N° 290
du 23/03/2004


SOUDAN

Les pourparlers de paix avec la SPLA continuent
Les pourparlers de paix intersoudanais entre le gouvernement et la rébellion sudiste qui devaient être ajournés le 22 mars vont être prolongés jusqu’au 31 mars, dans l’espoir de conclure un accord de paix., a annoncé le médiateur en chef Lazaro Sumbeiywo, général à la retraite de l’armée kenyane. Les négociations entre une délégation du gouvernement de Khartoum et l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA, rébellion sudiste de John Garang), se déroulent à Naivasha au Kenya.
L’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), joue le rôle de médiateur dans ces négociations qui ont lieu sous la pression des Etats-Unis. Le 19 mars, l’envoyé spécial du président américain George Bush pour le processus de paix au Soudan, John Danforth, avait encouragé les parties à conclure un accord d’ici fin mars, estimant qu’une attente trop longue pouvait nuire à l’engagement de la communauté internationale dans le processus. Le 22 mars, c’est le président Bush en personne qui a appelé le président soudanais Omar al-Béchir pour le presser d’accepter les propositions de paix américaines transmises par son envoyé spécial John Danforth.
M. Bush aurait également appelé le chef de la SPLA, John Garang, pour le remercier d’avoir accepté ces propositions.

Il reste deux questions en suspens : le statut des trois régions disputées, Abyei (région, supposée riche en pétrole et dont la SPLA réclame le droit à l’autodétermination), les Monts Nouba et le Nil Bleu méridional, ainsi que le partage du pouvoir.
Un terrain d’entente a déjà été trouvé pour les deux régions des Monts Nouba et du Nil bleu méridional, mais aucun accord n’a encore été signé.
Début janvier, le gouvernement soudanais et la SPLA ont signé un accord sur le partage des ressources (Cf. Afrique Express N° 286). Le conflit soudanais, le plus long en cours en Afrique, oppose depuis 1983 le sud du Soudan, à majorité chrétienne et animiste, au nord arabo-musulman, et a fait environ 1,5 million de morts et quelque 4 millions de déplacés.
Les propositions américaines envisagent de donner un statut particulier à cette région après la signature de l’accord final, avec un conseil exécutif local élu.
La région ne dépendrait ni du gouvernement soudanais, ni des rebelles du sud et les revenus tirés du pétrole seraient partagés entre Khartoum et le SPLA (50% et 42%), les 8% restants étant attribués à parts égales entre deux tribus clés de la région et les provinces de Bahr el-Ghazal et du Kordofan, chacune touchant donc 2% de la manne pétrolière. Les Etats-Unis proposent en outre que des observateurs internationaux soient envoyés à Abyei pour surveiller la mise en place de l’accord.

Une ONG allemande accuse une milice d’atrocités dans le Sud

L’organisation humanitaire allemande Hoffnungszeichen (Signe d’Espoir) a accusé le 21 mars une milice pro-gouvernementale au sud-Soudan de commettre des atrocités contre la population civile, d’avoir tué plusieurs personnes, brûlé des cases et volé du bétail. Les combats dans la région ont opposé des miliciens fidèles à Lam Akol, chef rebelle, qui, dans les années 90, avait fait défection au gouvernement, et qui a rejoint récemment la SPLA, à des combattants pro-governementaux. Ces derniers combats auraient eu lieu dans les zones de Ubai et Nyilwac (centre).

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