N° 250
du 24/05/2002

Burkina Faso


Législatives: très courte majorité pour le parti présidentiel

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) n’a remporté que 57 des 111 sièges à l’Assemblée nationale burkinabé, selon les résultats officiels du scrutin du 5 mai, proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) .
Dans le Parlement sortant, le CDP, parti du président Blaise Compaoré disposait d’une majorité écrasante de 104 députés sur 111.
Le CDP est suivi de l’Alliance pour la démocratie et la Fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA, dirigée par Me Herman Yaméogo) qui obtient 17 sièges alors qu’elle n’avait qu’un seul député dans le Parlement sortant.
L’ADF/RDA a ravi au Parti pour la démocratie et le progrès (PDP) , du professeur Joseph Ki-Zerbo qui n’a remporté que dix sièges, le titre de première formation de l’opposition, un titre qui lui confère désormais un rang protocolaire dans les institutions du pays.
Le Parti de la renaissance nationale (PAREN, dirigé par le professeur Laurent Bado) a obtenu quatre sièges.
Enfin trois partis “sankaristes” dont l’ Union de la renaissance/Mouvement sankariste (UNIR/MS, dirigée par l’avocat Bénéwendé Sankara), seront présents dans l’hémicycle pour la première fois avec sept sièges de députés. L’UNIR/MS a obtenu trois sièges. Ces partis “sankaristes” se réclament de l’idéal de Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabé, assassiné le 15 octobre 1987 à l’issue d’un coup d’Etat qui porta au pouvoir Blaise Compaoré, l’actuel président.

Au total, sur les 13 partis qui seront représentés dans le futur Parlement, dix n’y avaient jamais siégé. Ce scrutin, le troisième depuis le début en 1991 du processus démocratique au Burkina Faso, a mis en lice 1.740 candidats (et autant de suppléants) issus de 30 partis politiques qui ont brigué les suffrages de 3.003.211 électeurs inscrits dans 11.000 bureaux de vote.
Une réforme du mode de scrutin adoptée en janvier 2001, instaurant la proportionnelle au plus fort (90 députés élus sur listes régionales et 21 sur listes nationales) a permis à l’opposition de réaliser cette “percée”.
La CENI, organisatrice de ce scrutin, s’est félicitée de la “maturité politique” des Burkinabé qui, selon elle, ont voté “dans l’ordre et la discipline” et s’est félicitée du remarquable taux de participation qui a atteint 64,16%.
Le Burkina a reçu pour cette élection un appui logistique du Bénin voisin qui lui a prêté 3.000 urnes transparentes en complément de ses 9.000 disponibles.
Ces élections ont vu aussi l’utilisation pour la première fois du bulletin unique (sur lequel figuraient tous les candidats). Selon la CENI, cette élection a coûté finalement 6,5 milliards de FCFA (9,91 millions d’euros).


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