N° 253
du 30/07/2002

SOUDAN


L’accord entre Khartoum et la SPLA

Le gouvernement soudanais et la rébellion de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) sont parvenus le 20 juillet à un accord à Nairobi sur des questions-clés mais sans cessez-le-feu immédiat.
Les deux parties sont convenues d’une “période d’auto-détermination de six mois, pendant laquelle le cadre et les structures constitutionnelles seront mis en place”, sans interférence mutuelle, et à l’issue de laquelle elles se rencontreront à nouveau à Nairobi.
Khartoum et la SPLA sont parvenus à un accord sur les deux points sensibles de leur désaccord, “le droit à l’autodétermination pour le peuple du Sud-Soudan et les rapports entre Etat et religion”.
Les négociations futures porteront sur les autres dossiers de premier plan : partage du pouvoir et de la richesse, droits de l’homme et cessez-le-feu quand les conversations reprendront.
Les deux parties se sont mises d’accord sur un protocole de négociations établissant les principes sur lesquels l’accord est déjà réalisé, c’est-à-dire la phase de transition du processus de paix et les structures politiques à mettre en place dans un cadre constitutionnel.

L’étape précédente des pourparlers de paix pour le Soudan s’était déroulée dans la ville kenyane de Machakos, du 18 juin au 20 juillet, avec le soutien de l’Erythrée, de l’Ethiopie et de l’Ouganda. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Italie et la Norvège y avaient envoyé leurs ambassadeurs en tant qu’observateurs.
Contrairement à toutes les autres sessions de négociations qui ont eu lieu entre les deux parties depuis le lancement il y a neuf ans de l’initiative de l’IGAD, les pourparlers de Nairobi étaient parrainés par les Etats-Unis.
Washington avait déjà parrainé des pourparlers fructueux entre Khartoum et la SPLA qui avaient abouti en janvier à un accord de cessez-le-feu dans les monts Nouba (centre), prolongé début juillet pour une période de six mois.
Khartoum et la SPLA sont en conflit armé depuis 1983, date de l’instauration de la charia (loi islamique) par l’ancien président Gaafar Nimeiry.
Le conflit, entre le nord arabo-musulman et le sud à majorité animiste et chrétienne, a fait entre 1 et 1,5 million de morts et au moins 4 millions de déplacés, selon des sources humanitaires.


Sommaire SOUDAN

Sommaire Home Page