N° 289
du 09/03/2004

Burkina Faso

Un opposant inculpé d’exercice illégal de la profession de gardiennage
Louis Nama, militant du parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le développement (UNDD), libéré le 1er mars après 16 jours de détention, a été inculpé «pour exercice illégal de la profession de gardiennage». Arrêté au lendemain d’une violente manifestation de commerçants dans la capitale Ouagadougou, l’opposant avait été déféré à la Maison d’arrêt de correction de Ouagadougou (Maco) avant d’être libéré.
«Je ne suis pas le seul à exercer dans l’illégalité (...) beaucoup de sociétés ont fonctionné avant d’avoir leur agrément», a déploré M. Nama dans un entretien au quotidien privé L’Observateur, réalisé avant son inculpation.
Après son arrestation, M. Nama a indiqué avoir aussi été interrogé par la police sur une «commande d’armes» qu’aurait passée Me Hermann Yaméogo, le président de l’UNDD et sur ses éventuelles «relations» avec le sergent Nahon Babou, un des militaires inculpés dans une tentative de coup d’Etat déjouée début octobre 2003 contre le régime du président Compaoré.
A ces questions, Louis Nama a répondu que son président «n’avait jamais commandé des armes mais qu’il connaît le sergent Nahon qui fait partie du cercle familial de Me Yaméogo».

Par ailleurs, un autre opposant, Norbert Tiendrébéogo, président du Front des forces socialistes (FFS), un des deux civils arrêtés dans le cadre de cette même tentative de putsch présumée, «perdra son emploi en avril prochain s’il n’est pas relaxé d’ici là», a affirmé son parti dans un communiqué.
Le FFS est proche de l’ancien chef de l’Etat, le capitaine Thomas Sankara, père de la révolution Burkinabè tué dans un coup d’Etat en 1987.
Pour ce parti, le dossier contre son président, cadre à la Société générale des Banques du Burkina (SGBB), «est bel et bien mince» et sa «détention illégale» vise à le «liquider financièrement et à éliminer un potentiel adversaire à la présidentielle de 2005».

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