N° 263
du 29/01/2003

SOUDAN


Reprise au Kenya des pourparlers de paix

Une troisième session de négociations de paix inter-soudanaises entre le gouvernement et la principale rébellion du pays, l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), a débuté le 26/01 à Nairobi. “Au moment où nous entrons dans cette nouvelle phase de négociations, j’exhorte les différentes parties à faire preuve de flexibilité et de compassion”, a indiqué aux délégués le principal médiateur, le général kényan Lazaro Sumbeiywo.
Cette dernière session de discussions doit notamment porter sur le partage du pouvoir et des richesses, notamment de l’importante rente pétrolière, entre la rébellion de la SPLA, qui contrôle une grande partie du sud du pays, et le gouvernement de Khartoum.
Lors d’un premier round de négociations, en juillet dernier, les deux parties s’étaient mis d’accord sur une période d’autonomie de six ans pour le Sud chrétien et animiste.
Au terme de cette période, le sud du Soudan choisira par référendum entre le maintien de l’unité nationale et la sécession.
Lors du deuxième round de discussions en novembre, elles ont décidé d’étendre un accord de trêve signée en octobre et de poursuivre des négociations de paix jusqu’à fin mars 2003.
Le chef de la délégation rebelle Nhial Deng Nhial a, dès l’ouverture des discussions, affirmé que de “violents combats” avaient eu lieu ces dernières semaines, notamment dans la province du Haut Nil, malgré la trêve”.
“Nous poursuivrons les négociations en tout bonne foi, avec un esprit ouvert”, a assuré de son côté le chef de la délégation gouvernementale Idris Mohammed Abdulgadir. L’armée soudanaise avait accusé de son côté les rebelles d’attaquer des positions sous contrôle du gouvernement dans l’Etat d’Al-Wihda au sud du Soudan.

Washington met la pression

Enfin, les Etats-Unis ont mis la pression sur les négociateurs, en faisant savoir par le biais de l’envoyé spécial américain pour la paix au Soudan, John Danforth, qu’ils souhaitent que les négociations avancent durant les trois prochains mois.
Le président américain George W. Bush a signé le 21 octobre 2002 une loi prévoyant des sanctions contre le Soudan au cas où ce pays ne négocierait pas “de bonne foi” avec les rebelles. Par cette loi, qui suit une résolution du Congrès dans ce sens, il doit évaluer tous les six mois les avancées des négociations de paix.
Par ailleurs, une réunion ministérielle du comité ministériel de la Ligue arabe sur le Soudan a proclamé à Khartoum son opposition à la division du pays et appelé les Etats-Unis à jouer un rôle “neutre et positif” dans le processus de paix.
Dans un communiqué, les ministres arabes ont souligné que leurs pays “soutiennent l’unité territoriale du Soudan, et sont opposés à toute tentative de le morceler”.
Cette réunion, à laquelle ont pris part neuf ministres arabes des Affaires étrangères ou leurs délégués, s’était ouverte sous la présidence du secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa, qui avait lancé un appel “à toutes les forces politiques au Soudan, au nord comme au sud, pour arrêter la guerre et instaurer la paix” et appelé “au dialogue entre le gouvernement et l’opposition”.


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