N° 278
du 03/10/2003

SOUDAN


Le gouvernement et la SPLA signent un accord sur la sécurité

Le gouvernement soudanais et l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rébellion) ont signé le 25 septembre au Kenya le texte de l’accord relatif aux questions de sécurité en vue de mettre un terme à 20 ans de guerre civile.
Cet accord a été signé par les deux parties à Naivasha (80 km à l’ouest de Nairobi) après trois semaines d’âpres discussions entre le vice-président du Soudan Ali Osmane Taha et le chef de la rébellion sudiste John Garang.
«C’est une occasion historique (...) elle ouvre la voie à un accord de paix global», a déclaré M. Taha après la signature de l’accord avec M. Garang, qui a déclaré pour sa part: «Avec cet accord, la direction et l’orientation vers la paix au Soudan sont irréversibles».
C’est la première fois que les pourparlers intersoudanais se déroulent à un si haut niveau de représentation.
L’accord, qui s’applique durant un délai déjà défini de 6 ans, conçu comme une période intérimaire d’après-guerre dans le sud du pays, prévoit notamment le retrait sous supervision internationale de la plupart des troupes gouvernementales de cette région.
Parallèlement, la majorité des forces de la SPLA actuellement déployées dans les montagnes de Nuba et le sud du Nil bleu seront repositionnées au sud de la frontière nord-sud établie lors de l’indépendance du pays en 1956.
La coordination et le commandement des deux forces seront assumés par un nouveau comité de défense uni, composé d’officiers représentant les deux parties.
Au cours de la période intérimaire, l’armée gouvernementale ainsi que la SPLA demeureront séparées «et doivent être considérées et traitées comme les Forces nationales armées du Soudan (SNAF)», selon les termes du document signé.
Les SNAF se sauront pas régies par «une loi interne ou un mandat, sauf dans les cas qualifiés constitutionnellement comme des urgences», poursuit le texte.
L’accord prévoit également la formation de nouvelles unités militaires composées de forces représentant les deux parties.
Ces unités intégrées «doivent constituer le noyau de l’armée après le référendum au Soudan, si le résultat du référendum (qui doit se tenir à l’expiration de la période intérimaire de six ans) confirme l’unité, car à défaut, elles devraient être dissoutes», ajoute le texte.
Elles doivent compter 24.000 hommes troupes dans le sud, 6.000 dans les montagnes de Nuba, 6.000 autres dans le sud du Nil bleu et enfin 3.000 à Khartoum.
Les parties sont également tombées d’accord sur un contrôle international du cessez-le-feu, qui doit entrer en vigueur à compter de la signature d’un accord de paix global. Le contenu de cet accord doit être examiné par les parties avec les médiateurs de l’Autorité Inter-gouvernementale régionale (IGAD) et des experts internationaux.
Le 21 septembre, le gouvernement soudanais et la rébellion avaient fait un premier pas dans la bonne direction, en prolongeant de deux mois le cessez-le-feu qui devait expirer fin septembre. Un accord de cessez-le-feu avait été signé en octobre 2002 et devait initialement être en vigueur durant six mois. Il a été prolongé de trois mois en mars puis en juin 2003.
La guerre civile, qui oppose depuis 1983 les rebelles du sud du pays, à majorité chrétienne et animiste, au pouvoir du nord arabo-musulman, a fait plus d’un million et demi de morts et quatre millions de déplacés.
Les négociations sur d’autres litiges comme le partage du pouvoir et le statut de trois régions dans le centre du paix se poursuivent.

Garang appelle Béchir pour le féliciter


Le chef de la rébellion sudiste John Garang a appelé au téléphone le président soudanais Omar al-Béchir pour le féliciter à la suite de l’accord entre les deux parties. Il s’agit du premier contact téléphonique entre le président soudanais et le chef de la SPLA, qui s’étaient rencontrés en juillet 2002.
Selon la radio et la télévision d’Etat, M. Garang a fait part de sa «vive satisfaction» à M. Béchir à la suite de la conclusion entre des représentants du gouvernement et de la guérilla d’un accord sur les questions de sécurité.
«L’obstacle le plus difficile sur la voie de la paix a été éliminé», a ajouté M. Garang.
Le président Béchir a pour sa part remercié M. Garang pour son appel et exprimé l’espoir que «les négociations aboutiront à un accord global et définitif de paix, afin de mettre fin aux souffrances du peuple soudanais dans le nord et de sud», selon les médias officiels.


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