes de ses nombreuses chansons, même celles dédiées à l’amour, ont toujours une connotation politique, comme “Ya baladi ya haboub” (mon pays, mon amour), ou “Demain nous lèverons l’étendard de l’indépendance”.


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