- Le président Omar
al-Béchir a ordonné le 1er octobre la
libération d'opposants accusés de complot
avec l'aide des Etats-Unis, ainsi que du dissident
islamiste Hassan al-Tourabi, poursuivi dans le
cadre d'une autre affaire.
- Dans un discours au Parlement, le président
Béchir a suspendu la procédure
engagée contre huit membres de l'Alliance
nationale démocratique (AND, coalition
de l'opposition nordiste et de la rébellion
sudiste) arrêtés en décembre lors
d'une rencontre avec un diplomate américain, et
ordonné la libération des six dirigeants
encore détenus.
- Les prévenus avaient été
arrêtés sous l'accusation d'espionnage et de
complot contre le régime avec l'aide des
Etats-Unis et de la rébellion sudiste à la
suite d'une rencontre avec le diplomate américain,
qui avait été expulsé.
- Le dégel entre Khartoum et Washington s'est
accéléré à la faveur des
attentats du 11 septembre sur le sol américain. Le
28 septembre, l'abstention des Etats-Unis au Conseil de
sécurité a permis la levée des
sanctions, essentiellement symboliques, de l'ONU contre
le Soudan.
- Le secrétaire d'Etat américain Colin
Powell a rendu hommage à cette occasion au
"changement d'attitude" de Khartoum envers le terrorisme.
- Les Etats-Unis ont néanmoins maintenu leurs
propres sanctions contre le Soudan, placé depuis
1993 sur la liste américaine des Etats soutenant
le terrorisme.
Suspension des poursuitescontre Tourabi
qui reste en résidence surveillée
- Le président a en outre "ordonné" la
libération de l'islamiste Hassan al-Tourabi et des
dirigeants de son parti, le Congrès national
populaire (CNP), en détention depuis
février, après avoir conclu un accord avec
les rebelles sudistes de l'Armée de
libération des peuples du Soudan (SPLA). M.
Béchir a également suspendu les poursuites
contre M. Tourabi et ses partisans.
- Mais le gouvernement a annoncé ce même
jour que Hassan al-Tourabi demeurerait en
résidence surveillée "pour des raisons de
sécurité", en dépit de la suspension
des poursuites judiciaires à son encontre.
- M. Tourabi restera donc assigné à
résidence dans une maison gouvernementale dans le
quartier de Kafouri à Khartoum, une mesure
considérée comme une détention. Il
est sous la garde d'agents de sécurité et
non plus de policiers. Plusieurs autres dirigeants du CNP
étaient poursuivis dans le procès suspendu
et avaient été auparavant
libérés.
- Ces mesures ne signifient toutefois pas que c'est
à nouveau la lune de miel entre le
président et son ancien conseiller. Le lendemain
des mesures annoncées par le président El
Béchir, plus de 35 dirigeants et militants du
Congrès national populaire (CNP), le parti
d'Hassan al-Tourabi, ont été
arrêtés alors qu'ils tentaient de tenir une
conférence de presse devant le siège du CNP
dans la banlieue d'Al-Riyad à Khartoum. Plus de 30
étudiants, qui voulaient assister à cette
conférence de presse, ont également
été arrêtés, selon un
responsable du CNP, Béchir Adam Rahma.
Parmi les dirigeants du CNP arrêtés figure
le secrétaire général du parti
Abdallah Hassan Ahmed.
L'opposition salue la libération de six de ses
dirigeants
- L'opposition a salué la libération de
détenus politiques, dont six de ses dirigeants
accusés de complot avec l'aide des Etats-Unis, et
la suspension des poursuites à leur encontre. "La
libération des détenus politiques,
notamment les membres du secrétariat de l'AND est
un développement positif et un pas important vers
une solution politique globale", a déclaré
le président de l'AND Mohamed Osmane
al-Mirghani, basé au Caire, dans un
communiqué.
- M. Mirghani a dit espérer que ces mesures
aboutiraient à la libération de tous les
détenus politiques et à la "garantie des
libertés et droits publics", ainsi qu'à des
progrès sur la voie de la réconciliation
nationale.
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