- La formation le 11 juin dun nouveau gouvernement, sans participation de lopposition, symbolise pour le pouvoir la fin de la crise socio-politique sans précédent née de lassassinat du journaliste Norbert Zongo.
Les opposants du président Blaise Compaore réfutent de leur côté une telle analyse et mettent laccent sur les dangers à gouverner tout seul.
Les élections législatives du 5 mai dernier ont donné au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, au pouvoir) une courte majorité de 57 élus, contre 54 à lopposition, qui est toutefois allée au scrutin divisée, comme à son habitude.
Plusieurs partis dopposition étaient entrés fin 2000 au gouvernement (neuf ministres au total), dans le cadre dun accord sur un gouvernement douverture censé résoudre la crise née de lassassinat de Norbert Zongo, tué en décembre 1998 alors quil enquêtait sur une affaire touchant lentourage du président Compaore.
Après quelques semaines de débat suivant les législatives, le CDP a décidé de ne plus associer lopposition au gouvernement. Il est vrai que depuis un an, la tension dans les rues sest apaisée, même si laffaire Zongo na toujours pas trouvé de conclusion judiciaire, malgré les promesses du pouvoir.
Mais pour le gouvernement, le débat sur louverture étant tranché, les atermoiements ne sont plus de mise. Et après lorganisation lannée dernière dune journée nationale de la réconciliation, sappesantir sur la crise socio-politique lui semble dépassé.
La priorité affichée est donc aujourdhui daccélérer la croissance économique afin dobtenir dans un délai court des résultats concrets sur le terrain de la lutte contre la pauvreté. Deuxième engagement fort: la lutte contre la corruption.
De façon significative, le vocabulaire du Premier ministre M. Yonli a changé. Après son cabinet douverture, il se dit aujourdhui à la tête dun gouvernement de combat avec des hommes engagés et déterminés.
Dans le détail
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- Le Premier ministre Ernest Yonli, 46 ans, économiste de formation, qui avait présenté sa démission le 4 juin dernier, a été reconduit dans ses fonctions trois jours plus tard.
Deux portefeuilles (Ressources Animales et Chargé de lAlphabétisation) ont été accordés à deux partis proches de la mouvance présidentielle, qui ont obtenu au total une dizaine de députés au scrutin du 5 mai.
Le poste de lAction Sociale échoit à la championne de la lutte contre lexcision au Burkina, Mariam Lamizana.
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