N° 232
du 16/07/2001

Soudan


Kadhafi à Khartoum
pour activer l'initiative de paix égypto-libyenne

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi est arrivé le 17 juillet à Khartoum pour des entretiens avec son homologue soudanais Omar al-Béchir sur l'initiative égypto-libyenne visant à mettre un terme à la guerre civile qui dure depuis 18 ans au Soudan.
L'initiative égypto-libyenne a été acceptée en juin par le gouvernement et l'opposition. A son arrivée, M. Kadhafi a affirmé que les dirigeants africains qu'il a rencontrés lors de sa tournée en Afrique, soutiennent ce plan de paix.
"C'est illogique que la guerre continue au sein de l'Union africaine ou des Etats unis d'Afrique", a déclaré le dirigeant libyen, arrivant d'Ouganda, dernière étape de sa tournée qui l'a mené également en Zambie et au Zimbabwe.
Le plan de paix égypto-libyen prévoit notamment un cessez-le-feu, l'instauration du multipartisme, la constitution d'un gouvernement transitoire d'union nationale et une conférence de réconciliation nationale pour appliquer ces principes.
Des préparatifs sont en cours pour la tenue de la conférence, avec la participation de Khartoum, de l'Alliance nationale démocratique (AND, regroupant la rébellion sudiste et une partie de l'opposition nordiste), et le principal parti d'opposition Oumma.
Le président Omar al-Béchir a affirmé que son gouvernement ne s'opposerait pas à la tenue d'élections anticipées en cas d'accord avec l'opposition. Il a affirmé que son parti, le Congrès national (CN) était "prêt" à des élections.
Les dernières élections présidentielles et législatives ont eu lieu en décembre 2000. "Ce qui compte davantage maintenant, c'est un cessez-le-feu immédiat", a-t-il souligné en ajoutant que son gouvernement avait demandé à l'Egypte et à la Libye d'accélérer les préparatifs pour l'application du cessez-le-feu stipulé par l'initiative.
De son côté, le chef de l'Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA, rebelles sudistes), le colonel John Garang, a estimé nécessaire d'inclure les demandes de l'opposition à l'initiative égypto-libyenne. Le colonel Garang a tenu ses propos lors d'une rencontre en Ouganda avec Mouammar Kadhafi, en présence du président ougandais Yoweri Museveni.
L'AND veut ajouter les principes de la séparation de la religion et de l'Etat, du droit à l'autodétermination pour le sud du Soudan, et le fait que le président soudanais Omar al-Béchir "rende compte des crimes commis" depuis sa prise de pouvoir par un putsch militaro-islamiste en 1989. Autant dire qu'avec de telles demandes, ce plan est mal parti. Enfin, le parti du dirigeant islamiste soudanais Hassan al-Tourabi a salué cette initiative de paix égypto-libyenne.


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