N° 271
du 03/06/2003

SOUDAN


Les rebelles du Darfour
exigent d’être associés aux négociations de paix

Les rebelles du Darfour (ouest du Soudan) ont exigé par la voix de leur chef, Mani Arkoi Minaoui d’être associés aux négociations de paix en cours entre le gouvernement et la guérilla sudiste.
«Nous voulons participer aux négociations de Machakos (Kenya) et le Darfour doit faire partie d’une solution globale pour le Soudan», a affirmé M. Minaoui, secrétaire général du Mouvement de libération du Soudan (MLS) qui s’est récemment manifesté dans la région du Darfour.
M. Minaoui a indiqué que son mouvement a décidé «d’entamer un dialogue avec l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rebelles sudistes de John Garang) afin de parvenir à une solution pacifique globale sur tout le territoire soudanais».
Il a souligné que son mouvement n’était «pas sécessionniste» et voulait «préserver l’unité du Soudan», mais a réclamé «le respect des droits de l’Homme, des droits des minorités, un développement équilibré pour toutes les régions et la liberté de culte».

Le MLS a commencé en février dernier à revendiquer des attaques anti-gouvernementales dans le Darfour, région isolée et partiellement désertique frontalière du Tchad, théâtre depuis de nombreuses années d’affrontements tribaux et de raids de bandes armées.
Une cinquième session de pourparlers entre le gouvernement du Soudan et la rébellion du sud s’est ouverte le 10 mai à Machakos, mais a été ajournée le 21 mai.
Ces discussions devaient notamment traiter du partage du pouvoir, des richesses, du dispositif de sécurité durant une future période de transition, ainsi que d’autres sujets comme les revenus de l’exploitation du pétrole, la future banque centrale ou la monnaie soudanaise.
En juillet 2002, lors d’une précédente session de pourparlers au Kenya, les deux parties avaient signé un accord de paix prévoyant une période de transition de six ans au cours de laquelle l’autonomie serait accordée au sud, avant un référendum d’autodétermination.

Par ailleurs, les autorités ont interdit l’usage par les civils des téléphones satellitaires et des voitures tout-terrain dans le Darfour pour mieux lutter contre les rebelles. Dans le même temps, les autorités ont décidé d’accorder une amnistie à tout rebelle qui déposerait les armes et se rendrait, et prévenu que toute personne qui aiderait les «hors-la-loi» s’exposerait à de «sévères sanctions».


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