- Le ministre
burkinabè de la Justice, Boureïma
Badini, a annoncé le 30 octobre que les 150
magistrats burkinabè ne pourront plus user de leur
droit de grève, au terme d'une importante
réforme du système judiciaire du pays.
- "La magistrature fait partie des domaine de
souveraineté d'un Etat, il est évident
qu'on ne doit pas pouvoir entraver le fonctionnement
normal de ces institutions à un moment
précis", selon M. Badini pour qui "le droit de se
syndiquer ne veut forcément pas dire d'aller en
grève".
- Les magistrats burkinabès sont
regroupés en trois associations distinctes dont la
plus représentative constitue le Syndicat
burkinabè des magistrats (SBM),
rassemblant de "jeunes juges". En avril, le SBM avait
appelé avec succès à la
première grève des magistrats
burkinabès depuis l'indépendance du pays en
1960.
- Le secrétaire général du SBM,
Hervé Kam a affirmé "ne pas
du tout se sentir engagé par les réformes"
déplorant que "ces réformes nous
ramènent 40 ans en arrière parce qu'elles
sont en deçà des garanties textuelles
d'indépendance qui existaient".
- Ces nouvelles réformes mettent
également l'accent sur la "dépolitisation
de la magistrature". "Il y a certains actes posés
par les magistrats qui traduisent des comportements
politiques", a souligné le ministre, M. Badini,
évoquant le "militantisme de certains magistrats
au sein de certaines organisations dites de la
société civile. Ce sont des actes
politiques qui sont posés. Il va falloir
débusquer tous ces aspects... ", a-t-il
ajouté.
- Par ailleurs, M. Badini, a annoncé la mise en
place prochaine d'un plan national d'action de la justice
d'un coût de 21,1 milliards de CFA (32,17 millions
d'euros), financé en partie par l'Union
européenne.
- Ce plan quinquennal (2002/2006) vise à
accroître le nombre de juridictions qui devront
passer de 11 au 30. Le nombre de magistrats sera
doublé grâce à un recrutement de 30
juges par an.
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