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Nicéphore Soglo, 67
ans, avait été élu en mars 1991 face au
général Mathieu Kérékou.
Il représentait alors une nouvelle
génération de dirigeants, économiste
bon ton, bien vu des technocrates du FMI et de la Banque
mondiale. Son passage aux affaires a vite
démontré qu'il était comme tout le
monde un homme faillible, son entourage lui ayant
causé plus de tord que de bien.
Marié et père de deux enfants,
Nicéphore Dieudonné Soglo, reste très
influencé par l'ultra libéralisme
américain.
Né le 29 novembre 1934 à Lomé (Togo),
ce "technocrate" est diplômé d'études
supérieures en droit, licencié en lettres de
la Sorbonne (Paris).
Neveu du général Christophe Soglo,
auteur du premier coup d'Etat au Bénin en 1963 contre
le président Hubert Maga, il est nommé
cette même année ministre de l'Economie et des
Finances, un poste qu'il occupera jusqu'en 1965.
De 1979 à 1986, il est administrateur à la
Banque mondiale, une expérience dont il tirera plus
tard la plus grande fierté.
Ses compétences économiques et sa relative
neutralité politique lui valent en février
1990 d'être désigné Premier ministre du
gouvernement de transition. Un an plus tard, gravement
malade, il est élu président de la
République avec plus de 67% des suffrages.
Nicéphore Soglo, qui aime à citer la
transition démocratique béninoise comme
"modèle", a adhéré en juillet 1993 au
parti "Renaissance du Bénin" créé par
son épouse, Rosine Soglo. Il en a aussitôt pris
la tête, tandis que Mme Soglo devenait
vice-présidente.
Si Kerekou a eu à affronter une tentative de putsch
avec mercenaires à l'appui sous son régime,
celui de Nicéphore Soglo fut secoué en
novembre 1995, par un attentat à la roquette contre
le centre de conférences qui devait abriter le sommet
des chefs d'Etats francophones. Des militaires furent
arrêtés pour ces faits puis
libérés, avec le retour de Kerekou au
pouvoir.
En mai 1992, le capitaine Pascal Tawès, ancien
commandant-adjoint du bataillon de la garde
présidentielle de Mathieu Kérékou
(1972-1991) fut accusé d'avoir orchestré une
tentative de coup d'Etat visant à renverser le
président Soglo. Le capitaine Pascal Tawès
avait été condamné par contumace en
septembre 1994 aux travaux forcés à
perpétuité pour complot contre la
sûreté de l'Etat. Il est rentré au
Bénin après promulgation par le
président Kérékou d'une amnistie de
certains faits "à connotation politique" commis entre
le 1er janvier 1991 et le 30 juin 1996.
L'acceptation de sa défaite par Nicéphore
Soglo en 1996 ne se fit pas sans mal, sans que l'on puisse
l'accuser personnellement d'avoir voulu faire de la
résistance. Mais, le Bénin a connu à
l'époque une semaine interminable en attendant la
proclamation des résultats par la Cour
constitutionnelle, dont les membres ont été
menacés de mort et ont subi des pressions violentes
allant jusqu'au mitraillage nocturne du domicile d'un des
membres de la Cour. Dans le clan de Nicéphore Soglo,
les "durs" avaient semble-t-il voulu tenter un coup de force
pour faire annuler le scrutin et prendre en main la
destinée du pays, comme en témoigna le
limogeage du tout puissant beau-frère de M. Soglo,
Désiré Viera, qui était ministre
d'Etat à la Défense nationale.
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