N° 272
du 17/06/2003

SOUDAN


Khartoum capitale laïque ?
Sadek al-Mahdi proposeun compromis
alors que les islamistes veulent manifester

Le dirigeant du principal parti d’opposition nordiste, Sadek al-Mahdi, a proposé le 8 juin une formule de compromis pour régler la question de la capitale soudanaise dans l’éventualité d’un accord de paix.

Le gouvernement et le parti au pouvoir, le Congrès national (CN), ont rejeté une demande de l’opposition nordiste et sudiste de faire de Khartoum une capitale laïque, non soumise à la loi islamique (charia) (cf. Afrique Express). Le Congrès national populaire (CNP) de l’opposant islamiste Hassan al-Tourabi a également signé à Londres un accord avec la SPLA portant sur la transformation de Khartoum en «capitale laïque».
Le Congrès national populaire (CNP) a également signé cette semaine à Londres un accord avec la SPLA portant sur la transformation de Khartoum en «capitale laïque».

Dans une lettre ouverte publiée par son parti à Khartoum, M. Mahdi a proposé que la capitale, située entre le Nil blanc et le Nil bleu, soit la «capitale administrative du pays, soumise aux lois découlant de la Constitution fédérale», qui ne prévoit pas l’application de la charia.
La capitale est formée de trois villes contiguës : Khartoum, Omdurman et Khartoum-nord. Les deux dernières villes seraient gouvernées en vertu de la charia, a précisé M. Mahdi.
Cependant, un parti islamiste pro-gouvernemental a protesté contre l’éventuelle instauration d’une capitale laïque dans le pays, accusant John Garang, le chef de l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rebelles sudistes), d’avoir violé le protocole d’accord de paix de Machakos (Kenya), signé en juillet 2002 avec le gouvernement et prévoyant l’application de la charia dans le nord où se trouve la capitale.
«L’appel (à instaurer) une capitale nationale laïque est contradictoire au protocole de Machakos», selon un mémorandum de protestation remis par le président de l’Organisation populaire pour la défense de la foi et de la patrie (OPDFP) Hussein Souleimane Abou Saleh, au médiateur kenyan, le général Lazaro Sumbeiywo, dont le pays accueille les sessions de pourparlers de paix entre le gouvernement soudanais et la SPLA.
L’OPDFP a décidé d’organiser une manifestation pour faire entendre sa voix.

Un gouvernement intérimaire ?

D’autre part, M. Mahdi a proposé qu’un gouvernement intérimaire soit formé au cours des deux premières années de la période transitoire de six ans et soit composé «du gouvernement actuel, de la SPLA et de représentants symboliques des autres partis politiques pour garantir des élections libres et honnêtes à l’ombre d’une nouvelle Constitution qui serait élaborée dans un délai de deux ans».

Le protocole de Machakos prévoit une période de transition de six ans au cours de laquelle l’autonomie serait accordée au sud, avant un référendum d’autodétermination.

Khartoum propose un référendum sur l’accord de paix et des élections

De son côté, le gouvernement a proposé au médiateur kenyan, le général Lazaro Sumbeiywo, l’organisation d’un référendum sur un accord de paix final avec les rebelles sudistes et la tenue d’élections multipartites.
Le référendum pourrait permettre de dégager «un consensus national» autour de l’accord de paix, a estimé le conseiller présidentiel pour la paix Ghazi Salaheddine Atabani.
Selon le médiateur kenyan, le gouvernement et la SPLA pourraient parvenir à un accord en août prochain.


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