Le gouvernement soudanais et l’Armée
populaire de libération du Soudan (SPLA,
rébellion) ont signé le 25 septembre au Kenya le texte de
l’accord relatif aux questions de sécurité en vue
de mettre un terme à 20 ans de guerre civile.
Cet accord a été signé par les deux parties à
Naivasha (80 km à l’ouest de Nairobi) après trois
semaines d’âpres discussions entre le vice-président
du Soudan Ali Osmane Taha et le chef de la rébellion
sudiste John Garang.
«C’est une occasion historique (...) elle ouvre la voie à
un accord de paix global», a déclaré M. Taha après
la signature de l’accord avec M. Garang, qui a déclaré
pour sa part: «Avec cet accord, la direction et l’orientation
vers la paix au Soudan sont irréversibles».
C’est la première fois que les pourparlers intersoudanais
se déroulent à un si haut niveau de représentation.
L’accord, qui s’applique durant un délai déjà
défini de 6 ans, conçu comme une période intérimaire
d’après-guerre dans le sud du pays, prévoit notamment
le retrait sous supervision internationale de la plupart des troupes gouvernementales
de cette région.
Parallèlement, la majorité des forces de la SPLA actuellement
déployées dans les montagnes de Nuba et le sud du Nil bleu
seront repositionnées au sud de la frontière nord-sud établie
lors de l’indépendance du pays en 1956.
La coordination et le commandement des deux forces seront assumés
par un nouveau comité de défense uni, composé d’officiers
représentant les deux parties.
Au cours de la période intérimaire, l’armée
gouvernementale ainsi que la SPLA demeureront séparées «et
doivent être considérées et traitées comme
les Forces nationales armées du Soudan (SNAF)»,
selon les termes du document signé.
Les SNAF se sauront pas régies par «une loi interne ou un
mandat, sauf dans les cas qualifiés constitutionnellement comme
des urgences», poursuit le texte.
L’accord prévoit également la formation de nouvelles
unités militaires composées de forces représentant
les deux parties.
Ces unités intégrées «doivent constituer le
noyau de l’armée après le référendum
au Soudan, si le résultat du référendum (qui doit
se tenir à l’expiration de la période intérimaire
de six ans) confirme l’unité, car à défaut,
elles devraient être dissoutes», ajoute le texte.
Elles doivent compter 24.000 hommes troupes dans le sud, 6.000 dans les
montagnes de Nuba, 6.000 autres dans le sud du Nil bleu et enfin 3.000
à Khartoum.
Les parties sont également tombées d’accord sur un
contrôle international du cessez-le-feu, qui doit entrer en vigueur
à compter de la signature d’un accord de paix global. Le
contenu de cet accord doit être examiné par les parties avec
les médiateurs de l’Autorité Inter-gouvernementale
régionale (IGAD) et des experts internationaux.
Le 21 septembre, le gouvernement soudanais et la rébellion avaient
fait un premier pas dans la bonne direction, en prolongeant de deux mois
le cessez-le-feu qui devait expirer fin septembre. Un accord de cessez-le-feu
avait été signé en octobre 2002 et devait initialement
être en vigueur durant six mois. Il a été prolongé
de trois mois en mars puis en juin 2003.
La guerre civile, qui oppose depuis 1983 les rebelles du sud du pays,
à majorité chrétienne et animiste, au pouvoir du
nord arabo-musulman, a fait plus d’un million et demi de morts et
quatre millions de déplacés.
Les négociations sur d’autres litiges comme le partage du
pouvoir et le statut de trois régions dans le centre du paix se
poursuivent.
Garang appelle Béchir pour le féliciter
Le chef de la rébellion sudiste John Garang a appelé au
téléphone le président soudanais Omar al-Béchir
pour le féliciter à la suite de l’accord entre les
deux parties. Il s’agit du premier contact téléphonique
entre le président soudanais et le chef de la SPLA, qui s’étaient
rencontrés en juillet 2002.
Selon la radio et la télévision d’Etat, M. Garang
a fait part de sa «vive satisfaction» à M. Béchir
à la suite de la conclusion entre des représentants du gouvernement
et de la guérilla d’un accord sur les questions de sécurité.
«L’obstacle le plus difficile sur la voie de la paix a été
éliminé», a ajouté M. Garang.
Le président Béchir a pour sa part remercié M. Garang
pour son appel et exprimé l’espoir que «les négociations
aboutiront à un accord global et définitif de paix, afin
de mettre fin aux souffrances du peuple soudanais dans le nord et de sud»,
selon les médias officiels.
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