N° 251
du 18/06/2002

Burkina Faso


Nouveau gouvernement sans opposant

La formation le 11 juin d’un nouveau gouvernement, sans participation de l’opposition, symbolise pour le pouvoir la fin de la crise socio-politique sans précédent née de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo.
Les opposants du président Blaise Compaore réfutent de leur côté une telle analyse et mettent l’accent sur les “dangers à gouverner tout seul”.
Les élections législatives du 5 mai dernier ont donné au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) une courte majorité de 57 élus, contre 54 à l’opposition, qui est toutefois allée au scrutin divisée, comme à son habitude.
Plusieurs partis d’opposition étaient entrés fin 2000 au gouvernement (neuf ministres au total), dans le cadre d’un accord sur un gouvernement “d’ouverture” censé résoudre la crise née de l’assassinat de Norbert Zongo, tué en décembre 1998 alors qu’il enquêtait sur une affaire touchant l’entourage du président Compaore.
Après quelques semaines de débat suivant les législatives, le CDP a décidé de ne plus associer l’opposition au gouvernement. Il est vrai que depuis un an, la tension dans les rues s’est apaisée, même si l’affaire Zongo n’a toujours pas trouvé de conclusion judiciaire, malgré les promesses du pouvoir.
Mais pour le gouvernement, le débat sur “l’ouverture” étant tranché, les atermoiements ne sont plus de mise. Et après l’organisation l’année dernière d’une “journée nationale de la réconciliation”, s’appesantir sur la crise socio-politique lui semble dépassé.
La priorité affichée est donc aujourd’hui “d’accélérer la croissance économique afin d’obtenir dans un délai court des résultats concrets sur le terrain de la lutte contre la pauvreté”. Deuxième engagement fort: la lutte contre la corruption.
De façon significative, le vocabulaire du Premier ministre M. Yonli a changé. Après son cabinet “d’ouverture”, il se dit aujourd’hui à la tête d’un “gouvernement de combat avec des hommes engagés et déterminés”.

Dans le détail …
Le Premier ministre Ernest Yonli, 46 ans, économiste de formation, qui avait présenté sa démission le 4 juin dernier, a été reconduit dans ses fonctions trois jours plus tard.
Deux portefeuilles (Ressources Animales et Chargé de l’Alphabétisation) ont été accordés à deux partis proches de la mouvance présidentielle, qui ont obtenu au total une dizaine de députés au scrutin du 5 mai.
Le poste de l’Action Sociale échoit à la “championne” de la lutte contre l’excision au Burkina, Mariam Lamizana.

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