|
Jusqu'au
XVIIe siècle le pays est divisé en plusieurs
royaumes dont celui du d'Abomey (fondé en 1625) et celui
de Porto-Novo.
Quand, en 1625, le royaume d'Abomey conquiert
le royaume voisin de Dan, il lui donne le nom de Dahomey (en langue
fon : " dans le ventre de Dan ").
Ces royaumes vivaient sur la traite des esclaves en relations avec les
comptoirs commerciaux contrôlés par les Anglais, les Danois,
les Portuguais et les Français.
En 1894, après la reddition du Roi
dAbomey, la France donne à ce nouveau territoire colonial,
lappellation de "Colonie du Dahomey et ses dépendances".
En 1904, le Dahomey est incorporé
à lAOF (Afrique Occidentale française).
La République du Dahomey acquiert son indépendance le 1er
août 1960 et Hubert Maga en est le premier président
de la République (lire sur Wikipédia
un article très documenté sur cette période de la
vie politique béninoise qui permet de comprendre pourquoi Hubert
Maga a été le premier président ).
Hubert Maga est renversé le 28 octobre 1963
par un putsch initié par le colonel Christophe Soglo.
Le pouvoir revient aux civils en décembre 1963 : Sourou Migan
Apithy est président et Justin Ahomadébgé
Premier ministre et vice-Président.
5
janvier 1964 : adoption dune nouvelle constitution est adoptée
par référendum.
Le 22 décembre 1965, Christophe Soglo,
devenu général, reprend le pouvoir par un coup d'État.
Le 17 décembre 1967, il est à
son tour renversé par le commandant Maurice Kouandété.
Un lieutenant-colonel, Alphonse Alley, prend la tête du gouvernement.
Le 26 juin 1968, des jeunes militaires regroupés
au sein du CMR place à la tête du pays, le Dr Emile Derlin
Zinsou.
Le 10 décembre 1969, un autre lieutenant-colonel
dépose le président Emile Derlin Zinsou et le 13
décembre, Paul Émile de Souza prend le pouvoir.
Le 7 mai 1970, un Conseil présidentiel
de trois membres (Sourou Migan Apithy, Hubert Maga et Justin
Ahomadebgé), dirige le pays avec une présidence "
tournante ".
Le 26 octobre 1972, ce Conseil présidentiel
est renversé par un coup d'État de jeunes militaires dirigés
par le commandant Mathieu Kérékou, qui forme un Gouvernement
Militaire Révolutionnaire (GMR).
Les trois présidents (Migan Apithy, Hubert Maga et Justin Ahomadebgé)
seront emprisonnés jusquen 1981.
En décembre 1973, est créé
le Conseil national de la révolution (CNR) puis en novembre
1974, le régime adopte comme ligne de conduite le "socialisme
scientifique".
Le 30 novembre 1975, le pays change de nom
et devient la République populaire du Bénin. Le Parti
de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB) est le parti
unique.
Le 16 janvier 1977, un groupe de mercenaires
dirigé par Bob Denard échoue lamentablement dans
une tentative de putsch à laquelle participe des Béninois.
Une nouvelle constitution est adoptée le 26
août 1977.
En novembre 1979, des élections législatives,
toujours sous le régime du parti unique, permettent la formation
de l'Assemblée Nationale Révolutionnaire (ANR).
Mathieu Kérékou est élu président de la République
du Bénin par cette Assemblée en février
1980. Il sera réélu en 1984 et 1989, mais dès
1987, la crise économique aidant, des mouvements de contestation
se font jour, notamment dans les milieux intellectuels et étudiants
et avec lappui du Parti communiste béninois (PCB).
Suite à une grève générale des fonctionnaires
en novembre, le régime renonce à la doctrine marxiste-léniniste
en décembre 1989.
En février 1990, après la suspension
de la Constitution, une Conférence Nationale des Forces Vives
de la Nation est organisée à Cotonou sous la présidence
de Mgr de Souza, archevêque de Cotonou.
Elle débouche sur la création dun Haut Conseil
pour la République (HCR), qui nomme le 12
mars 1990, Nicéphore Soglo comme Premier ministre.
En décembre 1990, une nouvelle Constitution
instaurant le régime présidentiel et le multipartisme intégral
est adoptée par référendum.
Le 2 février 1991 se tiennent les
premières élections législatives multipartites, qui
sont suivies le 24 mars par lélection
présidentielle.
Nicéphore Soglo est élu président avec 63%
des voix au second tour, face à Mathieu Kérékou.
Mathieu Kérékou sisole alors dans sa demeure à
Cotonou, et bien peu pensent le voir revenir en politique, dautant
que la Conférence nationale la amnistié pour tous
les faits de son précédent régime. Le 30
avril 1991, le Haut Conseil pour la République adopte à
lunanimité une loi lui accordant "une immunité
personnelle pour tous les actes quil a accomplis du 26 octobre 1972
au 1er avril 1991".
Aux élections législatives de mars
1995, le parti de Soglo, Renaissance du Bénin (RB),
nobtient que 21 députés sur les 83 sièges de
lAssemblée nationale.
Quand arrive lélection présidentielle
de mars 1996, kérékou a repris goût à
la politique. Il se porte candidat et bat Nicéphore Soglo au second
tour, en ayant bénéficié du report des voix du candidat
Adrien Houngbédji, arrivé troisième au 1er
tour avec 19,7% des suffrages.
