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| Le gouvernement soudanais et la
principale rébellion du pays, l’Armée populaire
de libération du Soudan (SPLA), ont signé le 7 janvier
au Kenya un accord attendu sur le partage des ressources, étape essentielle
vers un accord général de paix. L’accord prévoit
un partage à 50/50 des revenus pétroliers du Soudan - qui
produit environ 300.000 barils de brut par jour - et des revenus non-pétroliers,
notamment les impôts. Le document de 24 pages traite de «la gestion du secteur pétrolier, de l’autorité monétaire (la Banque centrale du Soudan) et de la reconstruction du sud et d’autres régions touchées par la guerre». Le partage des ressources est prévu entre Khartoum et l’administration autonome qui doit être mise en place dans le sud pendant une période de six ans en fonction d’un accord conclu en 2002. Il n’interviendra que lorsque le gouvernement et les rebelles auront conclu un accord global de paix. A l’issue de cette période de six ans, un référendum d’autodétermination doit être organisé dans le sud. Les deux parties ne sont pas parvenues à un accord global avant la fin de l’année 2003, comme elles s’y étaient engagées auprès des Etats-Unis en octobre selon le secrétaire d’Etat américain Colin Powell. Cet accord sur le partage des ressources a été signé par les principaux négociateurs des deux délégations, Idris Mohammed Abdelgadir pour le gouvernement et Nhial Deng Nhial pour la SPLA. John Garang, Ali Osmane Taha, ainsi que le ministre kényan des Affaires étrangères Kalonzo Musyoka, ont assisté à la cérémonie à Naivasha, à environ 80 km au nord-ouest de Nairobi. Il reste encore deux questions majeures que Khartoum et les rebelles doivent encore résoudre avant de parvenir à un accord global: le partage du pouvoir et le contrôle de trois régions situées au centre du pays (Abyei, l’Etat méridional du Nil bleu et les Monts Nouba). Concernant les trois provinces contestées, qui se situent toutes au nord de la délimitation entre le Sud et le Nord établie par l’administration britannique en 1956, le gouvernement central devrait pouvoir facilement revenir sur la position traditionnelle défendue jusque là fermement par les nordistes en faveur du respect de cette «frontière». Mais les négociations pourraient achopper sur le statut de Abyei, une région peuplée essentiellement de Dinka, la tribu de plusieurs dirigeants de la SPLA. Le président soudanais Omar al-Béchir a affirmé le 13 janvier que les négociations de paix avec les rebelles sudistes ne modifieraient en rien les frontières des Etats à l’intérieur de la fédération, et que la charia resterait en vigueur quoi qu’en pensent les rebelles. «La délégation qui négocie à Naivasha a reçu pour instruction de se conformer à trois lignes directrices: pas d’abandon de la charia, pas de démantèlement du nord du Soudan, et, dernier point préférer l’unité» plutôt que l’éclatement, a déclaré M. Béchir. «Nous n’abandonnerons jamais les frontières du 1er janvier 1956» (date de l’indépendance du pays), a-t-il ajouté, semblant ainsi écarter l’idée de découpages administratifs pour contenter les rebelles. Quant à la perspective d’un partage du pouvoir, cela a déjà fait monter la tension à Khartoum. Le Parti démocratique unioniste (PDU, opposition) a fait savoir qu’il s’opposait «avec force» à un accord sur le partage du pouvoir qui aurait, selon lui, déjà été conclu entre les négociateurs et dans lequel le général Omar al-Béchir garderait ses fonctions de chef d’Etat, John Garang prendrait celles de vice-président et Ali Osman Taha serait nommé Premier ministre. L’Alliance nationale pour la démocratie (AND), à laquelle appartient le PDU, réclame la formation d’un conseil d’Etat représentant toutes les régions du Soudan et toutes ses composantes politiques, ainsi qu’un conseil des ministres de même composition. Ces deux organes souverains se maintiendraient au pouvoir en attendant l’élection d’un chef d’Etat et la formation d’un gouvernement à mi-chemin de la période de transition. Réactions
Les principaux points de l’accord de
partage des ressources |
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