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Le président
burkinabè, Blaise Compaoré, a
entamé le 12 octobre une visite officielle à
Paris, entachée par une plainte déposée
contre lui par l'association Reporters sans
frontières (RSF) dans l'affaire de l'assassinat
du journaliste Norbert Zongo.
Cette visite, la première du président du
Burkina Faso depuis novembre 1998, a débuté
par un déjeuner à l'Elysée avec son
homologue français, Jacques Chirac. A la sortie de
l'Elysée, Blaise Compaoré a jugé
"ridicule" cette plainte déposée contre lui :
"Ce n'est pas un dossier qui me concerne, c'est un dossier
qui concerne la justice burkinabè qui travaille sur
cette question", a-t-il déclaré à la
presse. "Je ne trouve pas opportun, à mon niveau
personnel, qu'une justice autre que celle du Burkina se
saisisse d'un tel dossier", a ajouté Blaise
Compaoré qui a assuré n'être "pas du
tout" inquiet. "En France, il y a la justice et il y a les
plaisantins de l'autre côté", a-t-il
ajouté.
Mais les "plaisantins", déboutés le 11
octobre après le classement sans suite par le parquet
de Paris de leur première plainte, ont
décidé le lendemain de se porter partie civile
contre lui.
A la suite du rejet du Parquet, "RSF a
décidé de déposer une plainte avec
constitution de partie civile contre le président
Blaise Compaoré, le 12 octobre 2001", selon un
communiqué de l'association de défense de la
liberté de la presse. La plainte de RSF contre le
président burkinabè concerne en fait l'origine
de l'assassinat, le 13 décembre 1998, du journaliste
burkinabè et directeur du journal
l'Indépendant, le très populaire Norbert
Zongo. Son cadavre calciné avait été
retrouvé dans son véhicule sur le
bas-côté d'une piste, à Sapouy (100 km
au sud de Ouagadougou) et sa mort avait provoqué
d'importantes manifestations dans la capitale
burkinabè.
Le journaliste enquêtait sur le meurtre sous la
torture du chauffeur de François
Compaoré, frère cadet du chef de l'Etat,
pour lequel ont depuis été condamnés
trois membres de la garde présidentielle.
C'est sur le volet des tortures que porte la plainte et
la constitution de partie civile de RSF.
"Le journaliste avait longuement enquêté
sur la mort de David Ouedraogo, chauffeur de
François Compaoré, conseiller à la
présidence et frère du chef de l'Etat",
explique RSF.
Selon RSF, la commission d'enquête
indépendante a établi dans son rapport final,
publié le 6 mai 1999, que le journaliste avait
été assassiné à la suite de ses
investigations dans l'affaire Ouedraogo.
Si une partie de l'opposition burkinabè participe
au gouvernement, une autre frange importante de
l'opposition, regroupée au sein d'un "collectif
contre l'impunité", réclame que soient
jugés les auteurs des "crimes impunis".
En mars 2001, le président, au pouvoir depuis 14
ans après l'assassinat de son "frère d'armes"
Thomas Sankara, a solennellement demandé
pardon à la Nation pour tous les crimes d'Etat...
depuis l'indépendance de 1960. Mais ses opposants
avaient rebaptisé la "journée du pardon" en
"journée nationale de deuil".
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