En toute logique, Houngbedji, qui disposait déjà de 19 députés
avec son parti le PRD à lAssemblée nationale, sera
nommé Premier ministre (sans être chef du gouvernement),
à lissue de ce scrutin.
Le Général Kérékou remporte cette présidentielle
avec 52,49% des suffrages contre 47,51% à Nicéphore Soglo
qui en contestera âprement le résultat.
En cinq ans de présidence, Nicéphore Soglo avait réussi
à retourner contre lui la plupart des partis et personnalités
politiques qui lavaient amené au pouvoir en 1991.
En mai 1998, Houngbédji démissionne
de son poste de Premier ministre.
Le 13 mars 1999, lArchevêque
de Cotonou, Mgr Isidore de Souza, décède dune
crise cardiaque.
Aux législatives de mars 1999, la
"mouvance présidentielle" (le président Kérékou
na pas de parti), obtient 41 sièges, contre 38 à lopposition
dont 27 pour la seule Renaissance du Bénin. Un parti implanté
dans le Nord, lAlliance Etoile, obtient 4 sièges.
En juin 1999, Bruno Amoussou, le président
du Parti social démocrate (PSD) est nommé Ministre
dEtat chargé de la coordination de laction gouvernementale,
du plan, du développement et de la promotion de lemploi.
Un Premier ministre qui cache son nom.
Lélection présidentielle de
2001 sera loccasion dun formidable imbroglio électoral
qui ne grandira pas le Bénin, pays qui jouit souvent de la réputation
quelque peu surfaite de "laboratoire démocratique".
Le premier tour de cette élection présidentielle a abouti
à un second tour sans intérêt, puisqu'il opposait
le président sortant, Mathieu Kérékou, à l'un
de ses ministres, Bruno Amoussou, qui avait dans un premier temps appelé
ses sympathisants à reporter leurs suffrages sur Mathieu Kérékou.
Pour le détail de cette magnifique élection, voire larticle
"le formidable imbroglio électoral".
In fine, Mathieu Kérékou fut réélu
président au second tour, boycotté par Soglo puis par Houngbédji,
avec 83,64% des suffrages contre son ministre, Bruno Amoussou (16,36%
).
Nicéphore Soglo, politiquement fini, après cette présidentielle
de 2001 ? Par encore.
Il remporte les élections municipales dans son fief Cotonou en
décembre 2002 et devient maire de la capitale économique
du pays.
Adrien Houngbédji, lui, décroche la mairie de son fief,
Porto Novo.
La mouvance présidentielle arrive en tête dans la plupart
des autres régions, notamment à Parakou, la capitale
du nord.
A Parakou - plus grande ville du nord du pays cest le richissime
homme daffaires Rachidi Gbadamassi, qui a été
élu. Il est aujourdhui en prison, accusé davoir
commandité le meurtre dun magistrat de sa ville.
En
juillet 2005, lors dune rencontre avec le corps enseignant,
le président Kérékou annonce qu'il ne touchera pas
à la Constitution pour rester au pouvoir en 2006. La constitution
limite lâge des postulants à la présidence à
70 ans. Nicéphore Soglo et lui-même ne peuvent donc se porter
candidat.
Mais dans la rue, et étonnamment, de nombreuses associations et
autres groupuscules se font jour pour réclamer le report de lélection
présidentielle de mars 2006, en arguant que lEtat béninois
na pas les moyens de financer le coût de cette élection
et quil serait préférable de la reporter à
2008, avec les élections municipales
Ce qui impliquerait aussi un report des élections législatives
programmées en 2007.
Fer de lance de ce mouvement " anti-présidentielle ",
le Front national pour le couplage des élections, présidé
par un colonel de gendarmerie à la retraite, Martin Dohou Azonhiho,
patron de la sécurité du port de Cotonou et ancien baron
du PRPB.
Mais le Bénin étant un laboratoire expérimental,
lhomme de la rue nen a pas fini de tenter de "comprendre"
les expériences. En février
de cette année 2006, Pierre Osho,
un fidèle parmi les fidèles du président Kérékou,
démissionne avec fracas de son poste de ministre de la Défense,
en expliquant quil naccepte pas les manigances en cours et
le comportement de certains autres ministres (en loccurrence, peut-on
supposer, celui du ministre des Finances qui traîne des pieds pour
octroyer à la Cena (Commission électorale) les ressources
nécessaires à la bonne organisation du scrutin).
Mais, surprise ! Par qui est remplacé Pierre Osho, quelques jours
après sa démission ? Par le colonel Martin Dohou Azonhiho,
lapôtre du report de lélection présidentielle.
Inquiétude dans les états-majors des partis politiques ?
Pas le moins du monde. Personne nose critiquer les décisions
du président Mathieu Kérékou car tous espèrent
son "soutien" indirect pour lélection.
Dès sa prise de service, Martin Dohou Azonhiho tient à rassurer
les Béninois et les bailleur de fonds qui ont déjà
mis quelques milliards de FCFa sur la table pour organiser le scrutin,
en affirmant quil est maintenant un adepte de cette élection
! Et pour preuve, quelques jours plus tard, il proclame son soutien au
candidat Adrien Houngbédji.
Ainsi va le Bénin en cette fin du mois de février 2006,
avec une seule certitude : à défaut dêtre le
"laboratoire de la démocratie", le Bénin est assurément
le "laboratoire de lincongruité".
|
|